AQUA 2005 : le fontainier, homme de confiance
Fontainier. Le mot – qui sonne beaucoup mieux que l’administratif « agent d’exploitation de réseau d’eau » - fait remonter à la mémoire les images de l’époque où l’on se rendait avec des seaux à la fontaine du village pour y puiser l’eau dont on avait besoin.
Le fontainier – selon le dictionnaire Littré qui lui préfère l’orthographe ‘fontenier’ – est « celui qui est chargé de la surveillance ou du service des fontaines publiques ». Ou encore « celui qui fabrique ou vend des fontaines de grès, de cuivre, etc. pour l’usage domestique ». Voire « celui qui va à la recherche des sources ».

- Concours de montages de conduites et de branchements © aqueduc.info
Le mot fontainier renvoie aussi, dans un imaginaire plus récent, à l’un des personnages de Pagnol dans « Jean de Florette » et « Manon des sources » : Ange était « paysan et fontainier, c’est-à-dire qu’il surveillait le tuyau de deux kilomètres qui amenait l’eau à la fontaine ; de plus, il réglait le débit des ‘prises’ qui alimentaient au passage les petits bassins des potagers. »
Dans le Valais suisse, la fonction de fontainier fait également penser aux célèbres « gardes du bisse » qui avaient en charge la surveillance des systèmes d’irrigation. Leur responsabilité était grande, note l’historien Denis Reynaud : « une simple rupture du bisse qu’on négligerait de réparer à temps pourrait provoquer d’énormes dégâts aux terres en aval du canal ».
Dans certains pays d’Afrique, le mot est aussi d’actualité : ici et là, des fontainiers sont choisis par les communautés de villages et formés par des « compagnons fontainiers » pour réparer les dommages qui surviennent aux adductions d’eau, remplacer une vanne ou un robinet, nettoyer le réservoir ou la source.
Indispensable à la vie des collectivités
Les organisateurs du Salon AQUA Pro ont eu la bonne idée d’offrir aux fontainiers romands l’occasion, durant toute une journée, non seulement de se rencontrer mais aussi de se faire mieux connaître. Une journée qui plus est assortie, pour quatre équipes, d’un concours de montages de conduites et de branchements.
Ce qui n’est, faut-il le rappeler, qu’une partie des tâches qui leur sont confiées par les collectivités publiques. Les professions de l’eau sont désormais hautement techniques et réclament des formations « complètes et complexes » qui vont de la science hydraulique à la compétence informatique en passant par une bonne connaissance des impératifs d’hygiène publique. Car il y va de la qualité de l’eau potable distribuée aux citoyens. Ajoutez à cela que, de tout temps, la fonction de fontainier a réclamé la plus grande des disponibilités. Aujourd’hui encore, nombre de fontainiers, dans les communes, n’exercent leur activité qu’à temps partiel. Fontainier est donc un métier absolument essentiel à la société car, comme cela a pu être dit à Bulle, les usagers ont besoin de « pouvoir compter sur une gestion fiable et un entretien irréprochable de leurs réseaux d’eau ».
Un besoin de formation enfin pris au sérieux
Pourtant, commentent les fontainiers, chacun sait que les pouvoirs politiques n’ont eu longtemps qu’une « vague idée » de leurs tâches et de leurs compétences. Il a même fallu attendre l’an 2000 pour que la Suisse romande se dote enfin d’une filière officielle de formation de fontainiers. Grâce à la Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux, cette lacune est donc aujourd’hui résorbée et les candidats fontainiers ont la possibilité de viser l’obtention d’un brevet fédéral. Ils sont 77 à l’avoir déjà acquis et 20 autres participent au cycle de formation 2005. Soit au total une centaine de professionnels, dont une seule femme… !
La formation proposée par la SSIGE « permet à des professionnels disposant de l’expérience requise, d’acquérir de solides connaissances pour assumer au mieux les tâches de responsable de l’entretien, de l’exploitation et de la surveillance de la distribution d’eau ». Elle se déroule à Yverdon-les-Bains, pendant six semaines réparties sur une année, parallèlement à l’activité professionnelle des candidats.
A noter aussi la création, en 2001, d’une « Association des fontainiers de Suisse romande » qui s’est donné entre autres objectifs de promouvoir l’échange d’expériences entre fontainiers et autres professionnels de la distribution de l’eau. (bw)
Post-Scriptum (octobre 2008)
Depuis la création de la filière de formation en Suisse romande, 132 fontainiers ont obtenu le brevet fédéral et le cours prévu en 2009 affiche d’ores et déjà complet.
Les distributeurs d’eau potable ont l’obligation légale de pratiquer l’autocontrôle de la qualité de leurs services, mais ce n’est pas encore toujours le cas, car c’est une pratique relativement difficile à mettre en oeuvre, en particulier dans les petites communes ou les associations intercommunales qui ne disposent pas d’un personnel suffisamment doté de compétences spécifiques dans ce domaine ou ne sont engagés pour cela qu’à temps partiel.
Pour répondre aux besoins de ces petits distributeurs, la SSIGE propose désormais une formation de « Surveillant de réseau » organisée sur quelques jours et mieux adaptée aux acteurs des petits réseaux. Cette initiative rencontre un joli succès puisqu’en deux ans une bonne soixantaine de fontainiers y ont participé et reçu une formation qui leur permet dorénavant de mener leurs tâches de manière plus professionnelle et d’assumer leurs responsabilités en connaissance de cause.
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Le prix de l’innovation à un débitmètre électromagnétique allemand
Pour sa première édition, le Salon Aqua-Pro avait décidé de décerner un prix à l’entreprise se démarquant sur son stand de la façon la plus innovatrice, par la présentation d’une nouvelle technologie, d’un nouveau produit ou d’un nouveau concept. Cette distinction a été attribuée à l’entreprise allemande Krohne, spécialisée dans la mesure des flux liquides, qui présentait à Bulle son nouveau débitmètre électromagnétique « Optiflux ».
L’un des problèmes posés par les mesures de débit des liquides, explique-t-on au stand de l’entreprise, est la difficulté de prendre en compte les modifications souvent invisibles des conditions d’écoulement dans les canalisations. Exemple tout simple : celui des dépôts calcaires qui peuvent modifier leur configuration interne et donc influencer le débit sans que les appareils de mesure n’en perçoivent vraiment la cause.
Les ingénieurs de maintenance disposent désormais d’un appareil capable de leur fournir un diagnostic permanent et instantané sur toutes sortes de paramètres de leurs installations, comme la présence de bulles de gaz, les variations de pH, les corrosions et dépôts en tous genres, les revêtements endommagés, etc. Tout cela avec une vaste panoplie de capteurs et un seul convertisseur de mesures. Bref, un outil appelé à rendre sans doute d’énormes services dans les systèmes d’approvisionnements en eau potable comme dans de nombreux secteurs industriels.
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