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16 février 2012.

"Qui consomme l’eau de la planète ?"

Dans une étude publiée par la revue américaine ’Proceedings of the (...)

Dans une étude publiée par la revue américaine ’Proceedings of the national academy of sciences’, des chercheurs de l’université de Twente, aux Pays Bas, concluent de leurs études sur les usages de l’eau à travers le monde que plus d’un cinquième de l’eau consommée sur la planète sert à la production de produits de consommation destinés à l’exportation. Autrement dit : d’une part, plusieurs pays sont fortement tributaires des ressources en eau situées hors de leurs frontières ; d’autre part, les modes de vie dans de nombreux autres pays ont d’importants impacts sur la consommation et la pollution de l’eau ailleurs que chez eux.

Menée sur la base de relevés à haute définition spatiale et de données démographiques, commerciales et hydrographiques, l’étude de Arjen Y. Hoekstra et Mesfin M. Mekonnen ("The water footprint of humanity") quantifie et cartographie met en évidence, pays par pays, les disparités de l’empreinte eau et, du même coup, les différents flux internationaux d’eau virtuelle. Les deux chercheurs ont pris en compte les différentes parts de l’eau verte (eaux de pluie, 74 %), de l’eau bleue (eaux de surface et eaux souterraine, 11 %) et l’eau grise (eaux usées et polluées, 15 %). Et les empreintes sur l’eau sont calculées en fonction de ses usages agricoles et industriels pour la production de biens de consommation.

Sur la période qui va de 1996 à 2005 et en moyenne annuelle mondiale, ce sont plus de 9’000 milliards de mètres cubes d’eau qui ont été consommés pour l’agriculture (92 %), la production industrielle (4,4 %) et les usages domestiques (3,6 %). Un cinquième environ de cette eau est utilisée pour la production de biens de consommation (eau virtuelle) destinés à l’exportation (fruits, légumes, viande, produits industriels et autres).

Le classement des pays qui consomment le plus d’eau douce est emmené par la Chine (1’207 milliards de m3/an), l’Inde (1’182) et les États-Unis (1’053) qui pourtant ne représentent que 5 % de la population mondiale. Calculée proportionnellement au nombre d’habitant, la consommation américaine d’eau est de très loin la plus élevée (2’842 m3 par personne et par an) contre 1 089 m3 en Chine et 1’071 m3 en Inde, pour une moyenne mondiale de 1’385 m3. Ces trois pays sont ceux qui exportent aussi le plus d’eau virtuelle.

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Empreintes mondiales de l’eau
(carte extraite de l’étude)

Les pays les plus dépendants des ressources en eau des autres pays sont Malte, le Koweït et la Jordanie, c’est-à-dire les îles et les régions semi-arides. Mais des pays relativement bien pourvus en eau, tels les États-Unis, le Japon et plusieurs pays européens, figurent également en bonne place dans la liste des importateurs d’eau virtuelle. Quant aux produits qui comptent le plus dans les échanges d’eau virtuelle, pas de grande surprise : les céréales, la viande et les produits laitiers

Près de la moitié des flux internationaux d’eau virtuelle concerne le commerce des cultures oléagineuses (coton, soja, huile de palme, tournesol, colza) et des produits dérivés. Les autres produits concernés par ces échanges sont des céréales, des produits industriels, le café, le thé et le cacao (7,9%), ainsi que la viande de bœuf. (Source:PNAS)

- Cette étude est disponible (en anglais) sur le site de la revue ’Proceedings of the national academy of sciences’ (PNAS)




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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