AccueilInfosDossiers2004, Année internationale du riz

2004.

Les écosystèmes des rizières : une biodiversité aquatique à sauvegarder

L’un des objectifs de l’Année internationale du riz (2004) est non (...)

L’un des objectifs de l’Année internationale du riz (2004) est non seulement d’améliorer la production rizicole mais aussi de contribuer à la conservation et à l’utilisation durable des ressources biologiques que constituent les écosystèmes des rizières. On pense en particulier à la contribution que les espèces sauvages aquatiques animales et végétales apportent aux moyens d’existence ruraux.

JPEG - 11.8 ko
Batik artisanal malgache (aqueduc.info)

Au départ, une triple réalité : les rizières hébergent une multitude d’espèces animales et végétales aquatiques, les populations rurales y trouvent de quoi améliorer leur alimentation, mais la pression démographique toujours plus forte fait peser des menaces sur la quantité et la qualité de ces ressources aquatiques.

Pendant cette Année, il est prévu que de nouvelles études sur le rôle nutritionnel des ressources aquatiques soient réalisées et que des efforts accrus soient entrepris pour la formation des producteurs de riz.

Les écosystèmes des rizières abritent de très nombreuses espèces sauvages (poissons, plantes, amphibiens, reptiles, mollusques, crustacés, insectes) pour la plupart pêchées, ramassées ou cultivées comme ressources nutritionnelles et médicinales.

Autrement dit, la faune aquatique des systèmes liés à la riziculture fournit aux familles de cultivateurs une part importante de la ration en protéines, en acides gras essentiels et en nutriments et constitue pour elles une sorte de filet de sécurité en cas de mauvaise récolte ou de pénurie alimentaire.

JPEG - 7.3 ko
Cultures associées de riz et de palmiers à huile (photo EcoPort-Chindilla)

Mais depuis quelques décennies, on assiste à l’épuisement progressif de ces ressources aquatiques sauvages. Parce que la population rurale est en constante augmentation. Parce que cette pression démographique se traduit par des méthodes de pêche ou autres pratiques peu respectueuses de l’environnement. Et parce que diverses formes de pollution, notamment celle engendrée par le recours aux pesticides et aux engrais chimiques, causent d’importants dégâts au milieu naturel.

De la rizipisciculture au riz-crevette…

La rizipisciculture est une technique piscicole complémentaire de la culture du riz irrigué en casiers : ceux-ci constituent en fait des plants d’eau temporaires, peu profonds, dont le niveau fluctue en fonction des pratiques culturales du riz.

L’intérêt de cette activité réside d’une part dans l’utilisation de l’aliment naturel et de surface de l’eau par le poisson, d’autre part dans le fait que le riz profite du fumier produit par le poisson.

JPEG - 7.7 ko
Le poisson de rizière : un plus dans l’alimentation quotidienne (photo EcoPort-Diemer)

L’élevage du poisson en rizipisciculture a des caractéristiques générales propres, à savoir une durée d’exploitation assez courte et des conditions de milieu sévère du point de vue de la température des eaux et de leur oxygénation, mais relativement favorable du point de vue de la nutrition.

Selon certains experts, la rizipisciculture peut simultanément accroître les récoltes de riz (parfois jusqu’à 10 %) et fournir aux agriculteurs une source importante de protéines. Et donc aussi un revenu supplémentaire. Cette combinaison de riziculture et de pêche semble relativement peu coûteuse et sans grands risques.

Parallèlement, et selon la même idée de cultures associées, plusieurs recherches sont en cours en vue de mettre au point un système de culture riz-crevettes (d’eau douce), ce qui générerait de nouvelles rentrées de devises grâce à l’exportation de ces crustacées.

Mais le développement d’une telle pratique réclame en tout cas deux choses : une adaptation méthodique aux différentes conditions locales et une grande collaboration entre les biologistes spécialistes des crevettes, les agronomes de riziculture et les ingénieurs en hydraulique.

(Sources : FAO et Centre de recherches pour le développement international)




Infos complémentaires

JPEG - 3 ko

Rizières et malaria : la biodiversité
a ses revers

En pays tropical, qui dit rizières et eaux stagnantes, pense aussitôt moustiques et paludisme. Les risques de maladies sont très réels et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en a fait l’inventaire. Entre autres exemples :

- si les habitations sont proches des rizières (il est donc souhaitable de créer des ceintures de cultures sèches autour des villages)

- si des insecticides sont employés pour lutter contre les parasites du riz et qu’ils tuent aussi les prédateurs aquatiques qui se nourrissent de moustiques

- si on laisse pourrir les résidus de plantes anciennes dans des rizières fraîchement inondées.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


Contact Lettre d'information