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25 novembre 2010.

Un nouvel atlas démontre la vulnérabilité des ressources en eau en Afrique

Les grands défis des ressources en eau en Afrique apparaissent (...)

Les grands défis des ressources en eau en Afrique apparaissent clairement dans les 326 pages du nouvel "Atlas de l’eau en Afrique" édité par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et présenté à Addis Abeba à l’occasion de la troisième "Semaine de l’eau en Afrique". On y trouve une foule d’informations sur le rôle de l’eau dans les économies africaines, le développement, la santé, la sécurité alimentaire, la coopération transfrontalière, le renforcement des compétences et les changements environnementaux.

Plus de 200 cartes, une centaine d’images par satellite, quelque 500 graphiques, des centaines de photos, et surtout des comparaisons mettant face à face des relevés opérés à plusieurs années voire décennies de distance : cela permet de se faire une meilleure idée des transformations des écosystèmes locaux dans plusieurs bassins hydrographiques, suite aux modifications des pratiques agricoles, pour le meilleur et pour le pire : ici des retenues d’eaux de pluie et des projets d’irrigation améliorant la sécurité alimentaire, là des terres gravement érodées et des eaux polluées de manière quasiment irréversible.

Cet atlas, estime Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, "peut servir de catalyseur à la fois pour une plus grande sensibilisation aux défis et pour le choix d’actions décisives, concrètes et durables".

On se souvient des vues spectaculaires de l’assèchement du lac Tchad, du déclin du lac Faguibine dans le bassin du fleuve Niger ou de la baisse des niveaux d’eau du lac Victoria. Le nouvel Atlas de l’eau en Afrique illustre, par des images satellite, d’autres défis environnementaux moins connus, comme l’érosion du Delta du Nil et l’évaporation des lacs Toshka en Égypte, la pollution du lac Victoria à Entebbe par le déversement de déchets en tous genres ou celle du fleuve Niger par les eaux résiduelles de la production d’hydrocarbures.

L’Atlas attire également l’attention sur les "châteaux d’eau" africains et sur les nombreux cours d’eau transfrontaliers qui contribuent fortement au développement du continent, qu’il s’agisse de la production d’hydroélectricité, de l’agriculture à grande et moyenne échelle, d’approvisionnement en eau des collectivités, du tourisme et des écosystèmes. Il apparaît que la plupart de ces châteaux d’eau, du Moyen Atlas marocain aux hauts-plateaux du Lesotho, subissent une pression extrême du fait de la déforestation et de l’occupation des terres.

Entre autres exemples positifs de protection et de gestion efficace de l’eau, l’Atlas met en évidence la construction de barrages sur la rivière Logone dans le bassin du lac Tchad qui ont restauré les écosystèmes aquatiques, les programmes d’irrigation massive au Soudan et le long du fleuve Sénégal, ou encore le projet libyen de Grande Rivière amenant l’eau souterraine du Sahara aux populations du nord du pays. (Source : PNUE)


- En savoir plus sur l’Atlas de l’eau en Afrique
(Africa Water Atlas)

- Le site du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)




Infos complémentaires

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:: Seuls 8 pays africains sur 53 atteindront les objectifs de l’ONU
pour l’accès à l’eau

Algérie, Maroc, Tunisie, Égypte et Libye dans le nord de l’Afrique, Angola, Botswana et Afrique du Sud dans sa partie australe : ce sont les seuls pays qui, selon le PNUE, réussiront à remplir en Afrique les objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les Nations Unies en matière d’accès à l’eau.

Selon le PNUE, qui appuie son constat sur les données du nouvel Atlas, seuls 242 millions d’Africains sur plus d’un milliard avaient accès en 2006 à un système d’épuration des eaux. Les objectifs du Millénaire fixés il y a dix ans - diminution de moitié de la population privée d’une telle possibilité - impliqueraient que 370 millions de personnes supplémentaires en bénéficient dans les cinq années à venir. Ce qui hélas apparaît désormais peu vraisemblable.

Le constat se révèle un peu moins pessimiste quant à l’accès à l’eau potable. Mais, pour l’instant, la moitié seulement des 53 pays du continent semblent en mesure d’atteindre l’objectif onusien. En 2006, 341 millions d’Africains étaient privés de ce droit humain fondamental. Même si le pourcentage des laissés pour compte dans ce domaine a baissé de 44% à 36% de 1990 à 2006, les experts notent que "les progrès en termes de couvertures restent insuffisants par rapport à la croissance démographique" du continent. (Source : PNUE)

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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