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6 février 2016.

"L’eau à découvert"

Un panorama des savoirs scientifiques actuels

Ouvrage collectif publié par CNRS Editions sous la direction de Agathe Euzen, Catherine Jeandel et Rémy Mosseri

"Quelle est l’origine de l’eau ? Son rapport avec l’apparition de la vie ? Quel rôle a-t-elle joué dans l’histoire de la planète et dans le développement de la vie végétale, animale et humaine ? Quel est son cycle ? Quelles sont ses propriétés chimiques ? Comment les sociétés se sont-elles emparées de cet élément précieux ? Allons-nous manquer d’eau ? L’eau est-elle source de conflits ? Comment l’eau est-elle gérée ? Comment recycle-t-on une eau polluée ? Quels sont les risques pour la santé mondiale ? Quels sont les grands enjeux liés à l’eau au XXIe siècle ? Comprendre et proposer des solutions à ces défis majeurs est l’intention de cet ouvrage."

Faisant suite à une série de trois volumes dédiés, "à découvert", au climat, à l’énergie et au développement durable, cette dernière parution a donc pour ambition de dresser un panorama le plus vaste possible des connaissances scientifiques actuelles dans le domaine de l’eau, de ses enjeux majeurs en termes de préservation et de gestion, et des interrogations auxquelles les chercheurs, dans de nombreuses disciplines, tentent aujourd’hui d’apporter des réponses concrètes. Quand on sait qu’en la matière il est tout à fait illusoire de prétendre à l’exhaustivité, on voit quel genre de défi ont accepté de relever les quelque 200 contributeurs de cet ouvrage collectif.

Défi aussi sur la forme, puisque son comité éditorial a choisi de donner à chacun des articles le même format de deux pages seulement, un exercice auquel le monde académique n’est guère habitué. Comment aborder un sujet forcément complexe dans un document dont on voit d’un seul coup d’œil le premier et le dernier mot ? Comment dans un espace aussi restreint dresser l’état des lieux de problématiques comme les eaux souterraines, l’agriculture irriguée, les conflits d’usage de l’eau ou la gestion des risques naturels liés à l’eau, pour ne citer que quelques-uns des 146 titres inscrits au sommaire de l’ouvrage ?

Ses auteurs avaient pour objectif "d’apporter un éclairage sur chacun des domaines et des approches que couvre le large spectre de la thématique de l’eau et de ses liens avec la santé, la biodiversité, les usages, la géopolitique, les sociétés, les risques, l’agriculture, la ville …". Le résultat paraît d’emblée à la hauteur des ambitions : même si elle se répartit sous quelques grandes têtes de chapitres - aspects fondamentaux, eau et milieu, usages de l’eau, qualité de l’eau, eau et société, représentations et perspectives - l’extrême diversité des sujets abordés donne à l’ensemble un petit côté encyclopédique qui en facilite l’approche au gré des intérêts et des besoins du lecteur.

Si le livre fait preuve d’une enrichissante approche pluridisciplinaire, on n’ira toutefois pas jusqu’à dire que ses contributeurs se sont véritablement engagés sur la voie d’une véritable interdisciplinarité dont on souligne pourtant, au chapitre des défis pour l’avenir, que dans un domaine comme celui de l’eau en particulier elle devrait être constitutive de toute recherche. Mais il est évident aussi qu’une telle démarche ne peut être menée que sur un laps de temps relativement long et qu’elle ne peut impliquer un nombre aussi important de chercheurs que ceux réunis dans cet ouvrage. Demeure donc, en parcourant ses articles juxtaposés dont certains portent toutefois deux ou trois signatures, le sentiment qu’il reste du chemin à faire pour enfin parvenir à une "vision intégrée" du monde de l’eau.

On ne dira pas non plus que le livre est à la portée de tout un chacun. Rédigés par des scientifiques dans le langage particulier qui les caractérise, ses articles qui se présentent sous des formes synthétiques très concises – et "percutantes" dit son préfacier – s’adressent de toute évidence à des lecteurs, si ce n’est initiés, possédant en tout cas un minimum d’informations sur les sujets proposés. Mais ceux qui alors se lanceront dans sa lecture tireront tout bénéfice de ce qui constitue non seulement une très précieuse réactualisation des connaissances scientifiques et des savoir-faire techniques dans le domaine de l’eau douce, mais aussi une stimulante remise en perspective d’enjeux et de défis qui touchent largement à toutes les manifestations de la vie, individuelle et sociale, matérielle et spirituelle. (bw)



Infos complémentaires

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"L’eau à découvert"
Ouvrage collectif sous la direction de Agathe Euzen, Catherine Jeandel et Rémy Mosseri
Préface de Alain Fuchs
CNRS Editions
Paris, 2015, 365 pp.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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