aqueduc aqueduc
Aqueduc > La Lettre > Lettres 2003
aqueduc
vos avis

Lettre oct 2003

octobre 2003

LETTRE n° 02


"LITTÉRATURE ET LACS"

Sous ce titre et dans le cadre de l’Année internationale de l’eau douce, l’Association Montanea a organisé le 24 septembre 2003 à Chambéry (Savoie, France) un colloque réunissant une palette de spécialistes ès lettres. Cette nouvelle livraison d’aqueduc.info tente de se faire l’écho de quelques-uns des bons moments de cette journée.

Au total, une bonne douzaine de contributions comme autant d’invitations à la relecture ou à la découverte d’auteurs et de textes dont on ne saurait se passer dès lors qu’on se lance dans ce genre de pèlerinage littéraire.

Certes, on pouvait se sentir un peu frustré par un parcours thématique limité - hors quelques brèves excursions anglaises, germaniques ou orientales - à des itinéraires francophones européens. Ou encore par le fait d’avoir privilégié le discours des ’exégètes’ à celui des écrivains, romanciers ou poètes.

Reste que la démarche - rien n’empêche de la poursuivre et de l’enrichir - apporte quelque chose d’essentiel à la compréhension du développement durable qui serait incomplète si on la limitait aux seules composantes écologiques, économiques et sociales.

Quand on sait la place fondamentale que l’eau occupe dans le symbolisme et l’imaginaire humains, il est grand temps de prendre aussi en compte les dimensions (multi)culturelles de cet élément indispensable à toute vie. C’était tout l’intérêt de ce colloque bienvenu.

Bernard Weissbrodt


Alphonse de Lamartine, évidemment…

O lac ! rochers muets ! grottes ! forêts obscures ! / Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir, / Gardez de cette nuit, gardez belle nature, / Au moins le souvenir !
(Le Lac, Méditations poétiques)

Se déroulant à une poignée de kilomètres du Lac du Bourget (photo), ce colloque ne pouvait évidemment pas faire abstraction du "poème des eaux" né sur ses rives. Et dont Mireille Védrine, conservateur aux Musées d’Art et d’Histoire de Chambéry, n’hésite pas à dire qu’il est sans nul doute possible "le plus célèbre" sur le thème "Littérature et Lacs". Lire>

JPG - 3.2 ko


Le lac pour Stendhal :
décor d’opéra et promesse de bonheur

"Rien d’aussi beau ne peut se voir au monde, / du moins pour mon coeur. / A quoi bon aller si loin chercher le bonheur, / il est là sous mes yeux !"
("La Chartreuse de Parme")

Existe-t-il des paysages dont on puisse dire qu’ils sont "parfaits" ? c’est-à-dire qu’ils réalisent un absolu comblant du rêve, au point qu’ils ne laissent "rien à désirer" ? Pour Stendhal - c’est la réponse que donne Philippe Berthier, professeur à la Sorbonne Nouvelle - "les lacs italiens, et tout particulièrement le lac de Côme (photo), ont été cette utopie miraculeusement incarnée, un lieu improbable et pourtant vrai, où le regard et le cœur s’épanouissent dans un espace idéal, répondant à toutes les attentes de l’être." Lire>

JPG - 3.4 ko


Pittoresque ou sublime,
jadis le Lac de Chède

Étrange destinée que celle du petit Lac de Chède, dans la Vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, sur la route de Chamonix. A son sujet, écrivains et poètes - Hugo, de Saussure et autres - mais aussi peintres et graveurs n’ont pas lésiné sur les superlatifs : magique, pittoresque, sublime, mystérieux, superbe, enchanteur, et on en passe. Hélas pour les esprits romantiques, artistes ou voyageurs, ce "joli réservoir" devait disparaître un beau jour de 1837, dévasté par un glissement de terrain. Lire>

JPG - 4.9 ko
Samuel Birmann
Lac de Joux ou de Chède
aquarelle, 1823


Comment Gesner mit fin à une légende maléfique…

Étonnante recherche que celle entreprise par Michael Jakob, professeur à l’Université Stendhal de Grenoble : il s’est mis en tête de retrouver les premiers textes évoquant des lacs de montagne. A ses yeux, le document décisif est la "Lettre sur l’admiration de la montagne" écrite en 1555 par le Suisse Conrad Gesner, par ailleurs auteur d’une célèbre et monumentale Bibliotheca Universalis. Cette lettre marque en effet la fin du mythe maléfique attaché jusque-là à la montagne. Lire>

JPG - 3.5 ko
Lac des Quatre-Cantons
vu du Pilate
(photo © suisse-tourisme)


Les "zigzags" de Töpffer passaient aussi par les lacs

De 1825 à 1841, le professeur et écrivain genevois Rodolphe Töpffer avait pris chaque été l’habitude de parcourir les Alpes avec ses élèves. De ces excursions pédestres, il a ramené de savoureux "Voyages en zigzag". Les occasions ne leur ont pas manqué de longer ou de traverser les lacs suisses, savoyards et italiens. Mais quels contrastes, à les parcourir, entre la beauté des paysages et la bêtise humaine ! C’est en tout cas la lecture qu’en fait André Palluel-Guillard, Professeur émérite de l’Université de Savoie (Chambéry). Lire>

JPG - 6.4 ko


Le "silence bleu" des poètes contemporains

Jean-François Perrin, professeur à l’Université Stendhal de Grenoble, imaginait trouver des trésors sur le thème du lac de montagne dans la poésie française la plus contemporaine. "Or, dit-il, je me trompais. Non seulement le lac de montagne mais le lac en général, n’intéresse pas les poètes français modernes..." Lire>

JPG - 5.2 ko
Paul Cézanne
Le Lac d’Annecy, 1896

Share/Bookmark
 
retour

Petits ronds dans l’eau…

Comme de rapides ricochets sur la surface du lac, quelques-uns des autres thèmes abordés par le colloque de Chambéry. Lire>

plan du site     |     imprimer     |     rss