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16 août 2006.

La crise de l’eau touche aussi les pays riches

On a longtemps considéré que les crises de l’eau étaient d’abord un (...)

On a longtemps considéré que les crises de l’eau étaient d’abord un problème touchant les pays les plus pauvres, mais, aujourd’hui, elles affectent de plus en plus certaines des nations les plus prospères. Le constat émane du Fonds mondial pour la nature (WWF) qui publie un rapport (« Rich countries, poor water ») donnant une vue globale des enjeux de l’eau dans les pays développés.

Ce rapport montre que l’interaction entre les changements climatiques, les épisodes de sécheresse et la disparition des zones humides engendre une crise mondiale, qui s’aggrave encore de par l’inadéquation des aménagements et la mauvaise gestion de l’eau. Le rapport se base sur des exemples glânés en Australie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Japon.

Pour Jamie Pittock, directeur du programme global d’eau douce du WWF, « l’eau doit être employée plus efficacement dans le monde entier, la pénurie et la pollution deviennent des choses davantage communes et la responsabilité de trouver des solutions repose à la fois sur les nations riches et sur les nations pauvres. »

En Europe, les pays de la façade atlantique souffrent de sécheresses récurrentes, alors que dans le bassin méditerranéen le tourisme de masse,qui entraîne une consommation intensive de l’eau, et l’irrigation de certaines cultures gourmandes en eau mettent en danger les ressources aquatiques disponibles. En Australie, le continent le plus sec du monde, la salinité menace grandement une grande partie des principales zones agricoles.

Au Japon, et en dépit de précipitations élevées, la contamination des approvisionnements en eau est un problème extrêmement sérieux dans bien des secteurs. Aux Etats-Unis, de larges pans de l’économie emploient déjà nettement plus d’eau que ce que permet la reconstitution naturelle des réserves. Une situation qui se voit encore aggravée par le réchauffement climatique et ses conséquences comme l’augmentation des pluies, l’accroissement de l’évaporation et la fonte des glaces.

« Ne pas répéter les erreurs du passé »

Les pays émergents, poursuit Jamie Pittock, « ont encore la possibilité de ne pas répéter les erreurs du passé et de s’épargner les coûts élevés qu’entraînent la restauration des écosystèmes d’eau douce détériorés. Malheureusement, la majorité de ces pays a déjà été séduite par de grands projets d’infrastructures, sans qu’il n’y ait eu de réelle évaluation des besoins en eau ni de leurs coûts pour les populations et pour la nature ».

Au Brésil et en Chine, plusieurs projets de barrages suscitent l’inquiétude quant aux conséquences sur l’environnement et les populations. En Inde, l’agriculture est menacée par une surexploitation généralisée des ressources en eau.

Pour les responsables du WWF, l es problèmes liés à l’eau, qui touchent aujourd’hui tant les pays riches que les nations pauvres, sont des signaux d’alarme qui doivent nous rappeler notre devoir de protéger la nature, source de toute l’eau dont nous avons besoin.

Le bien-être matériel et la multiplication des infrastructures ne protègent pas des pénuries ou des pollutions, pas plus qu’ils ne constituent des substituts efficaces à la protection des cours d’eau et des zones humides, ni à la restauration des sites inondables.

Il appartient aux gouvernements de trouver des solutions adaptées, pour les riches comme pour les pauvres, notamment en réhabilitant les infrastructures vétustes, en réduisant la pollution des eaux et en modifiant les pratiques agricoles d’irrigation.

(Source : communiqué WWF et agences)




Infos complémentaires

:: La Suisse pas épargnée

« La Suisse a longtemps été considérée comme le château d’eau de l’Europe, mais cette situation pourrait changer à cause du réchauffement climatique », souligne Walter Vetterli, responsable Alpes du WWF Suisse.

D’après lui, aujourd’hui déjà, des conflits apparaissent en raison du mode de gestion de l’eau : « les stations en ont besoin pour leurs canons à neige, les agriculteurs de montagne pour irriguer leurs prés, l’industrie hydroélectrique pour produire du courant et les zones humides pour leur bon fonctionnement. Si l’eau n’était plus aussi aisément disponible dans quelques années, cela pourrait engendrer une vraie concurrence. »

:: Liens utiles

WWW’s Report "Rich countries, Poor water" (à télécharger sur le site du WWF)

WWF’s Global Freshwater Programme

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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