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métiers de l’eau

5 juin 2019.

Un Réseau des femmes ingénieures de l’eau ...

... pour encourager le partage d’expériences

DOSSIER - FEMMES ET MÉTIERS DE L’EAU - 6/7

"Rendre visibles les ingénieures actives dans le domaine de l’eau, changer l’image d’une profession où presque tous les postes de direction sont occupés par des hommes, mettre en évidence des modèles féminins pour encourager les futures ingénieures, bénéficier d’une plateforme pour échanger les expériences professionnelles et développer de nouvelles approches innovantes" : voilà quelques-unes des principales motivations avancées par celles qui, en 2017, ont créé le Réseau des femmes ingénieures de l’eau (NeWI - Netzwerk der Wasseringenieurinnen). Deux ans plus tard, elles sont plus de 200 à avoir rejoint les rangs de cette nouvelle association, dont une cinquantaine en Suisse romande. Elles sont engagées dans les différents domaines de l’eau : eau potable et eaux usées, gestion des cours d’eau et protection contre les crues, installations hydrauliques, et autres. [1]

Leur constat de départ est clair : la présence des femmes dans le secteur de l’ingénierie de l’eau est insatisfaisante, leur espoir d’accéder à l’un ou l’autre poste de cadre est minime et nombre d’entre elles choisissent trop souvent de quitter ce secteur en cours de route. Dans la réponse donnée de manière collective à nos questions, le comité de cette nouvelle association avance quelques explications :

- Le déficit apparaît déjà au cours de la formation professionnelle : la proportion de femmes qui optent pour des filières techniques est encore et toujours faible, elles sont socialement influencées par le fait qu’on ne les croit pas capables de faire ce genre d’études.
- Vu que les disciplines techniques étaient et sont encore dominées par les hommes, on voit des femmes renoncer à leur travail à toutes les étapes de leur carrière (référence à la métaphore bien connue des "fuites de tuyau" dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques), ce qui bien évidemment représente une perte réelle pour la profession.
- Le secteur manque de propositions de temps de travail flexibles sans lesquels il est bien difficile de concilier activités professionnelles et vie familiale. Par ailleurs la société ne voit pas d’un bon œil les femmes qui ont des enfants et qui consacrent à leur métier un temps qu’elle juge trop important.
- Pour se sentir à l’aise au travail, une femme a besoin dans son entourage professionnel immédiat d’un nombre minimum de femmes ayant les mêmes compétences qu’elle.

  • Le comité de l’association des femmes ingénieures de l’eau note aussi de manière générale que :
    • "La profession manque de modèles féminins : quand une femme a une profession qui est en fait exclusivement masculine, il faut toujours un effort supplémentaire pour faire ses preuves" ;
    • "Traditionnellement, les femmes préfèrent les questions environnementales aux disciplines techniques liées à la qualité de l’eau ou à la protection de la ressource" ;
    • "Il y a beaucoup plus de femmes travaillant dans le secteur public. Il est probable que la charge de travail élevée et variable dans les entreprises privées est plus difficile à concilier avec la famille. Les employeurs publics ont des horaires de travail mieux réglementés et le travail à temps partiel y est plus fréquent" ;
    • "Il est important de discuter d’approches innovantes pour trouver un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée et ouvrir ainsi de nouvelles perspectives pour les femmes et les hommes sur la façon dont le succès, la famille et les loisirs peuvent être combinés".
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Dans les mois à venir, l’association se focalisera principalement sur la mise en réseau des femmes ingénieures qui ont déjà achevé leur formation académique et sur les échanges avec les universités, instituts de recherche, bureaux d’ingénieurs, autres domaines professionnels privés, services cantonaux et organismes divers. Mais elle entend aussi faire en sorte d’agrandir le cercle de celles qui sont actives dans les domaines techniques et apporter un soutien aux filles et femmes qui pour une raison ou une autre appréhendent de se lancer dans ce genre de profession. Le 18 juin 2019 à Berne, elle organise par exemple un Speed-Networking pour favoriser les rencontres avec d’autres femmes ingénieures de l’eau et en savoir plus sur leurs activités et leurs expériences dans un cadre décontracté. (bw/photo NeWI)



Notes

[1Pour en savoir plus, consulter le site wasseringenieurinnen.ch

Infos complémentaires

LES ARTICLES DU DOSSIER

- En guise d’introduction :
"Si l’eau est véritablement un bien commun …" (Bernard Weissbrodt)
- Fontainière et gestionnaire de réseau d’eau potable :
"l’important c’est d’aimer ce que l’on fait" (Inma Junco).
- Élue municipale et responsable du secteur de l’eau :
"je peux compter sur les professionnels qui m’entourent" (Rosalie Beuret Siess).
- Hydrobiologiste attachée à la surveillance des rivières :
"le plus important, c’est d’avoir un milieu vivant" (Arielle Cordonier).
- Chercheure en hydrologie et gestion de l’eau :
"étudier l’eau, c’est d’abord une question de conviction" (Marianne Milano).
- Un Réseau des femmes ingénieures de l’eau
pour encourager le partage d’expériences.
- Reportages au Bénin :
"Donne de l’eau à la femme, elle saura quoi en faire" (Bernard Capo-Chichi).



L’intégrale du dossier en PDF

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Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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