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Plaidoyer suisse pour la protection des eaux souterraines

Pour marquer la Journée mondiale de l’eau, le ministre suisse de l’environnement, Moritz Leuenberger, s’est rendu le 18 mars à la source de Kohlboden (canton de Zoug), l’un des sites de captage les plus impressionnants de Suisse. Avec un message on ne peut plus clair : les eaux souterraines sont une véritable richesse nationale, préserver leur quantité et leur qualité est un gage de santé et de bien-être pour tous les habitants de ce pays.
18 mars 2009

Les réserves hydriques souterraines de la Suisse sont estimées à quelque 50 kilomètres cubes. C’est-à-dire l’équivalent du Lac de Constance ou de la totalité des précipitations annuelles sur le territoire national. La Suisse en tire 80 % de son eau potable.

Si ce bien commun a pu être conservé jusqu’à nos jours, constate Moritz Leuenberger, c’est grâce à une politique conséquente de protection des eaux. À Kohlboden par exemple, la qualité des eaux du sous-sol est si bonne que 50% des eaux souterraines peuvent être directement envoyées dans le réseau de distribution sans traitement. Les autres 50% nécessitent généralement un léger traitement.

Mais, compte tenu de la pression sur les eaux qui ne cesse de croître, cet effort de protection doit être poursuivi par tous les partenaires, communes, cantons et secteurs économiques concernés. Les analyses faites régulièrement dans plus de 500 stations d’observation des eaux souterraines décèlent souvent, dans les zones d’agriculture intensive et d’urbanisation, des traces de substances étrangères, tels que des pesticides, nitrates et hydrocarbures.

Deux mesures paraissent prioritaires : d’une part, définir des zones de protection des eaux souterraines contraignantes autour des captages qui n’en ont pas encore ; d’autre part, utiliser les engrais et les produits phytosanitaires de manière ciblée et adaptée aux conditions locales.

En matière de protection des eaux souterraines, l’agriculture, qui exploite 37% du territoire, a un rôle fondamental à jouer. Mais, de façon plus globale, il faut faire en sorte de maintenir les capacités d’autoépuration des sols, ne serait-ce que pour des raisons économiques : les prestations délivrées gratuitement par les écosystèmes sont estimées à 80 millions de francs par an. Et elles constituent un atout du développement durable.

En tant que ‘château d’eau de l’Europe’, note encore le ministre, la Suisse assume une coresponsabilité quant à la qualité des eaux potables dans les pays voisins, particulièrement dans les pays riverains du Rhin. Les concentrations de nitrates doivent être diminuées en Suisse également afin que la Mer du Nord puisse se régénérer. (Source : Office fédéral de l’environnement)

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:: NAQUA :
590 stations dans toute la Suisse

Le réseau national d’observation de la qualité des eaux souterraines NAQUA compte 590 stations de mesure. Il couvre les différentes régions de Suisse, les principaux aquifères ainsi que les différentes conditions hydrogéologiques et les divers types d’exploitation du sol. Il constitue la base d’une protection, coordonnée à l’échelle nationale, de cette ressource naturelle que sont les eaux souterraines. De ce fait, il contribue à protéger la population et les écosystèmes contre les organismes et substances nuisibles.

Son dernier rapport, qui vient de paraître et qui détaille les résultats de la période 2004 à 2006, montre certes que de manière générale les eaux souterraines suisses se portent bien, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Mais que dans les régions vouées à l’agriculture intensive ou dans les zones très urbanisées, ces eaux souterraines contiennent souvent des traces de substances indésirables et persistantes (produits phytosanitaires, hydrocarbures et médicaments).

Lien utile

Pages ‘Eaux souterraines’ sur le site de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV)

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