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15 février 2013.

Au Proche-Orient, la baisse des réserves d’eau douce s’accélère

Grâce à des mesures faites via satellite par l’Agence spatiale (...)

Grâce à des mesures faites via satellite par l’Agence spatiale américaine (NASA), des scientifiques américains ont établi qu’entre 2003 et 2010 la région du bassin versant du Tigre et de l’Euphrate – partagée par la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran - a perdu 144 kilomètres cubes d’eau douce, soit l’équivalent du volume de la Mer Morte. Les chercheurs attribuent au pompage des eaux souterraines une part importante (60 %) de cette perte de ressources hydriques. Mais la sécheresse de 2007 et l’assèchement des terres qui en a résulté, de même que l’évaporation des eaux de surface, ont également contribué à cette baisse des réserves jugée alarmante.

Annoncés par la NASA et publiés dans la revue scientifique américaine "Water Resources Research", les résultats de cette recherche constituent l’une des premières évaluations exhaustives hydrologiques du bassin versant du Tigre et de l’Euphrate. Étant donné qu’il est difficile de recueillir des données directement sur le terrain, c’est grâce au système satellitaire GRACE (Gravity Recovery And Climate Experiment) (*) que ce travail a pu être mené à terme.

Selon Jay Famiglietti, professeur d’hydrologie à l’Université de Californie à Irvine et principal auteur de cette étude, "les données recueillies grâce au système GRACE montrent une baisse alarmante des réserves totales d’eau dans les bassins du Tigre et de l’Euphrate : c’est, après l’Inde, la déperdition d’eau douce souterraine la plus rapide de la planète".

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Variations de stockage d’eau dans le bassin du Tigre et de l’Euphrate, du plus sec (rouge) au plus humide (bleu).
(Image NASA/UC Irvine/NCAR)

Le chercheur américain souligne au passage que la sécheresse de 2007 a été de ce point de vue particulièrement néfaste et que pendant ce temps la demande d’eau douce ne cesse de croître.

À quoi s’ajoutent d’une part la forte probabilité que les changements climatiques auront pour conséquence dans les années à venir une diminution des précipitations, et d’autre part le manque de coordination entre les États directement concernés : la Turquie détient l’essentiel des clefs du problème, puisqu’en multipliant les barrages sur le Tigre et l’Euphrate, elle fait peser de lourdes menaces sur l’approvisionnement en eau des pays d’aval que sont la Syrie et l’Irak. (Source : NASA / University of California, Irvine)


(*) En mars 2002, la NASA et l’Agence spatiale allemande (DLR) ont initié une mission spatiale conjointe, baptisée GRACE et mis sur une même orbite un couple de petits satellites, Tom et Jerry, extrêmement sensibles aux variations de gravité terrestre et travaillant de manière complémentaire. Ce système repose sur la mesure des modifications de distance entre les deux satellites et la combinaison de ces données avec leur position par rapport à la surface de la Terre.

- Sur le même thème, voir "Les nappes phréatiques de la planète globalement à la baisse", (aqueduc.info, décembre 2011)




Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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