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3 décembre 2020.

Un puissant outil mobile pour mesurer les polluants dans un cours d’eau

L’Eawag, l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de (...)

L’Eawag, l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau (Eawag), a mis au point un prototype de laboratoire d’analyse de l’eau mobile, automatisé et très performant. Il est équipé d’un spectromètre de masse, un instrument de haute technologie qui permet d’identifier et de quantifier des molécules, des micropolluants par exemple, avec une très bonne résolution et une grande sensibilité de mesure. Avec cet outil ambulant, il sera possible de réaliser des analyses directement sur le terrain, ce qui simplifiera la prise d’échantillons d’eau et raccourcira le laps de temps entre le prélèvement et la fourniture des résultats. Les premières utilisations de cet appareil ont révélé notamment que les pics de concentration de pesticides mesurés avec des méthodes conventionnelles ont été sous-estimés.

MS2field. C’est le nom de baptême donné par les ingénieurs de l’Eawag a ce laboratoire mobile. MS pour spectromètre de masse, et to field pour signifier son utilisation flexible à l’extérieur, par exemple en bordure d’un cours d’eau ou dans une station d’épuration. Cette installation est équipée d’un système d’échantillonnage et de filtration automatique et continu, d’un module d’enrichissement des échantillons et d’un chromatographe liquide. Les données recueillies sont évaluées automatiquement et transmises sous forme cryptée au serveur de l’Eawag via le réseau de téléphonie mobile.

Du côté de l’Eawag, on est convaincu que ce type de laboratoire mobile a un bel avenir devant lui, pour le contrôle de l’eau potable et celui des eaux usées. Plus encore : compte tenu des très grands progrès réalisés dans le domaine de la numérisation et de la miniaturisation et qui vont se poursuivre, on peut imaginer que dans quelques années on pourra se servir de mini-laboratoires, adaptés au travail sur le terrain, et que peut-être on pourra transporter dans un sac à dos.

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Le laboratoire mobile d’analyse de l’eau MS2field
devant l’Eawag à Dübendorf (Photo : Eawag, Aldo Todaro)
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Mais ce qui interroge aujourd’hui davantage les chercheurs, c’est que ce laboratoire mobile a permis d’identifier des pics de toxicité aiguë. Grâce à ses analyses automatiques réalisées en continu, il a été prouvé que les concentrations de micropolluants pouvaient énormément varier en l’espace de quelques heures et de quelques jours. Pour un grand nombre de pesticides, les concentrations maximales des mesures effectuées sur 20 minutes par le MS2field ont dépassé jusqu’à 170 fois les concentrations moyennes déterminées avec les échantillons mixtes réalisés pendant 3 jours et demi.

Pour Christian Stamm, directeur adjoint du département de chimie de l’environnement de l’Eawag, ces résultats sont d’une extrême importance pour l’évaluation écotoxicologique de la pollution des eaux : « Pour certains pesticides, des pics de moins d’une heure ont déjà des effets négatifs sur les organismes aquatiques. Et si des pics de concentration se produisent de manière répétée, un deuxième ou troisième pic peut avoir un impact encore plus grand, même s’il est moins élevé que le premier, parce que les organismes n’ont pas pu récupérer entre-temps. Ce risque est négligé dans les échantillons mixtes. » (Information Eawag)

- Site de l’Eawag



Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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