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Des scientifiques suisses et chinois font parler le 3e fleuve du monde

Le Yang Tsé n’est pas mort

Sous l’égide de la Direction du développement et de la coopération (DDC), des scientifiques suisses et chinois ont livré ensemble et en primeur le résultat des mesures de la qualité de l’eau du fleuve Yang Tsé. Le diagnostic des chercheurs lève une crainte majeure : le troisième fleuve du monde n’est pas mort, en tout cas pas en terme de qualité chimique de l’eau. Moins de chance en revanche pour le dauphin d’eau douce, nommé baiji, qui a définitivement disparu après vingt millions d’années d’existence.
2 novembre 2007

Le Yang Tsé : 6’300 kilomètres de long, 400 millions de riverains, 700 affluents. Il alimente en eau 40% du territoire de la Chine et 70% de son territoire rizicole. 25 milliards de tonnes de déchets sont déversés chaque année dans ses eaux. Mais cet immense fleuve, véritable colosse de boue, draine-t-il encore vraiment la vie ?

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(carte chine-informations.com)

Une année après son exploration par une expédition scientifique sino-helvétique, les chercheurs en dressent un bilan contrasté, moins alarmant que prévu. Même si sa pollution est énorme, la concentration de polluants demeure comparable à celle des autres fleuves en raison de l’effet de dilution provoqué par la force du débit.

L’une des plus significatives sources de pollution du fleuve est l’agriculture, qui abuse d’engrais minéraux. En 20 ans, les quantités d’azote ont doublé, mais la concentration en phosphates demeure à un niveau relativement bas.

Comparable aux autres grands fleuves du monde

« La qualité de l’eau du Yang Tsé est comparable à celle des autres grands fleuves du monde, note le géochimiste Beat Müller. Actuellement les concentrations de métaux lourds dans le fleuve chinois sont toujours deux à huit fois inférieures à celles du Rhin, il y a trente ans, aux pires moments de sa pollution ».

La moyenne plutôt basse des métaux lourds s’explique principalement par l’énorme débit d’eau du fleuve : 31’900m3 d’eau déversés chaque seconde dans la Mer de Chine orientale. Dans le delta, les concentrations de pollution sont dramatiquement élevées : 1500 tonnes d’azote et quatre tonnes et demi charriées chaque jour en bordure des côtes.

L’azote s’en va nourrir les algues bleues qui prolifèrent et abaissent toujours plus le niveau d’oxygène dans les couches d’eau profondes de la mer. Les charges en métaux lourds ont aussi des retombées sur l’eau que consomment des centaines de millions de personnes, sur les champs de maïs et de riz qu’irrigue le fleuve, sur les deux tiers des poissons que les Chinois mettent dans leur assiette.

Quel avenir pour le fleuve ?

Avec la croissance industrielle ascendante de la Chine, l’augmentation du niveau de vie, les systèmes d’irrigation, la production énergétique et la déviation d’une quantité énorme d’eau vers les bassins versants du Fleuve Jaune, au Nord, la pression sur le Yang Tsé va encore s’intensifier. Pour inverser la tendance, l’urgence est à une réhabilitation et à un développement semblables à ceux qu’ont récemment connu les fleuves européens. (Source : Information DDC)

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:: La mort d’une divinité

Les chercheurs n’ont pas pu établir le lien entre la qualité de l’eau du Yang Tsé et l’extinction du dauphin d’eau douce, le baiji, qui pendant vingt millions d’années fut la divinité du Yang Tsé. Idem en ce qui concerne les marsouins dont la population a passé de quelques milliers au tournant du siècle à quelques centaines aujourd’hui. La cause de la disparition des dauphins et du danger d’extinction des marsouins serait plutôt à chercher dans une accumulation de facteurs polluants : industrie, agriculture, trafic fluvial, agressions sonores, méthodes de pêche.

:: Une expédition unique en son genre

Les chercheurs de l’Eawag (Institut fédéral suisse de recherche sur l’eau) et de l’Institut chinois d’hydrobiologie de Wuhan ont travaillé ensemble sous la houlette de la baiji.org Foundation et du Ministère chinois de l’Agriculture, avec le soutien de la Société générale de Surveillance (SGS), de la Banque Pictet et de la coopération suisse.

:: Lien

Site de la baiji.org Foundation

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