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5 octobre 2021.

« Nous devons prendre conscience qu’une crise de l’eau se profile »

Cette forte exhortation est le fait de Petteri Taalas, secrétaire (...)

Cette forte exhortation est le fait de Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale. Le rapport que l’OMM vient de publier sur l’état actuel des services climatologiques dans le domaine de l’eau est on ne peut plus clair : si l’on veut faire face à l’augmentation des aléas hydrologiques et du stress hydrique, il est absolument nécessaire d’améliorer la surveillance et la gestion de l’eau ainsi que les systèmes d’alertes précoces de crues fluviales et de sécheresses.

Selon les chiffres présentés dans ce rapport [1], 3,6 milliards de personnes durant l’année 2018 n’ont pas eu un accès suffisant à l’eau pendant au moins un mois. D’ici à 2050, leur nombre pourrait dépasser les 5 milliards. Depuis l’an 2000, le nombre de catastrophes liées aux inondations a augmenté de 134 % par rapport aux deux décennies précédentes, et celui des sécheresses de 29 %.

On estime que durant la même période le stockage de l’eau dans les terres (à la surface du sol et dans le sous-sol, y compris l’humidité du sol, la neige et la glace) a diminué d’un centimètre par an. C’est en Antarctique et au Groenland que l’on enregistre les pertes les plus importantes, mais de nombreuses régions situées à des latitudes plus basses et de surcroît très peuplées connaissent elles aussi des pertes significatives dans des endroits qui assurent habituellement un approvisionnement en eau, avec les conséquences majeures pour leur sécurité hydrique.

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Tendances du stockage de l’eau dans les terres au cours des deux dernières décennies (échelle colorée en
centimètres par année). Les zones en rouge sont celles qui ont connu une importante perte de masse d’eau.
C’est aussi le cas du Groenland et de l’Antarctique qui n’ont pas été représentés sur la carte car leurs tendances
sont si importantes qu’elles éclipseraient les pertes des autres masses d’eau continentales.
(Carte extraite du rapport de l’OMM – Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Sur la base de ce constat, on s’attend, du côté de l’Organisation météorologique mondiale basée à Genève, à ce que le stress hydrique s’amplifie massivement, aggravé qu’il est par la croissance démographique, la diminution des ressources disponibles et le changement climatique. L’inquiétude des météorologues est d’autant plus grande que la gestion, la surveillance, les prévisions et les alertes précoces dans le domaine de l’eau sont parcellaires et inadaptées, et que les financements alloués au niveau mondial à l’action climatique demeurent nettement insuffisants.

Dans ses recommandations stratégiques, le rapport de l’OMM insiste sur la nécessité d’agir de toute urgence pour améliorer la coopération en matière de gestion des ressources hydriques, d’adopter des politiques coordonnées sur l’eau et le climat et d’accroître les investissements qui permettront de mettre en place de façon durable des services climatologiques et des systèmes d’alerte précoce adéquats. (Source : OMM)




Notes

[1« 2021 State of Climate Services - Water », World Meteorological Organization, Geneva, 2021. Ce rapport, publié en anglais et coordonné par l’OMM, contient les contributions d’une vingtaine d’organisations internationales, d’organismes de développement et d’instituts scientifiques. Voir >

Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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