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5 septembre 2014.

Inauguration de la première installation suisse de traitement des micropolluants

La ville de Dübendorf, dans la banlieue zurichoise, a (...)

La ville de Dübendorf, dans la banlieue zurichoise, a officiellement inauguré les équipements de traitement des micropolluants installés depuis quelques mois déjà dans la station intercommunale d’épuration de Neugut. Cette nouvelle installation – la première en Suisse où l’on prévoit sur le même modèle d’équiper une centaine de STEP dans les vingt prochaines années – sera en mesure, grâce à un système d’ozonation, d’éliminer quelque 80 % des micropolluants contenus dans ses eaux usées et qu’aucune station d’épuration classique ne peut filtrer.

En 2006, l’Office fédéral suisse de l’environnement (OFEV) avait initié un projet de recherche - Stratégie MicroPoll – pour tenter de faire face aux défis croissants posés par l’augmentation de pollution générée dans pratiquement tous les secteurs d’activités humaines. Six ans plus tard, une fois les essais pilotes évalués, il publiait un rapport dans lequel il décrivait les procédés techniques supplémentaires qui devraient permettre d’éliminer une grande partie des micropolluants et d’optimiser les installations de traitement actuelles.

Les recherches ont en effet démontré que les stations communales d’épuration (STEP), telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui, n’ont pas la capacité de détruire nombre de substances potentiellement dangereuses et non biodégradables - résidus de médicaments, de pesticides, d’insecticides, de produits cosmétiques ou de nettoyage, etc. – lesquels, même en infimes concentrations, peuvent avoir des effets indésirables sur certains organismes aquatiques (algues, amphibiens, poissons, etc.) et sur la qualité des ressources en eau.

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Site de la station d’épuration intercommunale de Neugut/Dübendorf

En service depuis le mois de mars 2014, la nouvelle installation de la STEP intercommunale de Neugut, à Dübendorf - une ville de quelque 25 000 habitants à proximité de Zürich - n’a jusqu’ici connu aucun dysfonctionnement, affirme sa direction. Elle peut chaque jour, avant de les reverser dans la Glatt (affluent du Rhin), traiter jusqu’à 50 000 mètres cubes d’eaux usées, en éliminer la presque totalité des contaminants organiques, plus des deux tiers des substances azotées et 80 à 90 % des micropolluants.

Traitement par ozonation

Deux traitements applicables à grande échelle ont été testés en Suisse dans le cadre du projet MicroPoll : le charbon actif en poudre et l’ozonation. Dübendorf a fait le choix du second procédé qui consiste à injecter de l’ozone sous forme gazeuse dans les eaux usées préalablement épurées. Une fois dissous dans l’eau, ce gaz réagit avec les micropolluants et les transforme par oxydation.


Le procédé technique d’épuration par ozonation
mis en place à la STEP de Neugut (Dübendorf)

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1. Décantation et traitement biologique des eaux usées
2. Production d’ozone à partir d’oygène
3. Réacteur d’ozone au contact de l’eau prétraitée
4. Évacuation de l’air et élimination des résidus d’ozone
5. Filtration finale sur sable et rejet dans la rivière (Glatt)


Cette méthode de nettoyage chimique présente l’avantage de pouvoir être intégrée sans trop de difficultés dans les STEP existantes. Mais elle engendre une augmentation de 10 à 30 % de leur consommation d’énergie. Et donc aussi, par voie de conséquence, du coût de l’assainissement. Pour garantir la couverture de ce surcoût, les autorités fédérales ont décidé d’introduire, à partir de 2016, une taxe nationale sur les eaux usées prélevée auprès de tous les détenteurs de STEP. Concrètement, le coût moyen de l’épuration des eaux en Suisse devrait croître de quelque 17 francs par habitant et par an. (Sources : ARA Neugut, OFEV)


Liens utiles

- ARA Neugut (site de la station d’épuration de Dübendorf)
- Elimination des micropolluants dans les STEP (site de l’Office fédéral de l’environnement, OFEV)




Infos complémentaires

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Diffuseur d’ozone
en céramique


:: Qu’est-ce qu’un micropolluant ?

Les micropolluants sont des éléments-traces organiques, présents dans les eaux à des concentrations très faibles (de l’ordre du microgramme ou du nanogramme par litre). Il s’agit, entre autres, de substances qui entrent dans la composition de médicaments et de cosmétiques, de produits phytosanitaires ou de nettoyage.

Même en faibles concentrations, certaines de ces substances ont des effets néfastes sur les écosystèmes aquatiques et les organismes qui y vivent, perturbant par exemple le développement sexuel des poissons.

À titre indicatif, un nanogramme par litre correspond environ à la dilution de la substance active d’un comprimé contre le mal de tête dans un bassin de natation ordinaire de 25 m de long. (Informations OFEV)


:: Qu’est-ce que
la technique
d’ozonation ?

Le recours à la technique d’ozonation, largement utilisée depuis des décennies pour la production d’eau potable et longuement testée dans les stations d’épuration de Regensdorf (ZH) et Lausanne, permet d’éliminer une très grande diversité de micropolluants contenus dans les eaux usées.

L’ozone, composé de trois atomes d’oxygène, est un gaz très réactif et un oxydant puissant qui attaque de façon sélective des molécules complexes, provoque leur rupture et libère des substances qui peuvent ensuite être éliminées plus facilement par des procédés classiques.

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Générateur d’ozone
à partir d’oxygène

Dans les installations à grande échelle, comme celle de Dübendorf, l’ozone est produit sur place à partir d’oxygène par un générateur spécial puis insufflé dans un réacteur où il entre en contact avec les eaux usées prétraitées. L’ozone gazeux étant extrêmement irritant, il importe de détruire ses résidus contenus dans l’air relâché par les installations à la sortie du réacteur.

Une dose de 3 à 5 g d’ozone par mètre cube d’eau permet d’éliminer la majeure partie des micropolluants, de réduire sensiblement leur écotoxicité et de désinfecter l’eau en la débarrassant de nombreux germes pathogènes.(Informations Eawag)


Toutes les illustrations de cette page nous ont été aimablement transmises par les services de la STEP Neugut/Dübendorf.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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