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18 juin 2017.

Lutte contre les micropolluants : chacun devrait en faire plus

L’un des grands défis actuels en matière de protection des eaux, (...)

L’un des grands défis actuels en matière de protection des eaux, c’est de lutter efficacement contre les micropolluants présents dans les eaux en très faibles concentrations mais potentiellement nuisibles pour l’homme, la faune et l’environnement. Dans un rapport qu’il consacre aux "Mesures à la source visant à réduire la charge de micropolluants dans les eaux" [1], le gouvernement suisse présente les progrès réalisés depuis quelques années et les démarches volontaires et supplémentaires qu’il est possible, sinon nécessaire, d’entreprendre.

Des produits chimiques organiques d’origine synthétique (phytosanitaires, biocides, additifs alimentaires, médicaments, etc.) et certaines substances d’origine naturelle (toxines, hormones, métaux lourds, etc.) arrivent chaque jour dans des canalisations ou des eaux de surface, voire parfois jusque dans des nappes souterraines. Leurs concentrations sont certes très faibles, de l’ordre du milliardième ou du millionième de gramme par litre, mais elles peuvent cependant nuire aux organismes aquatiques.

Les principales sources de micropolluants sont les effluents des stations d’épuration communales (40 %) ainsi que les eaux de ruissellement et/ou de drainage des surfaces agricoles traitées aux pesticides (40 % également). Les 20 % restants de la charge polluante proviennent des apports de l’industrie et de l’artisanat.

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Sources et voies d’apport de micropolluants
(extrait du Rapport du Conseil fédéral)
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Depuis plusieurs années, de nombreuses mesures ont déjà été prises pour lutter contre cette pollution. Elles vont de l’amélioration des performances des stations d’épuration à l’assainissement des sites contaminés, en passant par le traitement des eaux de ruissellement sur les routes et à la réduction des risques de contamination liés aux produits phytosanitaires.

Répondant à un postulat parlementaire qui réclamait un "renforcement des mesures à la source", le gouvernement fédéral avance trois types de démarches complémentaires :
- mettre en œuvre de manière plus stricte les réglementations existantes, notamment par un renforcement des moyens de contrôle ;
- promouvoir des comportements responsables au sein des ménages et de l’économie privée grâce par exemple, à davantage d’informations ciblées sur l’usage et l’élimination des médicaments et des pesticides, au développement de produits respectueux de l’environnement, ou à des efforts accrus dans la formation du personnel des secteurs de l’industrie et de l’artisanat, de la santé et du commerce de détail ;
- approfondir les connaissances scientifiques concernant les apports de substances en provenance d’établissements de soins ainsi que d’entreprises industrielles et artisanales.

L’État fédéral n’entend pas élargir son domaine de compétences en la matière mais encourager la recherche de solutions et la prise d’initiatives par les services cantonaux spécialisés, par l’économie privée et par les associations professionnelles. (Source : Conseil fédéral)

[1] "Mesures à la source visant à réduire la charge de micropolluants dans les eaux" - Rapport du Conseil fédéral en réponse au postulat Hêche 12.3090 du 7 mars 2012 approuvé par le Conseil fédéral lors de sa séance du 16 juin 2017 – Disponible sur le site d’information de l’administration fédérale.




Infos complémentaires

Trop de pesticides dans l’eau potable

Selon des informations publiées le 17 juin 2017 par le journal suisse alémanique NZZ am Sonntag [2] , un échantillon sur cinq des eaux potables analysées par l’Observatoire national des eaux souterraines (NAQUA) contiendrait des résidus de pesticides ou de nitrates dépassant le seuil légal de tolérance de 0,1 microgramme par litre. Cette valeur serait même dépassée dans 70% des points de mesure dans les zones d’agriculture intensive.

La Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux (SSIGE), organisme faîtier des distributeurs suisses d’eau potable, juge la situation très préoccupante. Elle demande un renforcement de la législation en matière de protection des eaux souterraines utilisées comme ressource en eau potable, notamment par l’interdiction des pesticides dans les zones proches des points de captage. Elle insiste également sur une application plus cohérente des réglementations en vigueur.

Deux initiatives populaires sont depuis peu en quête des 100’000 signatures nécessaires à leur prise en compte par les autorités fédérales : l’une, datée de novembre 2016, émane d’un groupe de citoyens se disant apolitiques et réclame une interdiction complète de tout pesticide de synthèse dans la production agricole, dans la transformation des produits agricoles et dans l’entretien du territoire [3] ; l’autre, lancée en mars 2017 par l’association "Une eau propre pour tous“, exige que seules les pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et ne polluant pas l’eau potable puissent bénéficier de subventions publiques [4].

[2] "Achtung, Pestizide im Schweizer Trinkwasser",
von Daniel Friedli, NZZ am Sonntag, 17.6.2017.
[3] "Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse".
[4] "Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique"..

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Mot d’eau

  • Le Lac

    “Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets. Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment”. (Henri Michaux, "La nuit remue", 1935)

Glossaire

  • Limnologie

    Père de la limnologie (du grec "limné", lac, étang), le savant suisse François-Alphonse Forel (1841-1912) parlait d’elle comme de "l’océanographie des lacs". Il la définissait comme la "science des eaux continentales, des eaux stagnantes réunies dans des bassins limités et profonds, qui ne sont ni des fleuves ou rivières, ni des marais ou étangs, ni des eaux souterraines". Aujourd’hui, cette discipline a pris le sens plus large d’étude de tous les aspects écosystémiques des lacs et des grands réservoirs naturels d’eau douce à ciel ouvert.


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