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7 octobre 2004.

L’eau a-t-elle vraiment une mémoire ?

Médecin et biologiste français, Jacques Benveniste est mort début (...)

Médecin et biologiste français, Jacques Benveniste est mort début octobre à Paris à l’âge de 69 ans. Son nom restera longtemps associé à une immense controverse autour de sa théorie de la "mémoire de l’eau" qu’il avait fait connaître en 1988. Et qui avait fini par le mettre au ban de la communauté scientifique.

« A quoi sert l’eau ? » se demandait Jacques Benveniste. « À faire nager les poissons, naviguer les bateaux, tenir droit les plantes, laver, constituer le sang, boire et éliminer... Certes. Mais elle a une fonction secrète, cachée dans nos cellules : leur permettre de communiquer en amplifiant les milliards de signaux émis par les molécules, signaux dont la nature était jusqu’ici inconnue . »

Dans les années 70, on parlait de lui comme un futur Prix Nobel. Il avait en effet découvert le PAF-Acether (Platelet Activation Factor), un facteur-clé du mécanisme de l’inflammation et de l’allergie.

Mais sa véritable notoriété éclate le 30 juin 1988, lorsque le journal Le Monde lui consacre un titre de sa une : « Une découverte française pourrait bouleverser les fondements de la physique : la mémoire de l’eau » et anticipe un article à paraître dans la célèbre revue britannique Nature.

Une eau qui garderait toutes les traces du monde

Treize confrères du biologiste français cosignent une étonnante expérience sur "La dégranulation des basophiles humains induite par de très hautes dilutions d’un anti-sérum-anti-IgE".

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Photo digibio.com

Dans un langage plus compréhensible, et pour reprendre l’explication donnée par le site de la société Digibio qui a repris le flambeau de cette recherche, « le phénomène en cause consiste à diluer un produit dans de l’eau à tel point que la solution finale ne contienne plus que des molécules d’eau. Or avec les systèmes hypersensibles qu’il utilisait, il constatait que cette solution hautement diluée déclenchait une réaction comme si des molécules initiales étaient encore présentes dans l’eau : l’eau conservait une trace des molécules présentes au départ des dilutions. » D’où la conclusion de Jacques Benveniste : « l’eau peut se souvenir ».

Comment ne pas rêver de cette eau qui garderait toutes les traces du monde ? écrit Libération au lendemain de sa mort : « on laisse tomber une clé dans la mer à Brest et, à quelques centaines de kilomètres de là, de l’autre côté de la Manche, le souvenir d’une porte pourrait s’ouvrir… »

Chercheur buté ou génie incompris ?

Cette découverte suscitera très rapidement une immense controverse. La revue Nature mena une contre-enquête, fit même appel à un illusionniste de grande renommée, et conclut que "l’hypothèse selon laquelle l’eau garderait la mémoire d’une substance qu’on y a diluée est aussi inutile que fantaisiste".

Par la suite, la polémique tourna de part et d’autre au vinaigre. On ne dira jamais assez, écrit Le Monde dans le portrait qu’il dresse de lui le 6 octobre dernier, « combien Jacques Benveniste se mit à dos ‘l’établissement’ scientifique en persistant dans ce que ses collègues, y compris d’anciens amis signataires de ses travaux, tenaient pour une erreur ». (bw)


- Le site de DigiBio
- Article de l’encyclopédie Wikipédia sur la « mémoire de l’eau »




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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