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22 novembre 2007.

Les marais de Suisse ont beaucoup perdu en qualité

L’Office fédéral de l’environnement publie les résultats du suivi de (...)

L’Office fédéral de l’environnement publie les résultats du suivi de la protection des marais réalisé depuis dix ans. Sans l’initiative populaire votée en 1987, de nombreux marais suisses auraient aujourd’hui définitivement disparu. En revanche, la baisse de qualité des marais s’est accentuée. La situation devrait s’améliorer grâce à la régénération et à la réduction des apports en substances nutritives.

Les marais ne couvrent que 0,5 % du territoire national, mais ils abritent environ un quart des espèces végétales menacées en Suisse. Grâce à l’initiative dite de Rothenthurm, approuvée en votation populaire le 6 décembre 1987, il a été possible de renforcer considérablement la protection des marais et des biotopes de Suisse.

Aujourd’hui, les marais et les sites marécageux d’importance nationale sont inscrits dans des inventaires fédéraux et quelque 90% d’entre eux sont protégés par le droit cantonal. Leur protection a permis de limiter le recul de leur surface à 1% sur une période d’observation de cinq ans.

Mais, dans le même temps, la qualité des marais protégés s’est en revanche largement détériorée. Cela s’explique par plusieurs facteurs :

  • les systèmes de drainage installés il y a plusieurs dizaines d’années continuent d’influencer négativement les conditions de vie dans les marais
  • l’infiltration d’engrais provenant de prairies et de pâturages voisins exploités intensivement entraînent une dégradation des marais
  • les bas-marais en friche qui ne sont plus exploités par l’agriculture et les hauts-marais qui s’assèchent peuvent s’embroussailler rapidement et se transformer en forêts
  • lorsque les marais s’assèchent, l’air pénètre dans le sol et la tourbe se décompose, ce qui libère du dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre.

La nécessaire collaboration des agriculteurs

Pour remédier à l’assèchement et à l’embrousaillement, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) entend mettre l’accent sur la régénération des marais : en cessant de les drainer, en comblant les anciens fossés et en bouchant les conduites, on peut rétablir le régime initial des eaux. Le processus de régénération peut durer plusieurs dizaines d’années, mais le suivi a prouvé qu’il permet aux hauts-marais de recommencer à croître.

On peut citer en exemple le site de l’Étang de la Gruère (Canton du Jura). La tourbe y a été exploitée jusqu’en 1943 à des fins de chauffage. Le haut-marais s’est asséché et les épicéas constituaient une menace grandissante pour la végétation typique. Dans les années 80, un projet de régénération a permis de combler les galeries de drainage aménagées pour l’exploitation de la tourbe. Cette mesure est maintenant efficace : les épicéas, qui n’apprécient pas le sous-sol humide, meurent et la végétation typique reprend possession de son habitat initial.

La collaboration avec les milieux agricoles est essentielle pour résoudre le problème des apports en substances nutritives dans les marais - surtout les bas-marais. Ces apports peuvent en effet être éliminés efficacement par la délimitation de zones-tampon suffisamment larges. (Source : communiqués OFEV)

Plus d’informations sur le site de l’OFEV




Infos complémentaires

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Haut-marais de Chaltenbrunnen (Berne)

:: Hauts-marais et bas-marais : deux habitats différents

Un marais se crée lorsque le sol est saturé d’eau. De tels sites ne peuvent être colonisés que par des espèces végétales spécialisées. On distingue deux types de marais, en fonction de la provenance de l’eau :

- les hauts-marais ne sont alimentés en humidité que par les précipitations, ils sont extrêmement pauvres en substances nutritives mais riches en tourbe ;

- les bas-marais, également alimentés par les précipitations, le sont aussi par les eaux souterraines minérales. Contrairement aux hauts-marais, ils se développent le plus souvent sur des surfaces agricoles qui ont été défrichées mais pas complètement drainées.

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Site marécageux de Lussy (Fribourg). Photos OFEV : Hintermann & Weber

:: Sites marécageux

Les sites marécageux sont des paysages proches de l’état naturel, caractérisés par la présence de marais. Les parties non marécageuses sont étroitement liées aux marais du point de vue écologique, visuel, culturel ou historique.

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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