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10 mars 2017.

"L’accès à l’eau"

Enjeu majeur du développement durable

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En publiant cet ouvrage de synthèse sur les enjeux de l’accès à l’eau et de sa gestion au 21e siècle, Laurent Baechler, dont les recherches portent principalement sur les politiques énergétiques et climatiques, a pour ambition de proposer "un regard panoramique" prenant en compte les différentes disciplines concernées par la vaste problématique des ressources hydriques.

Les enjeux sont connus. À court terme : répondre aux besoins des populations qui dans les pays en développement n’ont pas accès à l’eau et à l’assainissement. À moyen terme : nourrir les trois milliards de personnes qui dans quelques décennies se seront ajoutées à la population actuelle de la planète. À long terme : faire en sorte que les écosystèmes aquatiques fragilisés par les activités humaines puissent encore jouer leur rôle vital.

L’auteur se veut optimiste et pense qu’un examen attentif des problèmes et des solutions permet de croire qu’il est possible de relever ces défis : "Dans une certaine mesure, on pourrait même aller jusqu’à dire que parmi tous les grands défis du développement durable auxquels l’humanité doit désormais faire face, celui de l’accès à l’eau est peut-être l’un des moins compliqués à affronter".

Parce que le développement économique peut contribuer à résoudre les problèmes environnementaux, parce que la situation n’est pas irréversible, parce qu’en Afrique par exemple le problème n’est pas l’exploitation excessive des ressources mais l’insuffisance des moyens pour les valoriser, ou encore parce les acteurs directement concernés ont encore la capacité de coopérer.

Mais alors, pourquoi ne parvient-on pas aujourd’hui à garantir plus facilement l’accès à l’eau ? "Une raison fondamentale est que le problème de l’accès à l’eau ne mobilise pas les énergies à hauteur de ce qu’elles devraient être, en partie par manque d’intérêt, en partie par manque de clairvoyance."

C’est que, précise l’expert, les faiseurs de réformes sont en Occident qui n’est pas le plus touché par la crise de l’eau et n’en souffre donc pas autant que le monde en développement. Et comme c’est au niveau local que doivent être résolus prioritairement les problèmes d’accès à l’eau, la coopération et la solidarité internationales s’en préoccupent beaucoup moins que pour d’autres enjeux.

Pour Laurent Baechler, la conclusion qui s’impose est que le principal défi est d’abord de nature politique : "La bonne gouvernance de l’eau doit s’accompagner de la volonté politique de faire changer les comportements et les pratiques, ou de mobiliser les moyens nécessaires. Plus que toute autre chose, c’est probablement ce qui fait à l’heure actuelle le plus défaut pour affronter les défis à venir de l’accès à l’eau." (bw)


Laurent Baechler
"L’accès à l’eau - Enjeu majeur du développement durable"
Collection Planète enjeu
Éditions De Boeck Supérieur, Louvain-la-Neuve
2017, 208 pages.

1. Les caractéristiques physiques de l’accès à l’eau
2. Des pressions croissantes sur les ressources en eau
3. L’accès à l’eau, un problème de développement
4. La gestion de l’accès à l’eau
5. Les conditions d’accès à l’eau entre conflit et coopération
6. La gouvernance de l’accès à l’eau.



Mots-clés

Glossaire

  • Bon état des eaux

    Une eau de surface ou souterraine est dite “en bon état” si elle remplit en même temps deux critères : 1. le “bon état chimique” qui doit être conforme aux normes fixant le degré maximal de concentration de substances polluantes ; 2. le “bon fonctionnement écologique”, qui doit être le moins possible impacté par des activités humaines. On parle de bon état quantitatif lorsque les prélèvements d’eaux souterraines ne dépassent pas leur capacité de renouvellement et ne menacent pas l’approvisionnement naturel des écosystèmes aquatiques de surface.

Mot d’eau

  • Clapotis vénitiens

    « On ne percevait que le bruit des rames retombant en cadence et le clapotis des vagues fendues par l’avant de la barque qui se dressait au-dessus de l’eau, noir, raide et taillé en hallebarde à son extrême pointe – et pourtant autre chose encore se faisait entendre, une voix mystérieuse … C’était le gondolier qui murmurait, parlait tout seul entre ses dents, à mots entrecoupés, entre deux coups de rame. » (Thomas Mann, La mort à Venise, 1912).


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