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Le puits, au cœur de la vie des Borans (Kenya)

La majorité des Borans (que l’on désigne aussi parfois sous le nom d’Oromos, un peuple dont ils sont issus de longue date) habitent en Ethiopie, mais une partie d’entre eux s’est toutefois installée dans le nord du Kenya. C’est auprès de ces derniers que l’anthropologue suédoise Gudrun Dahl a cherché à savoir comment ils concevaient leurs rapports avec l’eau et avec leurs puits.
7 novembre 2003

Les Borans sont des éleveurs et toutes leurs activités de subsistance s’organisent autour de leur bétail, ce qui les oblige, à intervalles réguliers, à se déplacer avec leurs troupeaux pour trouver eau et pâture indispensables.

Waqa, Dieu du ciel et des nuages

La cosmologie des Borans, explique Gudrun Dahl, repose sur le dieu Waqa, littéralement dieu du ciel et des nuages qui, parce que ce sont eux qui fournissent la bénédiction des pluies, ont valeur de symboles de fertilité. Rivières et points d’eau sont bien évidemment au cœur de leur existence quotidienne.

Cela d’autant plus que les terres sablonneuses qu’ils occupent et parcourent les obligent à entreprendre des travaux gigantesques pour aménager les puits. Non seulement il faut creuser profond, mais la nature du sol fait qu’il est bien difficile de les étayer durablement.

Chaînes humaines...

La quête de l’eau se fait donc au travers de chaînes humaines disposées verticalement, du haut en bas du puits, où les seaux d’eau en peau de bête sont passés de mains en mains, au rythme des chants d’accompagnement.

Le puits joue bien évidemment son rôle social et les droits à l’eau reposent comme partout ailleurs sur des règles bien établies, à commencer par celle qui détermine l’ordre de passage.

...et hiérarchies

Celui qui a creusé le puits et ses descendants ont ainsi la priorité, ce qui veut dire qu’il est primordial à la société boran d’entretenir la connaissance de ses généalogies !

Viennent ensuite ceux qui ont abattu les bœufs de la fête d’inauguration du puits, puis les anciens et autres notables de la communauté. L’abreuvement des animaux obéit également à des protocoles hiérarchiques particuliers.

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Jadis, c’est aux jeunes que revenaient essentiellement les divers travaux autour du puits. Aujourd’hui, alors que les communautés nomades ont dû elles aussi se résoudre à laisser partir leurs forces vives vers les villes pour y chercher du travail, ce sont les filles restées sur place qui doivent prendre la relève. On devine sans peine les conséquences que ces mutations sociales vont à la longue provoquer dans les structures familiales des Borans.
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