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Le Bisse d’Ayent (Valais)

Au milieu du XVe siècle, le Valais s’est doté - sous le nom de "bisses" - d’un extraordinaire réseau d’irrigation de montagne. Balade à la découverte du Bisse d’Ayent, à 1300-1400 m. d’altitude.
14 septembre 2003

Photos © aqueduc.info
Cliquer sur les photos pour les agrandir


- Lire : Les bisses, hauts-lieux du patrimoine valaisan
- Voir aussi le site du Musée des bisses
(projet 2009, association en cours de création)

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Un terrain d’étude
privilégié

Pour qui s’intéresse à l’évolution temporelle sur une longue durée des réseaux d’irrigation et de leurs institutions de gestion, le Bisse d’Ayent offre un terrain d’étude privilégié à plus d’un titre :

- Il s’agit tout d’abord d’un canal ancien, vieux de plus de 550 ans, ayant ainsi traversé plusieurs périodes climatiques et historiques. Il permet donc de reconstituer les grands moments de l’irrigation valaisanne.

- Les institutions de gestion, relativement complexes, faisant intervenir autant un acteur communautaire, le consortage, qu’un acteur public, la commune de Grimisuat, sont le reflet de la pression qui existait à certains moments sur l’eau d’irrigation et donc de la nécessité de créer des institutions adéquates pour gérer cette eau.

- En revanche, en raison de la régression de l’élevage bovin et de la diminution de l’arrosage viticole, les besoins en eau d’irrigation ont fortement diminué au cours du XXe siècle. Il s’ensuit un relâchement des mécanismes de régulation interne du consortage et un accès plus ou moins libre à l’eau.

- Contrairement à d’autres bisses du Valais, le consortage garde toutefois un dynamisme certain. Il faut y voir au moins trois raisons : les apports financiers de Lienne SA (red. : la société qui exploite les aménagements hydroélectriques du bassin versant), qui garantissent la viabilité économique du consortage, le dynamisme du président du consortage et la bonne entente entre les différents acteurs, publics, privés et communautaires.

- Le bisse d’Ayent est finalement un cas exemplaire de gestion intégrée et multifonctionnelle de l’eau en montagne. Au cours du XXe siècle sont venus s’ajouter aux usages agricoles et ménagers de l’eau des besoins énergétiques et paysagers, et le consortage a su à chaque fois intégrer la nouvelle donne, d’une part pour assurer son assise financière, d’autre part pour assurer la pérennité de l’ouvrage dans un contexte où l’irrigation est en régression.

REYNARD Emmanuel
Institut de Géographie
Université de Lausanne

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