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14 janvier 2013.

"La Suisse entend faire de la question de l’eau une priorité de sa politique de développement"

Début janvier 2013, le gouvernement suisse a approuvé le Rapport de (...)

Début janvier 2013, le gouvernement suisse a approuvé le Rapport de politique extérieure de l’année écoulée. Sur une centaine de pages, ce rapport annuel expose entre autres les principales activités déployées en matière de coopération internationale et d’aide humanitaire, notamment dans le domaine de l’eau. On peut y lire ainsi que "la Suisse entend faire de la question de l’eau une priorité de sa politique de développement".

La pénurie d’eau fait partie des six grands défis mondiaux (avec les changements climatiques, l’insécurité alimentaire, les pandémies, les migrations internationales et l’instabilité des marchés financiers) identifiés par la Suisse comme réclamant des solutions communes sous la forme d’engagements bilatéraux et multilatéraux. Par le biais de la coopération au développement et de partenariats stratégiques avec certains pays, elle entend contribuer aux efforts de la communauté internationale en mettant en valeur des compétences techniques en même temps que des moyens financiers.

"La gestion des ressources en eau, lit-on dans le Rapport de politique extérieure 2012, ainsi que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement constituent un défi planétaire. Sans actions décisives, les prochaines décennies seront inévitablement marquées par une aggravation sans précédent des tensions et des conflits. En 2012, la Suisse a tiré profit de ses engagements antérieurs pour gagner une influence politique désormais reconnue sur la scène internationale, laquelle se décline à différents niveaux."

L’intervention du ministre suisse des affaires étrangères, Didier Burkhalter, lors d’une table ronde ministérielle organisée au début de l’automne à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a d’ailleurs représenté un moment fort de l’engagement diplomatique suisse lorsqu’il a demandé aux Nations Unies d’inscrire formellement le thème de l’eau à son agenda : "Il est primordial de traiter l’eau comme un élément clé de l’agenda de la sécurité humaine et non pas uniquement sous l’angle de sa valeur économique et sanitaire. > Voir

Le Rapport met en évidence la poursuite du projet Blue Peace qui, depuis 2009, propose un nouveau modèle de coopération conjuguant promotion de la paix et gestion durable des ressources hydriques au Moyen-Orient et dans le Bassin du Nil.

Nouvelles initiatives

S’agissant de la concrétisation des droits de l’homme en matière d’eau et d’assainissement, le Rapport souligne l’introduction, sur le terrain, de nouvelles initiatives afin par exemple de diffuser des technologies novatrices en matière de purification d’eau, d’assainissement, d’irrigation, de protection des ressources en eau, etc., qui plus est à des populations pauvres. Ou encore des partenariats public-privé afin d’évaluer les pratiques de gestion de l’eau d’entreprises suisses installées dans des pays en développement et de mesurer leur empreinte hydrique, un domaine où la Suisse dit vouloir aussi engager sa coresponsabilité. > Voir

Au niveau national, à noter deux initiatives encouragées par la coopération suisse : d’une part, le Partenariat suisse de l’eau, créé au printemps 2012, pour porter la voix de l’expertise suisse en matière hydrique sur la scène internationale ; et d’autre part, le Consortium des ONG suisses pour l’eau et l’assainissement, lequel, au cours des deux années à venir, devrait permettre à quelque 450’000 personnes de bénéficier d’un accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Sur le plan financier, il convient également de rappeler que la décision du Parlement fédéral, l’an dernier, d’augmenter le montant des ressources destinées à l’aide au développement a permis d’affecter 197 millions de francs supplémentaires au secteur de l’eau (les années précédentes, l’engagement total annuel de la Suisse pour l’aide publique au développement dans le secteur de l’eau se montait en moyenne à quelque 45 millions de francs). (Source : administration fédérale)


- Conseil fédéral, Rapport sur la politique extérieure 2012, 9 janvier 2013
- Voir aussi les pages "eau" des sites de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) et du Secrétariat d’État à l’économie (SECO)


N.B. Selon les données de l’OCDE, l’aide pour l’eau et l’assainissement fournie par ses pays membres a fortement augmenté depuis 2001, avec un taux moyen annuel de 5%. Pour la période 2009-10, les engagements totaux moyens annuels se sont élevés à 8.3 milliards de dollars US, soit 7% de l’aide totale. L’aide pour l’eau et l’assainissement a principalement visé les régions le plus dans le besoin, en termes d’accès, à savoir l’Afrique subsaharienne et l’Asie du sud et du centre.




Mots-clés

Glossaire

  • Bon état des eaux

    Une eau de surface ou souterraine est dite “en bon état” si elle remplit en même temps deux critères : 1. le “bon état chimique” qui doit être conforme aux normes fixant le degré maximal de concentration de substances polluantes ; 2. le “bon fonctionnement écologique”, qui doit être le moins possible impacté par des activités humaines. On parle de bon état quantitatif lorsque les prélèvements d’eaux souterraines ne dépassent pas leur capacité de renouvellement et ne menacent pas l’approvisionnement naturel des écosystèmes aquatiques de surface.

Mot d’eau

  • Clapotis vénitiens

    « On ne percevait que le bruit des rames retombant en cadence et le clapotis des vagues fendues par l’avant de la barque qui se dressait au-dessus de l’eau, noir, raide et taillé en hallebarde à son extrême pointe – et pourtant autre chose encore se faisait entendre, une voix mystérieuse … C’était le gondolier qui murmurait, parlait tout seul entre ses dents, à mots entrecoupés, entre deux coups de rame. » (Thomas Mann, La mort à Venise, 1912).


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