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27 octobre 2003.

Veillées d’armes sur le marché suisse de l’eau en bonbonne

Eden Springs inaugure une nouvelle usine d’embouteillage en (...)

Eden Springs inaugure une nouvelle usine d’embouteillage en Valais, Nestlé Waters Suisse rachète Opalia Suisse Water Tower dans le canton de Vaud : voilà qui annonce de futures batailles autour des fontaines d’eau plate qui n’ont pas encore vraiment séduit le consommateur suisse. Les distributeurs sont évidemment convaincus que leurs investissements seront bientôt extrêmement profitables.

En Suisse, la distribution d’eau en bonbonne pour son utilisation à domicile ou dans les bureaux publics et privés ne représente actuellement qu’une très faible part du marché des eaux en bouteilles, toutes catégories confondues (2%, 20 millions de litres en 2003). Alors qu’aux États-Unis, par comparaison, cette proportion des HOD (home and office delivery) grimpe à plus de 40%.

N’empêche. Chez les grands distributeurs d’eaux en bouteilles, on a la conviction que l’Europe, et la Suisse avec, offrent aujourd’hui des "marchés mûrs" pour la bonbonne (contenance standard de 5 gallons US, c’est-à-dire 18,9 litres).

D’où la course aux investissements, avec la certitude, même si cela doit prendre du temps au début, que les perspectives de croissance sont très élevées (on avance souvent des chiffres allant de 15 à 20% par an), avec des marges de profit supérieures à celle des bouteilles ordinaires vendues dans les grandes surfaces.

"Acquérir une source"

C’est ainsi qu’Eden Springs - dont le groupe Danone (leader mondial en termes de volumes) détient la majorité du capital depuis avril dernier - s’est doté d’une nouvelle usine d’embouteillage à Dorénaz, sur la rive droite du Rhône entre Martigny et Saint-Maurice. Ses installations lui permettent de produire un millier de bonbonnes à l’heure

D’origine israélienne, Eden Springs détient en Suisse 60% des parts de marché (14’000 fontaines, 12 millions de litres). Il y a deux ans, elle a acquis le droit d’exploiter durant 99 ans la source de Dorénaz moyennant des contreparties dont la teneur exacte n’est pas connue.

Interrogé par la Tribune de Genève (11 octobre 2003), Cyril Halifi, directeur du marketing d’Eden Springs pour la Suisse, est on ne peut plus clair sur la méthode : "Dans chaque pays où nous sommes présents, la stratégie est la même. Nous cherchons à acquérir une source."

"Objectif 50%"

Du côté de la division Eaux du groupe Nestlé, surtout depuis l’acquisition du distributeur Powwow au début de l’année, on ne fait pas mystère non plus de l’intérêt croissant pour l’eau en grands conditionnements.

Bien que chef de file du marché européen HOD et numéro un mondial en termes de valeur, Nestlé Waters ne s’était pourtant guère profilé jusqu’à présent sur le marché suisse.

C’est donc chose faite désormais avec le rachat de la filiale suisse de la française Water Tower propriétaire de la marque Opalia, de ses 1’500 fontaines et de sa production de 50’000 bonbonnes par an.

"Notre objectif est de créer un réseau national et d’atteindre plus de 50% du marché qui pèsera, selon mes estimations, quelque 100 millions de litres dans dix ans", déclare Andrea Granelli, directeur de Nestlé Waters Suisse, cité par Le Temps (22 octobre 2003).

(Sources : Nestlé Waters, La Tribune de Genève, Le Temps)


Groupe Danone
Eden Springs
Nestlé Waters




Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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