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3 décembre 2019.

Un défi valaisan :
réaménager les berges du Rhône

En décembre 2018, le Canton du Valais lançait un concours (...)

En décembre 2018, le Canton du Valais lançait un concours international en vue de réaménager les espaces publics cantonaux situés sur toute la longueur du Rhône alpin, de son glacier jusqu’au Léman. Une année plus tard et après une sélection de cinq projets, c’est la proposition d’une agence lyonnaise d’urbanisme et de paysage qui a été retenue à l’unanimité par un jury d’experts. Brièvement dit, il s’agit de ne pas rater l’opportunité des grands travaux de la 3e correction du Rhône pour offrir à la population la possibilité de renouer de vraies relations riveraines avec le fleuve. Et pour ce faire il faut absolument disposer d’une vision d’ensemble cohérente et coordonnée de ses 160 kilomètres de berges.

Le défi lancé par l’État du Valais aux équipes participant à ce concours était de démontrer que, "tout en respectant les contraintes techniques et légales ainsi que les surfaces dévolues à la nature et à l’agriculture, les espaces publics de la 3e correction du Rhône peuvent être autant d’occasions d’offrir à la population des emplacements de qualité qui tiennent compte des différents usages et besoins des riverains".

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Une étape importante de la correction du Rhône a déjà été franchie dans la région de Viège. Plus de 160 hectares
de terrains en zone à bâtir y ont été mis hors de danger. Grâce aux travaux entrepris sur l’embouchure de la Vispa,
toute la rive gauche du fleuve est en passe d’être mise à l’abri de crues centennales.
C’est là que le projet RHONATUREPARC devrait dans quelques années trouver son premier terrain d’application.
(Graphisme extrait du panneau de présentation du projet lauréat de l’agence BASE / Cliquer sur les images pour les agrandir)

Derrière le projet RHONATUREPARC finalement retenu par le jury, on trouve une sorte de bureau-pilote, l’agence lyonnaise BASE, spécialisée dans la maîtrise d’œuvre de parcs urbains ou d’environnements naturels et la conception d’espaces publics, et qui a choisi de fédérer une petite constellation franco-suisse d’architectes, géographes, environnementalistes et autres experts en mobilité par exemple. Ce projet lauréat, dit-on entre autres du côté du jury, "a fait la différence en particulier grâce à sa reconnaissance du travail effectué jusqu’à aujourd’hui et à sa connaissance de l’identité valaisanne (…) Il démontre une bonne compréhension des enjeux paysagers, offrant une vision à l’échelle du bassin versant et non uniquement sur le linéaire du fleuve (…) Son approche systémique du développement des réseaux de différentes mobilités, le long du Rhône et en connexion avec la plaine, est réaliste et ingénieuse du point de vue fonctionnel".

Un processus à très long terme

Le plan d’ensemble imaginé par les auteurs du projet RHONATUREPARC met en avant les fondamentaux d’un récit commun, voire d’un imaginaire partagé, visant avant tout à rapprocher la population des berges du Rhône et à faciliter leur accès. Cela postule par exemple de reconnecter les villages jusqu’aux berges, d’aménager des "allées du Rhône" en valorisant les voies existantes de mobilité douce, de créer des connexions au-delà du fleuve jusqu’aux vallées latérales et sur les coteaux avoisinants de manière à pouvoir observer les transformations du paysage, de développer le long du fleuve un corridor de fraîcheur comme une sorte de climatiseur urbain propice aux rencontres, de prévoir des espaces de détente et de loisirs ou encore d’installer sur les berges des hameaux de convivialité où les riverains pourront exprimer leur identité rhodanienne.

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Ce à quoi pourraient un jour ressembler les berges du Rhône du côté de Viège (image projet RHONATUREPARC)

On est là dans un processus à long terme qui s’étalera sur plusieurs décennies et qui est appelé à évoluer au fil du temps, des besoins, au rythme de la correction du Rhône et sans doute aussi des nécessaires adaptations aux changements climatiques. Sur les 160 kilomètres de berges que présente le fleuve entre sa source et le Léman (sans oublier les rives vaudoises du Chablais), le projet RHONATUREPARC dessine des paysages, trace des lignes directrices et propose un catalogue de solutions. Lorsque leur tour viendra d’aménager leurs propres espaces riverains, les communes pourront alors s’inspirer de ce plan-guide ouvert et flexible en tenant compte des besoins et des attentes de leurs populations, des particularités de leurs territoires et de leurs capacités de financement. Cela prendra donc du temps, beaucoup de temps de toute évidence.

Une exposition itinérante

Le projet lauréat et les quatre autres projets retenus pour le concours sont exposés aux Arsenaux de Sion jusqu’au 19 décembre 2019. Sur trois niveaux et par le biais de 30 planches de grandes dimensions, on découvre comment cinq différents bureaux d’études ont imaginé l’aménagement des espaces publics le long du Rhône. Le projet RHONATUREPARC fera ensuite l’objet, au cours du premier semestre 2020, d’une exposition itinérante dans toutes les médiathèques valaisannes. (Sources : État du Valais / agence BASE)

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Paysages d’avenir dans la Vallée du Rhône alpin tels qu’imaginés par le projet RHONATUREPARC



Infos complémentaires

Liens utiles

- Les planches du projet lauréat RHONATUREPARC
(exposées aux Arsenaux de Sion jusqu’au 19 décembre 2019)
- Site web de l’agence lyonnaise BASE, structure de paysage et d’urbanisme
- Site web de la 3e Correction du Rhône (R3)

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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