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Lutte pour l’eau potable : l’OMS change de méthode

Il est de plus en plus difficile, de par le monde, de fournir aux populations de l’eau potable. Et le problème, c’est que les contaminations d’eaux de boisson ne sont souvent constatées qu’après une crise sanitaire, lorsque ceux qui les ont consommées en sont tombés malades ou en sont morts. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de publier de nouvelles recommandations pour tenter de prévenir le mal.
21 septembre 2004

Pour l’OMS, qu’il s’agisse de l’eau qui alimente les maisons, des puits en zone rurale ou de l’eau fournie aux camps de réfugiés à l’occasion d’une situation d’urgence, s’assurer que l’eau de boisson est potable représente aujourd’hui un défi pour le monde entier. Les experts de l’organisation ont donc décidé d’agir en amont, de la source au robinet, et de rédiger de nouvelles directives pour aider les organismes de contrôle et les entreprises de distribution à maintenir et améliorer la qualité des eaux de boisson.

Ces directives s’appliquent autant aux systèmes d’approvisionnement en eau des pays industrialisés qu’aux puits protégés des pays en développement.

De récentes flambées de maladies en Amérique du Nord, au Japon et en France, ont montré ce qui peut arriver si on ne maintient pas la vigilance. Et l’hépatite E qui s’est propagée dans les camps de réfugiés du Darfour, au Soudan, n’est qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont les maladies hydriques touchent les populations pauvres.

Une approche préventive plutôt que corrective

Selon le Dr Kerstin Leitner, sous-directeur général de l’OMS pour le développement durable, « il s’agit d’un changement d’orientation extrêmement important du point de vue de la santé publique. Ces directives révisées permettront aux gestionnaires de la santé publique de s’attacher davantage à la prévention de la contamination microbienne et chimique des ressources en eau ».

Le Dr Michael Rouse, président de l’International Water Association (IWA) va même plus loin. Ces nouvelles directives, selon lui, constitueraient « la nouveauté la plus importante en matière de santé publique liée à l’eau depuis l’introduction du chlore ». Elles devraient donc être intégrées dans les réglementations du monde entier.

Traditionnellement, explique-t-on à l’OMS, la réglementation de l’eau de boisson insistait sur la détection des contaminants chimiques et biologiques des échantillons d’eau. Ce faisant, on ne détecte les problèmes que longtemps après que l’eau a été consommée. C’est-à-dire trop tard.

Cette troisième édition des directives OMS sur la qualité de l’eau de boisson comprend de nouveaux conseils sur la manière de les appliquer dans des contextes particuliers comme les situations d’urgence et les catastrophes. Elle propose également une mise à jour des valeurs limites recommandées des produits chimiques dans l’eau de boisson et des méthodes pratiques de détection. (bw)


Source : OMS, communiqué de presse du 21 septembre 2004

- Les directives de qualité OMS pour l’eau de boisson (Texte intégral, à télécharger, en anglais seulement)

- Thème « Eau de boisson » sur le site de l’OMS

- The International Water Association (IWA) (en anglais seulement)

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Faits et chiffres

- Une étude récente entreprise auprès de 400 ménages d’un camp de réfugiés du Malawi a indiqué que le seul fait d’utiliser un récipient couvert muni d’un bec diminuait considérablement la contamination de l’eau et réduisait de 31 % les cas de maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans.

- Le problème de l’arsenic présent naturellement dans l’eau de boisson au Bangladesh demeure une source de préoccupation, notamment à cause du nombre de personnes touchées. Environ 35 millions de personnes dans ce seul pays consomment une eau qui contient des taux élevés d’arsenic.

- Les communautés des Iles du Pacifique se heurtent à des difficultés logistiques importantes dans l’organisation de l’approvisionnement en eau potable. Un suivi préventif y serait sans doute plus utile que l’approche classique par échantillonnage. Les réservoirs d’eau douce des atolls, qui sont vulnérables, exigent une gestion globale et une participation du public.

- les systèmes d’approvisionnement en eau ne fonctionnent que par intermittence dans plusieurs pays, à cause des pénuries importantes d’eau douce, de l’insuffisance de l’entretien et de la médiocrité de la gestion. Il faut contrôler davantage la qualité de l’eau de boisson, car la détérioration de la qualité de l’eau dans le système d’approvisionnement et les installations des ménages pour le stockage de l’eau survient même lorsque la canalisation de l’eau est assurée.

- Le fait que plus d’un tiers des décès d’enfants de moins de cinq ans en Amérique latine et aux Caraïbes soit dû à des maladies transmissibles souligne le rôle essentiel que la fourniture d’une eau de boisson potable et fiable peut jouer dans la réduction de la mortalité infantile.

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