“Le Rhône : hydrologie, géoarchéologie et sciences naturelles”
Cette nouvelle édition des colloques ‘Mémoires du Rhône’ a été principalement marquée par la présentation du livre « Le Rhône : dynamique, histoire et société », ouvrage collectif qui regroupe quelques-unes des contributions les plus significatives aux précédents colloques, de 2004 à 2008. Voir sa recension dans la rubrique Bibliographie
Occasion a été également donnée à la soixantaine de participants de visiter le château de la Porte du Scex qui s’apprête à accueillir dès le printemps 2010 le Musée historique du Chablais (avec un espace consacré au Rhône) et de mieux comprendre le fonctionnement d’une station de mesures hydrologiques (voir ci-contre).
Les principales contributions du Colloque 2009
Quinze années de recherches géoarchéologiques dans le delta du Rhône (France méditerranéenne)
par Gilles Arnaud-Fassetta, Professeur de géographie physique, Université Val-de-Marne, Paris 12
Pour qui s’intéresse à la façon dont les sociétés réagissent aux fluctuations à plus ou moins long terme de la dynamique fluviale, les quinze années de recherches faites dans le delta du Rhône, dans le Midi de la France, ont démontré l’intérêt de mener de front trois approches complémentaires : hydrographiques (analyses cartographiques), hydrologiques (études du dynamisme fluvial) et hydrauliques (histoire des réponses humaines aux modifications environnementales). D’où l’on peut déduire, par exemple en Camargue, que les crues du Rhône n’apparaissent pas comme une contrainte à l’installation durable des hommes le long des bras fluviaux du delta.
Histoire du réseau de mesures du Rhône
par Beat Sigrist, Chef de la section hydrométrie, Office fédéral de l’environnement, Berne
Le Rhône et ses affluents sont observés de manière systématique par les services de l’administration fédérale depuis la fin du 18e siècle. La Suisse dispose aujourd’hui de données hydrologiques fiables collectées sur une longue période et très utiles par exemple aux planificateurs de la troisième correction du Rhône. Le réseau de mesures s’est développé au fil du temps et sert aujourd’hui non seulement à la protection contre les crues et à la planification de l’énergie hydraulique, mais aussi au contrôle de la qualité des eaux. Son importance croît désormais avec le suivi des changements climatiques.
Le Rhône, la végétation et le temps
par Christian Roulier, Biologiste, Service conseil Zones alluviales, Yverdon-les-Bains
La végétation alluviale du Rhône est née de l’antagonisme entre la destruction et la recolonisation, un processus générateur de diversité : à court terme et à l’échelle du mètre carré, la crue détruit la vie ; à long terme et à l’échelle de l’hectare, elle favorise des espèces et des communautés pionnières de grande valeur naturelle. Des recherches menées entre autres sur le site de Finges, en Valais, ont permis d’élaborer un modèle grâce auquel il est possible d’identifier un stade d’évolution de la végétation ou de prédire le type de végétaux qui coloniseront les bords du Rhône après sa correction.
De la truite fario ’indigène’ à la perche soleil : quelle faune piscicole dans le bassin versant valaisan du Rhône ?
par David Theler, Géographe, hydrologue, Université de Lausanne.
Le Rhône alpin d’aujourd’hui présente une biodiversité piscicole extrêmement faible. Des 18 espèces recensées à la fin du 19e siècle, seules sept seraient encore présentes. La truite fario (salmo trutta), le poisson majoritairement présent dans les eaux courantes du bassin versant du Rhône, montre presque partout des altérations qui trouvent leur explication dans le brassage génétique mené durant des décennies dans les stations d’élevage qui recourent à des truites domestiques non indigènes.
Télécharger le programme du colloque et différentes informations sur les activités du groupe "Mémoires du Rhône"
- “Le Rhône : archéologie et histoire” lire>
- Le Rhône, remplissages sédimentaires et valeurs biologiques lire>
- Le Rhône : dynamique, histoire et société lire>
- Le Rhône a connu des essais de correction aux 18e et 19e s. lire>
- Rhône valaisan : un patrimoine à (re)découvrir lire>
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- Rencontres du Réseau Rhône - Givors (France) lire>
- La moitié des eaux du bassin du Rhône français sont en mauvais état écologique lire>
- “Le Rhône : archéologie et histoire” lire>
- Un site web pour partager des données sur le patrimoine du fleuve Rhône lire>
- Genève : la vidange du barrage de Verbois encore reportée lire>
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:: La Porte du Scex
Ce lieu jadis stratégique situé entre le Rhône et la paroi rocheuse doit son nom à sa situation topographique. ’Scex’ vient du latin saxum, rocher, et la Porte se réfère au lieu de passage routier et fluvial. Le château, construit au 17e siècle, contrôlait le trafic par voie de terre grâce à une porte précédée d’un pont-levis, et la traversée du fleuve se faisait par bac avant la construction d’un pont dans la seconde moitié du 19e siècle. En 1902, une crue du Rhône provoqua l’effondrement d’une partie du château. Partiellement restauré, le bâtiment est aujourd’hui classé monument historique d’importance fédérale.
:: La station fédérale de mesures hydrologiques de la Porte du Scex
Face au château, mais de l’autre côté du fleuve, sur sa rive vaudoise, une petite bâtisse abrite les installations de la dernière station hydrologique du Rhône avant le Lac Léman. Elle en mesure le niveau d’eau, le débit, la température, l’oxygène dissous, le pH, la conductivité et la turbidité. Ces différentes données sont télétransmises à la centrale de l’Office fédéral de l’environnement à Berne et sont consultables sur le site hydrodaten.admin.ch
Pour établir correctement la relation hauteur/débit du fleuve, il est nécessaire de mesurer le débit à différents niveaux d’eau. Ces jaugeages sont effectués à l’aide d’une installation téléphérique fixe (image ci-dessus) et d’un moulinet hydrométrique (ci-dessous). C’est l’appareil le plus utilisé pour la mesure des débits de cours d’eau.
(photos © aqueduc.info)