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Le moustique et la goutte d’eau, ou comment se sortir d’un combat inégal

Comment expliquer que la pluie n’empêche pas qu’un moustique continue de voler comme si de rien n’était alors qu’une simple goutte d’eau pèse cinquante fois son poids, sans parler de la force d’accélération résultant de sa chute et qui accroît la violence de l’impact ? Des chercheurs de l’Institut technologique de Géorgie, aux États-Unis, livrent leur réponse : si le moustique sort indemne de ces collisions, c’est grâce à sa faible masse et à son exosquelette.
7 juin 2012

Schématiquement, un moustique et ses 3 millimètres de longueur, c’est un poids plume de 2 milligrammes, et la goutte de pluie, d’un diamètre variant de 2 à 8 millimètres de diamètre, peut peser jusqu’à une centaine de milligrammes et tombe à une vitesse de 9 mètres par seconde. Comment l’insecte parvient-il à survivre à pareil choc ?

Une équipe de l’Institut technologique de Géorgie d’Atlanta, emmenée par David L. Hu, chercheur en biologie et en mécanique, vient de publier une étude (*) dans laquelle elle livre les conclusions de ses expérimentations. Pour ce faire, ces spécialistes ont eu recours dans leur laboratoire à un simulateur de pluie en milieu fermé produisant des averses d’intensité variable et des gouttes de pluie de 3 à 5 millimètres. Dans cette installation, ils ont ensuite placé un appareil vidéo extrêmement performant pouvant capter jusqu’à 4’000 images par seconde. Enfin, ils ont soumis à leurs tests des moustiques anophèles, ceux-là mêmes qui propagent la malaria et qui infestent les régions chaudes, humides et pluvieuses. Après quoi ils ont compilé dans leurs ordinateurs les données concernant les forces et les accélérations enregistrées lors des impacts auxquels, soit dit en passant, tous les insectes ont survécu.

Ils ont calculé qu’un quart environ des gouttes d’eau tombent directement sur les moustiques et qu’en cas de pluie intense, ils peuvent subir un impact toutes les 25 secondes. Lorsqu’ils sont déséquilibrés ou heurtés de front par une goutte d’eau, ils ne cherchent pas à résister mais accompagnent le mouvement de chute, profitent de leur robuste squelette externe (exosquelette) pour repousser l’eau, entrent en rotation avec elle et finissent tout en souplesse par se rétablir sur le côté grâce à leurs ailes et leurs longues pattes, à condition bien sûr de ne pas être trop proches du sol. C’est comme lorsqu’on tape dans un ballon, expliquent les chercheurs : vu qu’il n’offre pas de résistance aux coups, il n’y a pas moyen de le faire exploser !

David L.Hu et ses collègues ont l’intention de poursuivre leurs études sur les moustiques dans leurs milieux naturels et dans diverses conditions météorologiques, brouillard, grêle ou autres. Puis viendra peut-être la recherche d’éventuelles applications pratiques, militaires notamment, par exemple pour l’amélioration de l’aérodynamique des micro-robots volants (Source : PNAS).

(*) A.K. Dickerson, P.G. Shankles, N.M. Madhavan, D.L. Hu, "Mosquitoes survive raindrop collisions by virtue of their low mass", 2012, Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)

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