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22 mars 2018.

Défis de l’eau :
“la réponse se trouve dans la nature”

22 mars 2018 : Journée mondiale de l’eau

Chaque année depuis 1993, la date du 22 mars est dédiée, dans le calendrier des Nations Unies, à la célébration de l’eau douce. Une manière comme une autre de rappeler à tout un chacun que "toutes les activités économiques et sociales dépendent d’un approvisionnement en eau douce de bonne qualité" et qu’une gestion durable des ressources en eau appelle une sensibilisation accrue du public.

Cette année, cette Journée a pour thème : "La réponse se trouve dans la nature". [1]. En clair : si l’on veut relever les grands défis que pose aujourd’hui la gestion durable de l’eau – en particulier : garantir sa disponibilité pour tous et l’efficacité de ses usages, préserver sa qualité et lutter contre ses dégradations, se protéger contre les événements extrêmes, sécheresses et inondations, liés aux changements climatiques – il importe de promouvoir des solutions basées sur les avantages qu’offre une bonne gestion des écosystèmes naturels comparée aux infrastructures habituellement prônées par les experts du génie civil.

"Les solutions fondées sur la nature, lit-on dans le dossier préparé par ONU-Eau, l’organisme de coordination des activités onusiennes autour de l’eau, ne sont pas la panacée face à l’énorme pression exercée par la croissance démographique sur les ressources en eau, mais elles peuvent constituer une approche novatrice et économique destinée à compléter des infrastructures hydrauliques vétustes ou inadaptées."

La plupart de ces solutions, y compris en milieu urbain, reposent en grande partie sur des "infrastructures vertes", c’est-à-dire des systèmes naturels ou semi-naturels – végétation, zones humides, plans d’eau, etc. - qui peuvent offrir les mêmes avantages ou presque que les "infrastructures grises" d’ingénierie civile (barrages, digues, drainages artificiels, usines de traitements, etc.). Faire beaucoup plus avec les atouts à disposition dans la nature et mieux les coordonner avec les solutions techniques traditionnellement mises en œuvre par le génie hydraulique, c’est le message que veut faire passer cette Journée mondiale de l’eau 2018.

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Le canton de Berne a profité de la rénovation de la centrale hydroélectrique de Hagneck pour reconstituer,
à l’embouchure de l’Aar dans le Lac de Bienne, un paysage alluvial exceptionnel (photo aqueduc.info).

Les solutions naturelles ne manquent pas

  • Qu’il s’agisse de réguler l’approvisionnement en eau, de garantir sa qualité, et de se protéger contre les risques d’événements extrêmes comme les sécheresses et les inondations, les solutions fondées sur la nature ne manquent pas. Entre autres :
    • le reboisement et l’entretien des forêts
      qui ont une immense capacité de stockage d’eau ;
    • la conservation et/ou la restauration des zones humides
      qui peuvent atténuer les crues et filtrer les substances polluantes ;
    • l’aménagement d’espaces verts
      propices à la recharge des nappes souterraines ;
    • le raccordement des cours d’eau aux plaines inondables ;
    • la création de zones végétales le long des cours d’eau ;
    • le développement d’une agriculture de conservation
      qui protège les sols de l’érosion ;
    • la promotion des toitures végétales
      et des revêtements de sol perméables, etc ;
  • On notera aussi que ces formes de solutions naturelles présentent aussi des avantages en dehors du cadre des services hydrologiques : elles favorisent la préservation et l’amélioration de la biodiversité, créent des espaces de loisirs ou entraînent la création d’emplois.

Des barrages de sable
aux villes-éponges

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The London Wetland Centre
(photo WWT/Ramsar)
Voir l’article aqueduc.info :
Les zones humides urbaines
sont vitales

Quelques exemples concrets permettent de mieux comprendre l’importance et l’utilité de l’une ou l’autre de ces "réponses qui se trouvent dans la nature" :

- Dans les zones arides, au Zimbabwe notamment, construire des murs de sable en travers du lit des rivières saisonnières ou intermittentes permet de constituer des réserves d’eau dont bénéficient à la fois les familles et les agriculteurs qui peuvent ainsi prolonger leur saison de culture et accroître leur capacité de production.

- Au Rajasthan, où la sécheresse et le déboisement ont entraîné un abaissement critique des nappes phréatiques, un millier de villages ont pu reconstituer des ressources d’eau souterraines en construisant de petites structures de récupération d’eau et en régénérant les forêts et les sols. Cinq rivières qui s’asséchaient chaque année après la mousson ont réapparu et la pêche y a repris.

- Sur tous les continents, l’agriculture de conservation est de plus en plus pratiquée. Elle repose sur trois principes : l’abandon du labourage ou un minimum de bouleversement des terres, la couverture permanente d’humus et/ou de plantes, la rotation des cultures. Résultat : avec un sol plus stable, la capacité de drainage s’améliore, le ruissellement est limité et la pollution des sources diminue considérablement.

- En Chine, suite au lancement officiel de l’initiative "Sponge City" (ville-éponge) visant à améliorer la disponibilité en eau dans les agglomérations, 16 villes-pilotes vont promouvoir l’aménagement de toits et de murs végétalisés, la pose de revêtements de sol perméables et l’aménagement de canaux de ruissellement et de filtration, de façon à recueillir un maximum d’eaux de pluie dans des lieux de stockage naturels où elles seront purifiées et pourront ensuite être réutilisées pour l’irrigation.

(Source principale de ces informations : ONU-Eau)




Notes

[1Ce thème est aussi celui de l’édition 2018 du Rapport annuel mondial sur le développement de l’eau publié par l’UNESCO et présenté le 19 mars lors de la première journée du Forum mondial de l’eau de Brasilia. Ce rapport fait également l’objet d’un article aqueduc.info. Lire : L’UNESCO publie son rapport 2018 sur les ressources en eau.

Infos complémentaires

La Journée mondiale de l’eau

C’est en 1993 que l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 22 mars de chaque année "Journée mondiale de l’eau", faisant suite à une recommandation du Sommet de Rio sur l’environnement et le développement. Dans ses considérants, la résolution de l’ONU souligne "qu’on ne mesure souvent pas à quel point la mise en valeur des ressources en eau contribue à la productivité économique et au bien-être social, alors que toutes les activités économiques et sociales dépendent en fait d’un approvisionnement en eau douce de bonne qualité". Chaque année, la Journée mondiale de l’eau, coordonnée par ONU-Eau (un mécanisme interinstitutionnel des Nations Unies), met en évidence un aspect particulier des enjeux de la gestion durable des ressources en eau douce.

- En savoir plus sur le site de l’ONU sur la Journée mondiale de l’eau
et le site spécial thématique worldwaterday.org (en anglais).

- Voir également l’article aqueduc.info consacré à la nouvelle "Décennie internationale d’action sur le thème : "L’eau et le développement durable (2018-2028).


Quelques rappels chiffrés

- 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à des services fiables d’approvisionnement en eau potable. D’ici au milieu du siècle, compte tenu des estimations d’accroissement de la population mondiale, la demande en eau pourrait être jusqu’à 30% plus élevée qu’aujourd’hui.
- 1,8 milliard de personnes dépendent d’une source d’eau potable non améliorée sans protection contre la contamination par des matières fécales.
- Plus de 80% des eaux usées résultant des activités humaines retournent dans l’écosystème sans avoir été traitées ou réutilisées.
- 1,9 milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des régions où l’eau pourrait devenir très rare. Vers 2050, ce chiffre pourrait avoisiner les 3 milliards.
- 1,2 milliard de personnes sont exposées de par le monde à des risques d’inondation : ce chiffre pourrait monter à 1,6 milliard en 2050 (près de 20% de la population mondiale). (Données UNESCO)

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.


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