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10 août 2016.

Ce Léman dont on ne cesse de parler

Petite chronique de l’été 2016

Il capte tant les regards qu’il se trouve toujours quelqu’un, quelque part, pour parler de lui, lever l’un ou l’autre secret sur son passé, s’inquiéter de sa santé, ou évoquer l’un ou l’autre témoignage de ceux qui l’ont jadis côtoyé. Cet été encore, le Léman est resté fidèle à sa renommée et a suscité quelques textes des plus instructifs. Brefs coups d’œil.

Vous avez dit "Léman" ? Dans une série estivale dédiée aux secrets du Léman et réalisée avec la collaboration des scientifiques du Musée du Léman, à Nyon, la Tribune de Genève et 24 Heures rappellent que "le lac est passé par tous les noms", que Calvin, Napoléon et Dufour se sont mêlés à la bataille étymologique qui a longtemps opposé Vaudois et Genevois, que le Genfersee (Lac de Genève) est ancré dans le vocabulaire alémanique depuis le XVe siècle, et que l’affaire serait loin d’être réglée car "ceux qui croient que l’appellation Léman a définitivement gagné seraient d’ailleurs bien inspirés de voir que la conquête des marchés touristiques et économiques internationaux passe encore et toujours par une identité absurde, celle de Lake Geneva".

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Lac Léman. Une vue entre Glion et Caux, Vaud
(Schnäggli – Creative Commons)

Beaucoup de chamailleries, et de moqueries réciproques, pour ce qui ne serait somme toute qu’un pléonasme puisque le vocable "Léman" dérive d’un mot grec, "limné" qui renvoie à un plan d’eau stagnante, transformé plus tard en lemané et lemanos puis en léman. Ce qui fait dire à l’historien Bruno Berthier, qui signait au printemps un article du numéro de la revue française L’Alpe tout entier consacré au Léman, que c’est à cette étymologie que "la postérité doit la formule parfaitement redondante d’un Lémané Limné ou Lemanos Limné. Soit celle d’un ’lac Léman’ au sens désopilant d’un ’lac Lac’, désigné de la sorte avec près d’un millénaire d’avance, à la mode absurde en vogue chez les auteurs surréalistes du XXe siècle". C’est une explication parmi d’autres, d’ailleurs loin de faire l’unanimité. Cela dit, des bisbilles autour du Léman, il y en a eu d’autres que linguistiques, et bien plus graves.

De l’histoire judiciaire …

Lionel Gauthier, Conservateur du Musée du Léman, raconte dans les deux mêmes quotidiens les remous qui ont longtemps perturbé les relations entre les cantons de Vaud et de Genève. Celui-ci, pour s’alimenter en eau potable et en énergie et pour gérer la navigation de sa rade, avait dès le 18e siècle aménagé des infrastructures qui limitaient l’écoulement naturel des eaux et provoquaient des hausses périodiques du niveau du lac, au grand dam de nombreux riverains régulièrement victimes d’inondations.

Les choses s’envenimèrent tellement que le gouvernement vaudois, en 1878, décida de saisir les juges du Tribunal fédéral. Des enquêtes seront alors menées sur le terrain et, voyant qu’ils n’auraient sans doute pas gain de cause, les Genevois demanderont la médiation du gouvernement suisse. Ce dernier convoque en 1884 une conférence intercantonale à laquelle participe le Valais, également concerné par le litige.

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Depuis 1995, le niveau du Léman
est régulé à Genève
au barrage du Seujet
(aqueduc.info)

Une convention est adoptée qui fixe le niveau du lac et, précise Lionel Gauthier, satisfait tout le monde : "les Vaudois et les Valaisans n’ont plus à craindre les crues, les Genevois obtiennent d’importantes subventions pour réaliser les travaux nécessaires". Exactement un siècle plus tard, cet accord sera réactualisé par le biais d’un "Acte intercantonal concernant la correction et la régularisation de l’écoulement des eaux".

Le Conservateur du Musée du Léman note aussi que dans ces accords la France n’a pas voix au chapitre, pas plus qu’elle ne l’avait lors de ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler "le procès du Léman". Et de citer le célèbre savant vaudois, François-Alphonse Forel, qui y participait à titre d’expert, répliquant à un émissaire français : "plutôt perdre vingt fois notre procès que de vous laisser vous y immiscer" !

… à l’épopée scientifique

La mention de F.-A. Forel, considéré à juste titre comme le père de la limnologie (la science des lacs), nous amène sur un autre registre, d’une actualité beaucoup plus fraîche : en 2011, des chercheurs suisses et internationaux s’étaient mis en quête d’élucider quelques-uns des mystères des profondeurs du Léman à bord de deux sous-marins russes. Un ouvrage, publié sous la direction de Ulrich Lemmin, vient de paraître, retraçant les grands moments et tirant les principaux enseignements de cette immersion dans les "abysses" lémaniques. Le journal "La Côte", édité à Nyon, s’en est fait largement l’écho dans une série d’articles dédiée à cette "épopée scientifique".

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En savoir plus
sur cet ouvrage

Patrick Aebischer, président de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) qui a coordonné le projet elemo (exploration des eaux lémaniques), note dans sa préface de l’ouvrage que ce programme de recherche, grâce aux submersibles russes, avait pour but "de mieux comprendre la dynamique des courants lacustres, le cycle de vie des polluants, la microfaune des fonds sédimentaires et, plus généralement, l’état de santé du plus grand lac alpin". Frederik Paulsen, protagoniste financier et logistique du projet, observe de son côté que "pour l’instant, le constat n’apparaît pas alarmant, mais il faut rester vigilant et traiter certains symptômes inquiétants".

"Les sédiments du lac livrent un témoignage partiel mais impartial de l’histoire du Léman", lit-on dans le journal La Côte. "Ils racontent ses traumatismes géologiques anciens, l’évolution de l’environnement et les récentes agressions humaines." Des échantillonnages d’eau et de sédiments prélevés dans la baie de Vidy et analysés par les chercheurs du projet elemo, aux abords de Lausanne, ont en tout cas confirmé qu’une proportion importante de micropolluants qu’ils contenaient (métaux traces, antibiotiques, etc.) provenaient de la station d’épuration de la capitale vaudoise et représentaient un probable risque écotoxicologique qui doit faire l’objet d’une surveillance. D’où l’importance aussi de savoir comment les masses d’eau, les sédiments apportés notamment par le Rhône et les polluants résultant d’activités humaines se déplacent dans le lac. Science ô combien difficile, tributaire de processus naturels et d’interactions en tous genres souvent imprévisibles.

"Quand le fond du Léman explique un tsunami" ...

Dans sa série d’été sur "Les énigmes historiques suisses", le journal Le Temps s’arrête entre autres sur la catastrophe naturelle qui jadis dévasta les rives du Léman : "En l’an 563, une montagne tombe en Valais, détruisant un bourg nommé Tauredunum et plusieurs villages alentour. Il s’ensuit un tsunami qui ravage les rives du Léman, tuant sur son chemin hommes et troupeaux, renversant maisons et églises. Implacable la vague dévastatrice termine sa course dans Genève où elle emporte beaucoup de monde, ainsi que les moulins sur le Rhône."

On connaissait les témoignages, indirects, de deux chroniqueurs de l’époque, Marius d’Avenches et Grégoire de Tours. On en sait beaucoup plus aujourd’hui grâce aux récentes recherches menées par une équipe de l’Université de Genève sur une importante couche de sédiments située au fond du lac et attestant d’un gigantesque et brutal événement sous-lacustre survenu entre 361 et 612 après J.-C. Suite à l’éboulement d’une partie du massif du Grammont, dans le Chablais valaisan, quelque 250 millions de mètres cubes de sédiments déposés par le Rhône à son embouchure ont alors glissé du haut lac vers son milieu et provoqué un véritable tsunami et une vague haute de 13 mètres sur les rives lausannoises et de 8 mètres à Genève.

... Et quand le phosphore fait à nouveau débat

Une chose est de s’intéresser à l’histoire d’un lac, une autre est de connaître son état actuel et d’anticiper l’avenir compte tenu de l’évolution démographique et du changement climatique. C’est la mission que la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) s’efforce de remplir, non sans succès, depuis plus d’un demi-siècle. Sa "Lettre" du mois de juin 2016 apporte d’intéressantes informations quant à l’objectif de réduction du phosphore qu’elle a inscrit dans ses objectifs de la présente décennie.

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Un demi-siècle d’évolution de la concentration moyenne de phosphore en microgrammes par litre
(source : CIPEL)

Il y a 50 ans, les teneurs très élevées de phosphore dans les eaux du lac – à cause notamment des rejets d’eaux usées mal assainies et de l’abus de produits phosphatés pour usages domestiques et agricoles – avaient entraîné une forte croissance d’algues et une asphyxie des fonds lacustres, avec pour conséquences directes de grosses nuisances notamment pour la pêche et la production d’eau potable.

Aujourd’hui le Léman a meilleure mine même s’il reste sous haute surveillance : "tout le monde s’accorde sur la nécessité d’avoir une eau de bonne qualité, mais certains avis divergent sur ce que cela signifie en termes de quantités de phosphore et autres nutriments". D’une part, afin de préserver le bon état et le bon fonctionnement de l’écosystème lacustre, la CIPEL estime que les teneurs en phosphore doivent encore être diminuées pour passer des 19 microgrammes par litre mesurés actuellement à des valeurs comprises entre 10 et 15 μg/L. D’autre part, les pêcheurs professionnels s’inquiètent de plus en plus ouvertement du fait que les performances de plus en plus hautes des stations d’épuration privent les poissons de nutriments dont ils ont besoin, d’où un moindre rendement de la pêche. Le débat ne fait que commencer, il y va du développement durable des ressources lacustres.

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Le Lac Léman et Les Dents-du-Midi
Félix Vallotton, 1919
(cdpaintings.com)

"Nous autres,
nous avons le lac"

Le Léman déborde de multiples légendes, lit-on encore dans la Tribune de Genève et 24 Heures. "Pour se nourrir, l’imaginaire collectif s’est emparé des rives et des profondeurs avec une riche fantaisie (...) L’histoire la plus connue et la plus amusante veut que ce soit le géant Gargantua, qui, souhaitant se baigner et trouvant le Rhône trop petit, creusa la cuvette qui devint le Léman. Avec les déblais, il édifia le Salève (ça lève) et joua à faire des ricochets. Deux cailloux trop ronds tombèrent dans la rade de Genève, ce sont les pierres du Niton" [les deux blocs erratiques abandonnés par le glacier du Rhône lors de son retrait à la fin du dernier grand épisode glaciaire, il y a quelque 20’000 ans].

Du côté de l’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL) et loin de l’imaginaire mythologique - l’édition estivale de son bulletin "Lémaniques" coïncidant avec son numéro 100 - ses rédacteurs ont quant à eux choisi de laisser "à ceux qui ont le génie de transcender l’inestimable trésor que représente le Léman le soin de nous transmettre ce qu’il inspire à leur sensibilité à fleur de peau". Et de faire place, sur quelques pages, à une petite anthologie de citations d’écrivains et de poètes, de Jean-Jacques Rousseau à Victor Hugo, sans oublier les Ramuz, Byron, Hemingway et autres Nabokov. Le tout agrémenté de quelques reproductions d’œuvres signées Hodler, Vallotton, Turner ou Courbet, exprimant leur vision toute personnelle de ce "puits de lumière enchâssé entre montagnes et vignobles".

La conclusion, on la confiera donc à l’un de ces poètes, à savoir Charles-Ferdinand Ramuz, extraite de son Journal de mars 1902 :

"Nous autres, nous avons le lac. Il est vaste, il a l’air d’une perle au fond de sa coquille. Les montagnes et les collines qui le bordent s’élèvent de toute part, avec fougue ou avec mollesse et, sans jamais l’enserrer étroitement, le retiennent néanmoins prisonnier."

Bernard Weissbrodt


Références

- Tribune de Genève et 24 Heures : "Les secrets du Léman", série estivale de 9 articles parus dans leurs éditions du week-end des mois de juillet et août 2016.
- Le Temps : "Quand le fond du Léman explique un tsunami", article de la série "Énigmes historiques suisses", paru le 3 août 2016. (Sur le même sujet : "On en sait un peu plus sur le tsunami du Léman en 563", article aqueduc.info, 28 octobre 2012) Lire >
- La Côte : "Odyssée sous-marine en eau douce", Série Léman publiée entre les 18 et 22 juillet 2016.
- "Dans les abysses du Léman", sous la direction d’Ulrich Lemmin, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2016, 238 pages. En savoir plus >. Lire aussi : Vous avez plongé tout l’été ? Eh bien, étudiez maintenant !,édito aqueduc.info, août 2011
- "La Lettre du Léman", Bulletin de la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL), N° 52, Juin 2016, Dossier "Santé du Léman et phosphore"
- "Lémaniques", Bulletin de l’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL), numéro spécial N° 100, Juin 2016.
- Lac Léman - Petite mer des Alpes, Revue L’Alpe, N°72, Printemps 2016, Grenoble. En savoir plus >




Infos complémentaires

De quelques faits et gestes
(en vrac) de l’actualité lémanique
de l’été 2016


Le bateau Belle Epoque "Italie" remis à flot

Mis en service en 1908 et considéré comme un "bateau mythique" par les riverains du lac, le bateau "Italie" de la CGN (Compagnie générale de navigation) n’avait plus navigué depuis onze ans. En restauration depuis l’an dernier, il a été remis sur les flots pour des essais le 21 juillet. Il devrait reprendre du service en novembre.

Un jour, des bulles volantes sur le Léman ?

Le Français Alain Thébault a imaginé pour les villes disposant de plans d’eau un nouveau type de transport écologique, à savoir : des petits bateaux électriques en forme de bulle et munis d’ailerons qui lui permettent de surfer au-dessus de l’eau lorsqu’ils prennent de la vitesse. Ce projet avant-gardiste tentera-t-il l’un ou l’autre promoteur sur les rives du Léman ?
(Le Temps)

HYDROcontest a fait escale à Lausanne

HYDROcontest se présente comme le premier concours étudiant international où les concurrents doivent imaginer, concevoir et piloter un bateau innovant, à la fois rapide et énergétiquement efficient. Sa 3ème édition s’est déroulée en juillet à Lausanne avec 250 étudiants venus de 12 pays. Le palmarès final a vu la victoire des deux hautes écoles, française et suisse.

Le lac, scène d’engagements humanitaires

* Un nageur espagnol, Jaime Caballero, a traversé le Léman d’est en ouest, de Villeneuve à Genève, soit 84 km en 22h39, pour attirer l’attention du public sur les problèmes du diabète et sur l’importance d’allier activité sportive et diabète.
* Quatre autres nageurs ont quant à eux relié le château de Chillon aux bains des Pâquis (quelque 75 km) pour promouvoir l’association CSC, "connaître les syndromes cérébelleux".
* Une jeune navigatrice, Marie-Laure Pralong, a pour sa part effectué le tour du lac à la voile en solitaire en faveur de la Fondation Force et de la recherche sur le cancer des enfants.

La triste saga de Nelson, le cygne noir

Il aura été le "héros involontaire d’une saga épique" de l’été. Capturé par les autorités vaudoises, ce cygne australien, avait été "libéré" par une ministre cantonale et aussitôt baptisé "Nelson" en référence à Mandela, combattant de la liberté. Le geste, apprécié du public, avait été critiqué par des spécialistes de la faune. Mais trois semaines plus tard, l’animal était retrouvé mort sur les rives du lac à Montreux, peut-être tué par un chien. (Le Temps)

Rien ne va plus entre les pêcheurs et les cormorans

Sur le Léman comme sur d’autres lacs de Suisse, les pêcheurs se disent excédés par ces grands oiseaux noirs de plus en plus nombreux qui non seulement ravagent la faune piscicole mais endommagent aussi les filets. Les professionnels de la pêche, qui estiment que ces gloutons gâchent leur métier, exigent que des mesures soient prises et que leur nombre soit limité. (Le Matin Dimanche)

Les grandes truites bientôt de retour sur les étals ?

Les pêcheurs du Léman ont toutefois de quoi se réjouir. Il est probable que la préfecture de Haute-Savoie, dix mois après avoir interdit la commercialisation des truites du lac de plus de 54 centimètres à cause d’une trop grande concentration de micropolluants PCB, l’autorise à nouveau dès septembre. Côté suisse, les cantons de Genève, Vaud et Valais qui avaient alors prononcé la même interdiction, n’ont pas encore fait savoir s’ils allaient eux aussi la lever. "Trop de prudence tue la prudence", commente
(La Tribune de Genève).

Plus de huit tonnes de déchets retirés du lac et de ses rives

Lors du week-end des 21 et 22 mai, 780 bénévoles et 240 plongeurs expérimentés ont récolté 8790 kg de déchets dans le cadre de la 8e édition de Net’Léman, une initiative citoyenne née en 2005. Douze sites suisses et français étaient concernés par cette vaste opération de nettoyage. Comparé à la précédente édition de ce grand nettoyage, le poids des déchets retirés du lac et des rives a quelque peu baissé, mais leur volume est resté stable.

Vous prenez les lémans ?

Le "léman", c’est aussi le nom d’une monnaie alternative et citoyenne (1 léman = 1 euro) lancée en 2015 pour encourager la consommation de produits locaux et soutenir l’économie de proximité dans la région lémanique transfrontalière. D’abord utilisées à Genève et en France voisine, ces coupures ont fait leur apparition le 10 juin à Lausanne lors du Festival de la Terre et sont restées en circulation dans la ville vaudoise où l’on trouve même un bureau de change.

Revue de presse aqueduc.info

Mots-clés

Glossaire

  • Éclusée

    Littéralement, c’est le volume d’eau qui s’écoule d’une écluse entre le moment où on l’ouvre et celui où on la referme. Appliqué à un barrage, le mot désigne l’opération qui consiste à relâcher une grande quantité d’eau dans une rivière en particulier lors des turbinages hydroélectriques. Ces opérations fréquentes se traduisent en aval par de soudaines et dangereuses crues artificielles et perturbent gravement les écosystèmes des cours d’eau d’aval. D’où l’importance des réglementations qui visent à en maîtriser les impacts.

Mot d’eau

  • Trop soif

    "Je suis un peu dans la situation d’un homme qui tire de l’eau goutte à goutte parce qu’il a trop soif pour attendre que le puits se remplisse" (F. Scott Fitzgerald, Lettre à H. Ober, 1936)


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