AccueilInfosAnnées précédentesAnnée 2003

17 novembre 2003.

L’année de l’eau finit, les défis continuent…

2003 n’est pas encore consommée que déjà, du moins en Suisse, l’on (...)

2003 n’est pas encore consommée que déjà, du moins en Suisse, l’on tire des bilans, chiffres à l’appui. De nombreux projets ont sensibilisé la population, disent les responsables nationaux. Mais ce n’est surtout pas le moment de se désintéresser des problèmes liés à l’eau. Des stratégies se dessinent, des priorités sont fixées. Les défis de l’eau s’annoncent plus rudes que jamais.

Les instances fédérales (environnement, géologie, coopération) qui ont animé l’Année internationale de l’eau semblent pressées de boucler leurs comptes. Jeudi 13 novembre, elles ont présenté leur bilan, non sans quelque (auto)satisfaction : il ne fait aucun doute pour elles que cette année 2003 a eu un écho positif auprès de la population suisse.

Des preuves ? D’une part, près d’une centaine de villes et communes ont organisé des projets et des manifestations ayant trait à diverses thématiques de l’eau ; d’autre part, un sondage indique que trois Suisses sur quatre ont entendu parler de l’Année de l’eau.

"Petit geste, grande différence"

Selon les conclusions de cette analyse, "les Suisses ont surtout retenu que l’eau douce était une ressource rare et qu’il était nécessaire de l’utiliser avec précaution et modération. Les personnes interrogées souhaitent que l’accent soit désormais mis davantage sur la lutte contre la pollution des eaux."

A en croire Willy Geiger, sous-directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, une grande partie de la population aurait donc pris conscience de l’importance de l’eau et "va modifier légèrement son comportement : prendre des douches au lieu de bains pour économiser l’eau, par exemple. Ce n’est qu’un petit geste, mais s’il est réalisé par de nombreuses personnes, il peut faire une grande différence."

Par contre, le sondage révèle tout de même qu’une petite minorité de Suisses (21%) se disent préoccupés par l’absence de répartition équitable des ressources en eau de par le monde : elles disent cependant soutenir activement des projets liés à l’accès à l’eau dans des pays en développement.

De la nécessité de voir (beaucoup) plus loin

Les trois Offices fédéraux directement concernés par la gestion des ressources en eau ont profité de leur conférence de presse commune pour regarder bien au-delà des bilans plutôt anecdotiques de l’Année internationale et annoncer les grands thèmes qui constitueront l’ossature de la politique suisse de l’eau dans les décennies à venir.

L’Office fédéral de l’environnement insiste avant tout sur la protection des écosystèmes, essentiels au bon fonctionnement du cycle naturel de l’eau. C’est une conviction que la délégation suisse avait fortement défendue lors du Forum mondial de l’eau, en mars 2003 à Kyoto.

En clair, "l’approvisionnement en eau ne peut être garanti que si la protection et l’exploitation durable des écosystèmes - forêts, zones humides et sols, qui captent, filtrent, stockent et redistribuent l’eau - sont considérées comme prioritaires."

Du côté de l’Office fédéral des eaux et de la géologie, on ne reste pas indifférent aux canicules, inondations, glissements de terrain et autres symptômes récents des changements climatiques : "plus que jamais, une stratégie à long terme est de rigueur".

Au cours des années à venir, il faudra donc lutter simultanément sur plusieurs fronts : observer de près l’évolution des eaux de surface et des nappes souterraines, trouver des solutions efficaces en matière d’aménagement des cours d’eau, poursuivre la mise à jour des cartes de danger, s’investir davantage dans la promotion de la force hydraulique comme source d’électricité indigène et renouvelable.

Quant à la Direction du développement et de la coopération, elle soutient sans réserve la mise en œuvre d’une véritable "gestion intégrée des ressources en eau", telle qu’elle est définie au niveau international.

Sur le terrain, cela devrait se traduire par un engagement accru pour que les populations les plus défavorisées de la planète aient accès à l’eau, pour que soient développées et appliquées des technologies novatrices, économiques et respectueuses de l’environnement, ou encore pour que soient renforcées les associations d’usagers de l’eau. Les futures stratégies de la DDC dans le domaine de l’eau devraient être annoncées dans le détail au début de l’an prochain.



Infos complémentaires

Messages spontanés

Le sondage d’opinion réalisé à trois reprises durant l’année 2003 a fait apparaître quelques messages-clés cités spontanément, en particulier :

- L’eau est une ressource limitée et donc précieuse (47%)
- Motivation pour une exploitation judicieuse et modérée de l’eau (38%)
- Protection des cours d’eau et des habitats qui en dépendent (35%)

Les priorités

Les grandes priorités futures de la politique de l’eau en Suisse peuvent se résumer en six têtes de chapitre :

  1. protéger les écosystèmes
  2. réduire la pollution
  3. limiter les conséquences des dangers naturels
  4. promouvoir l’utilisation de la force hydraulique
  5. reconnaître l’accès à l’eau comme un droit fondamental
  6. utiliser l’eau pour améliorer la sécurité alimentaire

Sus aux micro-pollutions

"Ces dernières années, la pollution des eaux par les phosphates contenus dans les lessives a considérablement diminué. En revanche, nous sommes maintenant confrontés au problème des micro-pollutions, notamment par les substances à effet hormonal, qui ne sont pas retenues dans les stations d’épuration. Même si nos connaissances dans ce domaine sont pour l’instant limitées, nous pouvons déjà imaginer que ce problème occupera encore toute une génération."
(Willy Geiger, Office fédéral de l’environnement)

Liens utiles

- Office fédéral de l’environnement (OFEV)
- Direction du développement et de la coopération suisse (DDC)

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


Contact Lettre d'information