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4 décembre 2006.

Nouvelle méthode pour analyser rapidement la qualité de l’eau

Depuis deux ans, des chercheurs de l’Université de Neuchâtel (...)

Depuis deux ans, des chercheurs de l’Université de Neuchâtel travaillant du côté d’Yverdon-les-Bains, traquent les micro-organismes dans les eaux souterraines. Ils ont mis au point une méthode qui permet d’évaluer rapidement et efficacement la qualité bactériologique de l’eau.

En octobre 2004, dans le cadre d’un projet financé par le Fonds national suisse, des chercheurs de l’Université de Neuchâtel, Michiel Pronk et Nico Goldscheider, hydrogéologues, avec la collaboration de Jakob Zopfi, microbiologiste, ont commencé à s’intéresser de près aux communautés de micro-organismes qui vivent en eaux souterraines.

Il faut savoir, à ce propos, que la loi suisse sur la protection des eaux exige de protéger la totalité des ressources aquatiques, qu’elles circulent en surface ou dans le sous-sol, non seulement pour garantir leur aspect potable, mais aussi pour les préserver en tant qu’écosystèmes.

Ce qui signifie – même si cela peut paraître surprenant – qu’il faut également prendre soin de certains micro-organismes qui forment des communautés vivantes au même titre que les habitants des milieux humides ou forestiers et qui sont essentiels au bon fonctionnement de ces écosystèmes.

Les chercheurs ont concentré leurs études dans la région d’Yverdon-les-Bains, dans un milieu karstique, c’est-à-dire dans des systèmes calcaires traversés par de nombreuses galeries souterraines creusées par la dissolution des roches et particulièrement exposés aux contaminations bactériennes, notamment d’origines fécales. Pour mener à bien leur travail, ils ont besoin de systèmes de mesures rapides et fiables. Mais mener des analyses microbiologiques en laboratoire, cela prend pas mal de temps et n’est pas toujours probant quand on sait que la qualité bactériologique de l’eau peut se modifier en quelques heures à peine. Et le faire chaque jour coûte aussi beaucoup trop cher.

Ils ont trouvé une solution répondant à leurs critères de recherche en mettant au point une méthode d’analyse qui se focalise sur les particules en suspension dans l’eau, en particulier les particules très fines, de l’ordre du micron, et sur la concentration du carbone organique. L’analyse de ces deux paramètres s’est révélée un moyen efficace pour déceler la présence de micro-organismes indésirables.

Applications pratiques à Yverdon-les-Bains

On comprend l’intérêt d’une telle recherche qui peut directement contribuer à améliorer les méthodes de surveillance. En particulier à Yverdon-les-Bains dont une part importante (un tiers environ) de l’approvisionnement en eau potable provient d’une source karstique particulièrement vulnérable du fait de la proximité de zones agricoles. Yverdon-les-Bains a fait sienne la méthode des universitaires et le suivi de la qualité de ses eaux s’en trouve améliorée.

« On peut cibler plus précisément les périodes pendant lesquelles nous ne pouvons pas prendre de l’eau, expliquait le 4 décembre Claude-Olivier Pelet, du Service des énergies de la ville, Yverdon-les-Bains, dans le Journal de la Télévision suisse romande. Nous pouvons optimiser la quantité d’eau que nous pouvons soutirer et limiter aussi sa désinfection. » Autrement dit, on y met moins de chlore qu’auparavant.

Voilà une information qui, sans aucun doute, devrait intéresser nombre de collectivités de l’arc jurassien qui puisent elles aussi leurs eaux dans des systèmes souterrains quasi identiques.

(Sources : Université de Neuchâtel, Communiqué de presse, 27 novembre 2006 – TSR, Journal du 4 décembre 2006, 12:45)




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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