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29 octobre 2008.

WWF : la planète vit au-dessus de ses moyens

Le WWF (Fonds mondial pour la nature) publie l’intégralité de son (...)

Le WWF (Fonds mondial pour la nature) publie l’intégralité de son Rapport Planète Vivante 2008 dont on avait déjà eu un premier aperçu en août (voir l’article Les "vrais chiffres" de la consommation d’eau personnelle). Avec un constat impitoyable, celui d’assister aujourd’hui à une dilapidation effrénée du capital naturel mondial. Les humains consomment près d’un tiers de ressources de plus que ce que la Terre peut leur offrir à long terme et ils mettent ainsi en péril leur propre prospérité. Une analyse qui s’applique aux usages de l’eau : de plus en plus de pays glissent vers un état de stress hydrique saisonnier permanent.

Le « Rapport Planète Vivante » est, tous les deux ans, rédigé conjointement par le WWF International, la Société zoologique de Londres et l’ONG américaine Global Footprint Network. Ce document propose un aperçu détaillé de l’état de la planète, ainsi que de la consommation de ses ressources naturelles, généralement résumée dans le vocable d’empreinte écologique. La méthode consiste à mesurer la consommation des ressources et à la comparer à ce que la planète peut véritablement offrir.

L’actualité incite James Leape, directeur général international du WWF, à tirer un parallèle avec la crise économique : « Le monde se bat aujourd’hui avec les conséquences de la surévaluation de ses actifs financiers. Mais cette récession financière n’est rien comparée à la menace d’une crise écologique que peut provoquer la sous-évaluation des capitaux environnementaux qui sont la base de toute la vie et de notre prospérité. Si nos demandes se maintiennent au même rythme, nous aurons besoin, vers le milieu des années 2030, de l’équivalent de deux planètes pour maintenir notre mode de vie. »

Stress hydrique à la hausse

Dans le domaine de l’eau, constate le rapport, les pénuries sont de plus en plus préoccupantes dans de nombreux pays et régions, une conclusion qui s’impose à la lecture des mesures de l’empreinte eau, qui reflète la pression sur les ressources en eau, à l’échelon national, régional ou mondial, résultant de la consommation de biens et de services. « Une cinquantaine de pays sont actuellement confrontés à un stress hydrique modéré ou grave, et le nombre de personnes souffrant de pénuries d’eau toute l’année ou de manière saisonnière devrait augmenter en raison du changement climatique. Cela ne peut avoir que des implications profondes sur la santé des écosystèmes, de la production alimentaire et du bien-être de l’humanité. » (Source : WWF)


La version francophone et intégrale du « Rapport Planète Vivante 2008 » est disponible pour téléchargement sur le site du WWF Suisse (PDF, 4.49Mb)




Infos complémentaires

:: En Suisse :
4’600 litres par jour
et par personne

Le « Rapport Planète Vivante 2008 » contient des statistiques détaillées concernant notamment l’empreinte eau de consommation, c’est-à-dire le volume total d’eau utilisée pour produire les biens et services consommés par les habitants d’un pays. Elle se mesure en empreinte interne (pour les biens et services produits et consommés à l’intérieur des frontières) et externe (pour les biens importés).

Ce sont près de 4’600 litres d’eau qui sont prélevés au quotidien et par habitant pour la consommation suisse de biens et de services (Pour comparaison, la référence moyenne mondiale est de 3’400 litres, avec des données extrêmes de 6’802 litres/jour/habitant aux États-Unis et de 1’695 au Yémen). À noter qu’en Suisse l’empreinte eau de consommation externe est de 3’660 litres contre 947 seulement pour l’empreinte interne. Ce qui revient à dire qu’un cinquième seulement de l’eau utilisée pour la production des biens et services de ce pays provient de ses propres cours d’eaux, lacs et nappes souterraines.

Le stress hydrique est une indication qui compare l’empreinte eau de production totale à l’ensemble des ressources renouvelables d’eau douce disponibles dans un pays. En Suisse, château d’eau de l’Europe, ce quotient est de 3,52 % (États-Unis : 15,63 %, Yémen : 159,21 % !).

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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