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14 septembre 2003.

Le Bisse d’Ayent (Valais)

Au milieu du XVe siècle, le Valais s’est doté - sous le nom de (...)

Au milieu du XVe siècle, le Valais s’est doté - sous le nom de "bisses" - d’un extraordinaire réseau d’irrigation de montagne. Balade à la découverte du Bisse d’Ayent, à 1300-1400 m. d’altitude.

Photos © aqueduc.info




Infos complémentaires

Un terrain d’étude privilégié

Pour qui s’intéresse à l’évolution temporelle sur une longue durée des réseaux d’irrigation et de leurs institutions de gestion, le Bisse d’Ayent offre un terrain d’étude privilégié à plus d’un titre. Voici ce qu’en dit notamment Emmanuel Reynard, professeur de géographie à l’Université de Lausanne, dans les conclusions d’un travail de recherche qu’il lui a consacré : [1]

- Il s’agit tout d’abord d’un canal ancien, vieux de plus de 550 ans, ayant ainsi traversé plusieurs périodes climatiques et historiques. Il permet donc de reconstituer les grands moments de l’irrigation valaisanne.

- Les institutions de gestion, relativement complexes, faisant intervenir autant un acteur communautaire, le consortage, qu’un acteur public, la commune de Grimisuat, sont le reflet de la pression qui existait à certains moments sur l’eau d’irrigation et donc de la nécessité de créer des institutions adéquates pour gérer cette eau.

- En revanche, en raison de la régression de l’élevage bovin et de la diminution de l’arrosage viticole, les besoins en eau d’irrigation ont fortement diminué au cours du XXe siècle. Il s’ensuit un relâchement des mécanismes de régulation interne du consortage et un accès plus ou moins libre à l’eau.

- Contrairement à d’autres bisses du Valais, le consortage garde toutefois un dynamisme certain. Il faut y voir au moins trois raisons : les apports financiers de Lienne SA (red. : la société qui exploite les aménagements hydroélectriques du bassin versant), qui garantissent la viabilité économique du consortage, le dynamisme du président du consortage et la bonne entente entre les différents acteurs, publics, privés et communautaires.

- Le bisse d’Ayent est finalement un cas exemplaire de gestion intégrée et multifonctionnelle de l’eau en montagne. Au cours du XXe siècle sont venus s’ajouter aux usages agricoles et ménagers de l’eau des besoins énergétiques et paysagers, et le consortage a su à chaque fois intégrer la nouvelle donne, d’une part pour assurer son assise financière, d’autre part pour assurer la pérennité de l’ouvrage dans un contexte où l’irrigation est en régression.


- Lire : Les bisses, hauts-lieux du patrimoine valaisan
- Voir aussi le site du Musée des bisses
(projet 2009, association en cours de création)

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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