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14 juin 2011.

L’Inde et la Banque mondiale mettent le paquet pour nettoyer le Gange

Le gouvernement indien et la Banque mondiale ont signé un accord (...)

Le gouvernement indien et la Banque mondiale ont signé un accord pour la réalisation d’un projet de nettoyage du Gange portant sur un prêt et un crédit de l’ordre d’un milliard de dollars. L’objectif est ambitieux : faire en sorte qu’en 2020 aucune des eaux usées des municipalités et des industries riveraines ne soit déversée dans le fleuve sans avoir été préalablement traitée.

On estime aujourd’hui qu’environ 400 millions de personnes, soit un tiers des habitants de l’Inde, vivent à proximité du Gange, long de quelque 2’700 kilomètres et dont le bassin versant approche le million de kilomètres carrés. Ce fleuve occupe une place toute particulière dans la vie du pays, d’abord sur le plan économique en raison de ses installations hydrauliques alimentant un vaste réseau d’irrigation, mais aussi sur le plan culturel puisque les Hindous le considèrent comme un cours d’eau sacré, un moyen de purification rituelle pour quiconque s’y baigne et le lieu qui recueille les cendres des morts.

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Fleuve sacré, le Gange est aussi l’un des fleuves les plus pollués du monde
(© Galyna Andrushko - Fotolia.com)

Mais le Gange est aussi l’un des fleuves les plus pollués du monde de par le déversement de quantités inimaginables d’eaux usées non traitées d’origine urbaine, industrielle et agricole, sans parler des déchets en tous genres qu’on y jette comme dans un immense égout. La dernière grande tentative de lutte contre cette pollution remonte au milieu des années 1980, lorsque le fleuve fut proclamé héritage national et que l’Inde décida de créer une Autorité centrale du Gange. Mais cette initiative n’a pas obtenu les résultats escomptés. Un tiers seulement des eaux usées des villes riveraines transite actuellement par des stations d’épuration.

Le nouveau projet - National Ganga River Basin Project - dont la supervision a été confiée à une nouvelle autorité de bassin se veut ambitieux et prévoit entre autres le développement des infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées, l’amélioration de la gestion des bassins hydrographiques, le financement des investissements prioritaires pour la réduction des sources de pollution et des mécanismes institutionnels pour la gestion de ces investissements à long terme, la constitution d’un centre du savoir rassemblant les diverses données sur le fleuve et le renforcement des réglementations légales pour une meilleure protection des eaux du fleuve.

Pour tenir compte des leçons des projets précédents, plusieurs mesures concrètes ont été proposées, entre autres celle qui consiste à construire des usines de traitement des eaux usées selon un modèle standard, ce qui devrait permettre de garantir de manière durable une exploitation et un entretien adéquats des installations. Leur contrôle sera assuré par des organismes d’inspection indépendants.

Le projet sera financé par l’Inde à hauteur d’un milliard et demi de dollars à charge principalement du gouvernement central, mais aussi des cinq États concernés (Uttarakhand, Uttar Pradesh, Bihar, Jharkhand et Bengale occidental). Il sera donc aussi soutenu par la Banque mondiale qui fournira une assistance financière et technique pour un montant d’un milliard de dollars. (Source : Press Information Bureau, Government of India)

© Galyna Andrushko - Fotolia.com




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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