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3 mars 2021.

L’impact humain sur le cycle de l’eau est plus important que ce que l’on croit

Selon une étude publiée dans la revue Nature en mars 2021 par une (...)

Selon une étude publiée dans la revue Nature en mars 2021 par une équipe de recherche de l’Université de Standford, aux États-Unis, plus de la moitié (57 %) des variations saisonnières des stocks d’eaux de surface de la planète dépendent des activités humaines. Cette proportion est encore beaucoup plus importante dans certaines régions comme le Moyen-Orient, l’Afrique australe et l’ouest des États-Unis.

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Voir les animations des cartes de variabilité
des niveaux d’eau et des réservoirs
sur le site web de la NASA.
(Image : NASA’s Scientific Visualization Studio)

Les mesures effectuées sur 227’386 plans d’eau entre octobre 2018 et juillet 2020 grâce à l’altimètre laser à haute résolution du satellite ICESat-2 de la NASA ont permis d’établir que la variabilité saisonnière des réservoirs gérés par l’homme est en moyenne de 0,86 mètre, alors que les plans d’eau naturels ne varient que de 0,22 mètre.

On est très loin, autrement dit, de la représentation traditionnelle du cycle de l’eau. L’augmentation de ce phénomène qui n’a rien de naturel peut avoir comme effets d’augmenter l’évapotranspiration et les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de dégrader les écosystèmes et la qualité de l’eau.


- Sarah W. Cooley, Jonathan C. Ryan & Laurence C. Smith. « Human alteration of global surface water storage variability ». Nature, volume 591, pages 78–81 (2021)


- Voir aussi l’article aqueduc.info du 3 octobre 2019 :
Pourquoi il faut changer notre façon de dessiner le cycle de l’eau



Infos complémentaires

Les rivières aussi subissent les contrecoups du changement climatique

Une autre étude, publiée le 12 mars 2021 par le magazine Science, montre qu’au niveau mondial le changement climatique joue un rôle bien plus crucial dans le débit des rivières que la gestion de l’eau et des terres.

Sur la base de données recueillies entre 1971 et 2010 auprès de 7’250 stations de mesure disséminées dans le monde entier, une équipe de recherche internationale dirigée par l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) a révélé que d’un point de vue global le débit des rivières a fortement changé sur la planète. Mais ces modifications sont loin d’être uniformes : dans certaines régions comme la Méditerranée et le nord-est du Brésil des cours d’eau se sont asséchés, tandis qu’ailleurs, en Scandinavie par exemple, leur débit a augmenté.

Pour comprendre ce qui a provoqué ces importantes modifications hydrologiques, les chercheurs ont travaillé sur des simulations informatiques de modèles climatiques qu’ils ont calculées une fois avec les gaz à effet de serre d’origine humaine et une fois sans ce paramètre.

Dans le premier cas, la simulation correspondait aux données réelles et les résultats concordaient avec l’analyse du débit observé des rivières. Dans le second cas de figure, la prise en compte d’interventions supplémentaires dans le cycle de l’eau (pour l’irrigation par exemple) ou dans l’utilisation des terres n’a pas permis de conclure à des effets significatifs sur le débit des cours d’eau. Autrement dit : il est peu probable, selon cette étude, que les changements hydrologiques qui ont été globalement constatés auraient eu lieu sans le réchauffement climatique.

- Lukas Gudmundsson et al. « Globally observed trends in mean and extreme river flow attributed to climate change ». Science, Vol. 371, Issue 6534, pp. 1159-1162 (2021)

Mots-clés

Glossaire

  • Bon état des eaux

    Une eau de surface ou souterraine est dite “en bon état” si elle remplit en même temps deux critères : 1. le “bon état chimique” qui doit être conforme aux normes fixant le degré maximal de concentration de substances polluantes ; 2. le “bon fonctionnement écologique”, qui doit être le moins possible impacté par des activités humaines. On parle de bon état quantitatif lorsque les prélèvements d’eaux souterraines ne dépassent pas leur capacité de renouvellement et ne menacent pas l’approvisionnement naturel des écosystèmes aquatiques de surface.

Mot d’eau

  • Clapotis vénitiens

    « On ne percevait que le bruit des rames retombant en cadence et le clapotis des vagues fendues par l’avant de la barque qui se dressait au-dessus de l’eau, noir, raide et taillé en hallebarde à son extrême pointe – et pourtant autre chose encore se faisait entendre, une voix mystérieuse … C’était le gondolier qui murmurait, parlait tout seul entre ses dents, à mots entrecoupés, entre deux coups de rame. » (Thomas Mann, La mort à Venise, 1912).


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