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Lettre été 2003

juin 2003

LETTRE n° 0 ter


Le confluent de l’Aar et de la Limmat rendu à la nature

Au premier jour de l’été, les riverains du confluent de l’Aar et de la Limmat, dans le canton d’Argovie, ont fêté la "revitalisation" de leur "château d’eau". C’est le plus important projet de renaturalisation de zones alluviales jamais réalisé en Suisse par une organisation privée.

Ce n’est pas pour rien que le canton d’Argovie (en allemand : Aargau), au nord-ouest de la Suisse, a mis de l’eau dans ses armoiries. C’est sur son territoire que se rejoignent trois grandes rivières (l’Aar, la Reuss et la Limmat) qui arrosent quasiment la moitié du pays avant de se jeter dans le Rhin quelques kilomètres plus loin.

Le canton d’Argovie est aussi l’un des rares États au monde (le seul, disent les Argoviens) qui a infoduit dans sa constitution l’obligation de protéger les zones alluviales. Décision prise lors d’un vote populaire en 1993 déjà.

Cinq ans plus tard, Pro Natura, organisation suisse de protection de la nature, et sa section Pro Natura Argovie achetaient au confluent de la Limmat cinq hectares de terrain agricole qu’elles voulaient rendre à la nature. Prix de l’opération : un demi-million de francs suisses. Lire>


Escales culturelles à La Chaux-de-Fonds :
POINT(S) D’EAU dans une vallée sèche...

La Chaux-de-Fonds, ville horlogère du Haut-Jura neuchâtelois, n’a ni lac, ni fleuve, ni rivière. Mais lorsque ses cinq musées et sa bibliothèque décident d’organiser leurs expositions temporaires 2003 autour d’un thème commun, c’est d’abord à l’eau qu’ils pensent. À cause de cette absence, sans doute. Du 6 avril au 14 septembre, chacun de ces lieux culturels décline l’élément aquatique à sa façon.

"Le sujet était trouvé, explique Hughes Wülser, délégué aux affaires culturelles de la ville. Il pouvait être traité d’un point de vue scientifique, historique, économique, esthétique, littéraire, symbolique, etc. Donc chacune des institutions avait la possibilité d’éclairer un chapitre de ce roman protéiforme qui façonne l’histoire de toute communauté."

Des images aquatiques des peintres chaux-de-fonniers aux poèmes et autres écrits inspirés surtout par la proximité du Doubs, en passant par l’histoire géologique de la région, par sa quête incessante de l’eau quotidienne et par les innovations techniques indispensables à sa croissance économique, voilà un itinéraire tout tracé qui mérite escale(s).

Une invitation aussi à toujours regarder l’eau non pas avec des œillères - celles du chimiste ou du naturaliste, du paysan ou de l’ingénieur, de l’artiste ou du poète, etc. - mais avec les visions complémentaires qu’en ont les uns et les autres. Bref, l’eau sous toutes ses formes et dans tous ses états. Et sous toutes altitudes et latitudes. Dossier>


AU FIL DE L’EAU (quand il en reste...)

Le Rhône au Barrage de Verbois, pendant la vidange

Tous les trois ans, la Compagnie nationale (française) du Rhône procède à une opération qui répond au nom peu engageant de "chasses du Rhône". Entendez par là que l’on ouvre les vannes du barrage de Génissiat pour en dégager alluvions et sédiments et les laisser partir vers le Sud et la Méditerranée. Depuis la fin des années 60, les barrages hydroélectriques genevois de Verbois et Chancy-Pougny font de même. Le résultat, c’est un décor grisâtre de régions maritimes à marée basse, effluves comprises. A preuve, cette photo prise le 27 mai dernier au barrage de Verbois, évidemment abandonné des foulques, morillons et autres canards, plongeurs ou non.

Petit essai de comparaison, un peu plus en amont, du côté de la passerelle et du pont (autoroutier) de Chèvres. Avant la vidange du barrage : un Rhône d’eaux calmes et bleues (5 mars 2003). Pendant : à la façon d’un torrent boueux et malodorant (27 mai 2003). Photos©aqueduc.info


À VOS (PETITS) ATLAS

Atlas mondial de l’eau
"Une pénurie annoncée"

de Salif Diop et Philippe Rekacewiczé,
Éditions Autrement, Paris,
64 pp., 2003

Une soixantaine de pages et autant de cartes et graphiques, des textes concis, précis et clairs : ce document-synthèse (dont on aurait préféré qu’il soit en format de poche plutôt qu’en 24,5 x 17) est une adaptation de "Vital water graphics : an overview of the state of the world’s fresh and marine waters" publié l’an dernier par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Dans une présentation qui fait davantage penser à un manuel scolaire qu’à un ouvrage scientifique, cet Atlas fort bienvenu insiste sur quelques grandes questions-clés pour l’avenir de cette ressource vitale. On y parle hydrographie, géographie de la biodiversité, hyper-consommation et pollution, réchauffement climatique, etc.

Avec, en prime, six exemples "géopolitiques" où se mêlent enjeux stratégiques, humains et environnementaux : Proche-Orient, Mésopotamie, Mer Noire, Caspienne, Mer d’Aral et Lac Tchad.

Pour tout dire : un véritable outil de référence, simple mais précieux, qui devrait rendre service à bien des étudiants, enseignants et journalistes, sans oublier les politiciens.


Atlas suisse de l’eau
édité par la Fédération suisse
des aveugles et malvoyants
Lausanne, 80 pp., 2003

Après les villes, les montagnes et autres thématiques déjà abordées par les publications annuelles de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants, voici l’Atlas suisse de l’eau. Par delà son contenu très pratique et accessible à tous, ce petit manuel (format 17,5 x 12,5, 80 pages) se veut aussi une "invitation aux plaisirs des sens". C’est que les aveugles et les malvoyants auraient sans aucun doute beaucoup à raconter sur leurs manières à eux de percevoir l’élément eau.

En quelques lignes, l’infoduction de ce guide des "aquaphiles" pousse à redécouvrir les milieux de l’eau en fermant les yeux et en faisant appel au goût (l’eau inodore et sans saveur n’existe pas à l’état naturel), à l’odorat (l’eau nous fait percevoir une véritable symphonie de fragrances), à la peau (capable de communiquer des impressions aquatiques intenses) ou aux oreilles (qui peuvent s’ouvrir à des sons jamais entendus).

Cet "Atlas suisse de l’eau" propose un tour d’horizon des eaux suisses en sept chapitres (météo, sol, vie, eaux, trafic, technique, culture) assortis de huit cartes hydrographiques simples sur les bassins versants, la pluviométrie, les nappes phréatiques, les zones marécageuses, les voies navigables, les centrales hydroélectriques, etc. ainsi que trois tableaux recensant les principaux lacs, cours d’eau et glaciers de Suisse. (bw)

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Aux amis

Chose promise, chose due : voici le numéro <0.3> de la lettre d’AQUEDUC.info. Le cap vers le mois de septembre est maintenu, avec le petit rhabillage de site annoncé et une lettre qui portera enfin le chiffre <1>. En principe sous le même format, avec, lorsque l’actualité le demandera, l’un ou l’autre "flash" en version "light".

Les échanges avec certain(e)s d’entre vous m’ont conforté dans mon idée et fait avancer le projet. Rendez-vous est donc pris pour l’automne. D’ici là, j’espère que la canicule ne vous aura pas privés d’eau douce (ni d’autres liquides) et que vous aurez peut-être pris plaisir à fréquenter quelques torrents impétueux ou ruisseaux pépères, sans parler des grandes gouilles d’eau salée... À bientôt !

Bernard Weissbrodt


L’eau plate d’Évian
(commentaire)

Quelques mois avant le Sommet du G8 à Évian, on pouvait lire, ici et là, qu’il y serait beaucoup question d’eau. Cela faisait bien dans le décor des eaux minérales et dans celui de l’Année internationale de l’eau douce.

Mais ce n’était que mirage dans l’oasis des chefs d’État. Ils avaient tant d’autres choses à se dire, sans doute plus urgentes et plus importantes à leurs yeux que les problèmes de survie de centaines de millions de gens privés d’eau potable.

À Évian (G8) comme à Annemasse (altermondialistes), rien de neuf. Chaque camp n’a fait que répéter son discours dans son coin et peaufiner son vocabulaire. Mais le dialogue stagne au niveau zéro. On savait l’eau d’Évian peu minéralisée. Celle qu’on y a servie début juin était désespérément plate. Lire>

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