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20 janvier 2007.

Bouteille contre robinet : batailles d’eau à la française

« Qui prétend que l’eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas (...)

« Qui prétend que l’eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent ! » Ou encore, photo de WC à l’appui : « Je ne bois pas l’eau que j’utilise. » Depuis le début janvier, les Parisiens sont plongés au cœur d’une bataille publicitaire choc alimentée à coup d’images et de slogans par la société productrice des eaux en bouteille Cristaline. Bertrand Delanoë, maire de Paris et Anne Le Strat, PDG d’Eau de Paris (société d’économie mixte de la capitale), en ont été tellement excédés qu’ils ont finalement décidé d’engager une procédure pénale, pour motif que cette campagne d’affiches porte atteinte « à l’image de l’eau du robinet et à la qualité du service public de l’eau ».

Le groupe Neptune qui détient la marque d’eau en bouteille Cristaline ne cache pas qu’il avait envie de « rétablir certaines vérités » et de pointer du doigt la qualité de l’eau du robinet qui, à ses dires, « comporte des substances qui peuvent être nocives et dont les consommateurs ne sont pas toujours informés ». C’était aussi pour lui une façon de répondre à une précédente campagne lancée en novembre 2006 par le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) en faveur de l’eau du robinet.

Tout au long de la semaine, les invectives ont donc fusé de part et d’autre. « Je veux que l’on cesse de faire croire au consommateur que l’eau du robinet est égale à l’eau embouteillée. C’est faux et mensonger ! » clame Pierre Papillaud, président du groupe Neptune.

« Cette campagne joue sur des peurs imaginaires ; c’est détestable, déclare Anne Le Strat, PDG d’Eau de Paris. La peur est à la mode, mais il est regrettable que Cristaline cherche à effrayer ainsi les consommateurs d’eau du robinet. On ne peut pas laisser sous entendre que l’eau du robinet n’est pas potable. »

« La campagne de Cristaline est irresponsable car elle pousse les consommateurs à des comportements anti-écologiques, en achetant des bouteilles en plastique », commente le Centre national d’information indépendante sur les déchets, qui souligne par ailleurs l’impact environnemental négatif que génère l’achat d’eau en bouteilles.

La ministre française de l’écologie, Nelly Olin, est même intervenue personnellement dans le débat, rappelant que « l’eau du robinet est le produit alimentaire le plus surveillé », et faisant savoir qu’elle déplorait pareil « procédé de dénigrement ». Quant au Bureau de vérification de la publicité, il a émis un avis également défavorable sur cette campagne.

La bataille d’affiches s’est achevée le 19 janvier avec l’annonce que la Mairie de Paris et la société de gestion de ses eaux allaient engager une action en justice contre la marque d’eau Cristaline. Mais, de toute évidence, les producteurs d’eau en bouteille n’apprécient guère que les distributeurs publics fassent la promotion de l’eau des réseaux. On verra donc, en mars, si le Syndicat des eaux d’Ile-de-France refera campagne avec un slogan déjà prêt à l’emploi : « "Quelle marque distribue un milliard de litres chaque jour et pas une seule bouteille ? » (bw)

(Sources : agences, presse française, communiqués)




Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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