aqueduc aqueduc
Ressources > Albums photos
aqueduc
vos avis

Canal de Savière (France)

Entre le Lac du Bourget et le Rhône, un petit exutoire converti en charmant petit canal ouvert à la navigation de plaisance.
mai 2005

Photos © aqueduc.info
Cliquer sur les photos pour les agrandir

Jadis le Rhône alimentait le plus grand lac naturel de France, celui du Bourget, qui était alors nettement plus grand qu’aujourd’hui. Pour diverses raisons, notamment un apport très conséquent d’alluvions, le fleuve a changé de direction. Mais, depuis environ 10’000 ans, a subsisté entre lac et Rhône une connexion, naturelle elle aussi, longue d’un peu plus de trois kilomètres, qui a pour particularité d’inverser le sens de son courant en cas de crue du fleuve. Ce petit exutoire, aménagé par la suite (à l’époque romaine ?) pour les besoins de la navigation, porte aujourd’hui le nom de Canal de Savière (parfois orthographié « Savières »), sur les bords duquel le village de Chanaz se donne des airs de « petite Venise ».

La chronique locale rappelle que ce canal, qui fut au cours des temps élargi, corrigé, curé pour faciliter la navigation marchande et passagère, a longtemps constitué une importante route commerciale entre la Savoie et la France. De grands personnages l’auraient emprunté, tels Jules César, le pape Innocent IV et Napoléon III, entre autres…

« De nombreuses marchandises, venues d’Orient, étaient chargées au Bourget sur des barques qui passaient à Chanaz, remontaient le Rhône jusqu’à Seyssel où des chars les attendaient pour être transportées à Genève. Ces barques chargées de sel, de draps, d’objets de mercerie et d’autres effets devaient s’acquitter d’un droit de péage à l’entrée du canal. » Et au milieu du 19e siècle, nous dit-on, quatre bateaux à vapeur assuraient quotidiennement un service de transport d’Aix-les-Bains à Lyon.

Share/Bookmark
 
retour

Menaces sur l’écosystème lacustre

Jusqu’au début des années 1980, c’est-à-dire avant la construction du barrage de retenue et de la centrale hydroélectrique de Chautagne, le canal favorisait un grand échange d’eau et il en résultait, pour le lac du Bourget, une alternance saisonnière de crues et d’étiages, d’inondations et d’exondations. Ces variations de niveau (de 2 ou 3 mètres, parfois davantage) étaient tout bénéfice pour la vie des roselières et de leur faune.

L’installation du barrage a eu pour conséquence de stabiliser le niveau du lac, ce qui est loin de déplaire aux responsables de la sécurité hydraulique et encore moins aux promoteurs du tourisme fluvial. Mais elle a eu aussi des impacts négatifs sur l’écosystème du littoral lacustre.

Le renouvellement de l’eau du lac se fait beaucoup plus lentement. Les roselières sont en danger, menacées notamment par l’érosion générée par la houle naturelle ou celle des bateaux, et par le manque de minéralisation des sédiments. La baisse de la nappe du lac provoque également l’assèchement des marais et autres biotopes avoisinants.

D’où la demande pressante des défenseurs du patrimoine naturel de restaurer autant que possible un minimum de variations des niveaux saisonniers du lac. C’est « hydrauliquement faisable ». Mais socialement ? Cela remettrait en question toute l’idée que l’on se fait des loisirs au fil de l’eau.

plan du site     |     imprimer     |     rss