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28 avril 2021.

Le recul des glaciers s’accélère sur (presque) toute la planète

Une équipe internationale de chercheurs travaillant notamment à (...)

Une équipe internationale de chercheurs travaillant notamment à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) et à l’Université de Toulouse vient de publier les résultats des études qu’ils ont menées à l’échelle planétaire sur le recul des glaciers. Leurs analyses montrent que presque tous les glaciers du monde s’amincissent et perdent de la masse et que ces changements s’accélèrent.

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Vue panoramique du glacier Perito Moreno en Argentine (Photo Martin St-Amant - Wikipedia - CC-BY-SA-3.0)

La fonte des glaciers, qui est un phénomène relativement facile à observer, fournit de précieuses indications sur le changement climatique. On sait globalement, quelle que soit l’altitude ou la latitude à laquelle ils se trouvent, que les glaciers fondent à un rythme élevé depuis le milieu du 20e siècle. Mais jusqu’à présent on ne disposait que de mesures et d’analyses partielles sur l’ampleur de ces pertes de glace.

Grâce à une équipe internationale de recherche emmenée par l’ETHZ et l’Université de Toulouse, on dispose aujourd’hui d’une vue d’ensemble beaucoup plus vaste et plus précise. Publiée dans la revue scientifique Nature [1], leur étude porte sur la quasi-totalité des glaciers du monde (quelque 200’000 au total), à l’exclusion des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.

- Entre 2000 et 2019, les glaciers du monde ont perdu au total 267 gigatonnes (milliards de tonnes) de glace par an en moyenne (soit l’équivalent, chaque année, d’une masse d’eau de six mètres d’épaisseur recouvrant toute la surface de la Suisse) ;
- La perte de masse glaciaire s’est également fortement accélérée au cours de cette période. Entre 2000 et 2004, les glaciers ont perdu 227 gigatonnes de glace par an, mais entre 2015 et 2019, la masse perdue s’est élevée à 298 gigatonnes par an.
- La fonte des glaciers a causé jusqu’à 21 % de la hausse observée du niveau des mers au cours de ces deux décennies, soit quelque 0,74 millimètre par an (près de la moitié de l’élévation du niveau des mers est imputable à la dilatation thermique de l’eau lorsqu’elle se réchauffe, et le tiers restant est apporté par les eaux de fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique).
- Les glaciers qui fondent le plus rapidement se trouvent en Alaska, en Islande et dans les Alpes, ainsi que dans les massifs du Pamir, de l’Hindu Kush et de l’Himalaya.
- Mais les chercheurs ont également identifié des zones où les taux de fonte ont ralenti entre 2000 et 2019, notamment sur la côte est du Groenland, en Islande et en Scandinavie, en raison d’une anomalie météorologique qui a ralenti la perte de glace.

Pour réaliser leur étude, les chercheurs ont utilisé des images prises à bord du satellite Terra de la NASA, qui depuis 1999 fait le tour de la Terre en 100 minutes à une altitude de près de 700 kilomètres. Ce satellite est muni d’un système d’imagerie stéréo qui a permis aux scientifiques de créer des modèles numériques d’élévation à haute résolution pour tous les glaciers du monde. Grâce aux archives d’images prises durant deux décennies, il a été possible de reconstituer une série chronologique de l’évolution de l’épaisseur des glaciers et de calculer les modifications de leur masse. (Source : ETHZ)



Notes

[1Romain Hugonnet et al., “Accelerated global glacier mass loss in the early twenty-first century”, Nature, April 28th 2021.

Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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