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25 octobre 2007.

« Le fardeau croissant de la demande d’eau douce va devenir intolérable »

20 ans après le célèbre rapport de la Commission Brundtland qui a (...)

20 ans après le célèbre rapport de la Commission Brundtland qui a mis la notion de développement durable à l’agenda mondial, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) publie une nouvelle étude – la quatrième du genre – sur l’environnement pour le développement (GEO-4). S’agissant de l’eau, ce rapport met en évidence les conséquences pour l’environnement aquatique des changements climatiques, du mauvais usage et de la dégradation des écosystèmes, ainsi que de la surexploitation des réserves de pêche.

GEO-4, rédigé par près de 400 experts et révisé par un millier d’autres, évalue l’état de l’atmosphère, de la terre, de l’eau et de la biodiversité, décrit les changements intervenus dans les deux dernières décennies et identifie les actions prioritaires. Certes, il y a eu progrès dans le traitement de certains problèmes relativement simples et l’environnement fait partie intégrante des programmes politiques. Mais, constate le rapport, malgré ces avancées, les questions les plus difficiles à traiter et ce qu’il appelle « les problèmes persistants » sont loin d’avoir trouvé une solution. Pire, selon lui : aucun des problèmes majeurs soulevés dans le rapport « Notre futur commun » publié en 1987 par la Commission Brundtland ne connaît de prévisions d’évolution favorables. Ne pas traiter ces problèmes persistants peut anéantir tous les progrès accomplis et menacer la survie même de l’humanité.

Les ressources d’eau douce diminuent

Au cours des 50 dernières années, l’utilisation de l’eau douce pour l’agriculture, l’industrie et l’énergie a considérablement augmenté. Dans de nombreuses régions du monde, l’utilisation humaine de l’eau dépasse l’apport d’eau annuel moyen. Du fait de cet usage excessif de l’eau de surface et des nappes phréatiques, les ressources d’eau douce disponibles ne cessent de diminuer.

Pourtant, compte tenu des impératifs de la production alimentaire, les experts prévoient que l’utilisation d’eau dans les vingt prochaines années augmente de 50% dans les pays en voie de développement et de 18% dans le monde développé. D’ici 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays qui connaîtront une pénurie d’eau. Selon le rapport GEO-4, « le fardeau croissant de la demande d’eau deviendra intolérable dans les pays qui connaîtront une pénurie d’eau ».

Déclin de la qualité de l’eau

L’eau est polluée par des pathogènes microbiens et des nutriments en quantité excessive et la contamination de l’eau reste la cause la plus importante de maladie et de décès à l’échelle mondiale. La pollution microbienne due à des installations d’assainissement inadéquates, à un mauvais traitement des eaux usées et aux déchets animaux est un problème majeur. L’inquiétude grandit également quant aux impacts potentiels des produits d’hygiène personnelle et des produits pharmaceutiques (tels que les analgésiques et les antibiotiques) sur les écosystèmes aquatiques. Sans parler des atteintes à la santé constatées aux abords des côtes contaminées par les eaux usées.

Écosystèmes aquatiques en danger

De nombreux écosystèmes côtiers et marins et la plupart des écosystèmes d’eau douce continuent à se dégrader ou à disparaître, ainsi que leurs bienfaits pour l’humanité. La perte des terrains marécageux, par exemple, a changé les régimes d’écoulement, fait augmenter les inondations et réduit l’habitat de la faune. Les espèces d’eau douce et marine disparaissent plus vite que celles des autres écosystèmes. L’introduction d’espèces exotiques invasives a également perturbé les communautés dans de nombreux écosystèmes d’eau douce et côtiers.

Cycle de l’eau et changements climatiques

Sur le long terme, le cycle mondial de l’eau est perturbé par les changements climatiques, d’où de nouveaux dangers pour le bien-être humain et la santé des écosystèmes aquatiques nécessaires à la vie. Le réchauffement des océans et les changements des courants de surface modifient les tendances des précipitations. Faune et flore d’eau douce et marines s’en trouvent affectées. La multiplication et l’aggravation des sécheresses et des inondations sont la cause de malnutrition et de maladies hydriques, sans parler de la destruction des moyens de subsistance.

Problèmes simples sans réponses

Les experts du Programme des Nations Unies pour l’environnement disent ne pas vouloir peindre le diable sur la muraille : « l’objectif n’est pas de présenter un scénario catastrophe, mais un appel urgent à l’action ». N’empêche. Le bien-être de milliards de personnes dans le monde en développement est menacé et des problèmes relativement simples restent sans solution. Les réponses sont souvent lentes et ne prennent pas en compte l’ampleur des défis posés. Le principal étant, peut-être, que la planète vit aujourd’hui bien au-dessus de ses moyens. (Source : informations PNUE)




Infos complémentaires

:: Poisson :
demande en hausse,
stocks à la baisse

La consommation de poisson a plus que triplé au cours des quatre dernières décennies et la demande, pour répondre à la croissance de la population, devrait augmenter d’environ 1,5% par an au cours de la prochaine décennie.

Les subventions ont créé des capacités de pêche excessives, selon les estimations supérieures de 250% à la capacité nécessaire pour capturer la production durable des océans. Conséquence : les stocks de poissons d’eau de mer et d’eau douce déclinent, les prises stagnent ou ont commencé à baisser. Les prises marines totales ne se maintiennent qu’en allant pêcher plus loin des côtes et plus profond dans les océans. Ce qui se traduit par une grave perte de biodiversité.

L’exploitation du poisson d’Afrique de l’Ouest par les flottes russes, asiatiques et celle de l’Union européenne a été multipliée par 6 entre les années 1960 et les années 1990. Les redevances payées aux pays concernés ne représentent que 7,5% de la valeur de leur poisson une fois qu’il est traité. Cette surexploitation, qui affecte les moyens de subsistance, contraint de nombreux pêcheurs artisanaux d’Afrique de l’Ouest à émigrer vers certaines des régions qui exploitent leurs ressources.


:: Liens

Le site de GEO - Global Environment Outlook

Le site du PNUE - Programme des Nations Unies pour l’environnement

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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