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La gestion de l’eau dans le bassin valaisan des Dranses est-elle durable ?

Après le bassin de l’Aubonne, dans le canton de Vaud, et celui, transfrontalier, de la Versoix, c’est le bassin des Dranses, en Valais, qui fait l’objet d’une troisième publication de l’Association pour la Sauvegarde du Léman et du Laboratoire d’Ecologie et de Biologie Aquatique de l’Université de Genève, dans le cadre des études ‘LEMANO’. Dans ce bassin, les chercheurs attribuent une relative bonne note pour sa gestion économique et une note moyenne pour les aspects écologiques et sociaux.
3 février 2011

On connaît l’objectif à long terme des études LEMANO dont aqueduc.info rend compte régulièrement. Depuis 2003, les chercheurs de l’Association pour la Sauvegarde du Léman (ASL) et du Laboratoire d’Ecologie et de Biologie Aquatique de l’Université de Genève se sont donné pour tâche à la fois de dresser un inventaire aussi complet que possible des usages de l’eau de la région lémanique, d’évaluer dans quelle mesure cette gestion de l’eau est conforme aux critères du développement durable et de proposer aux collectivités concernées un véritable outil d’aide à la décision leur permettant de fixer des mesures prioritaires. Les chercheurs ont pour cela, et par réalisme, choisi de limiter leurs analyses à quatre bassins versants, jugés représentatifs de la diversité des conditions de la région lémanique, à savoir les bassins de la Versoix (Ain-Vaud-Genève), de l’Aubonne (Vaud), des Dranses (Valais) et du Foron de Sciez (Haute Savoie).

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La Dranse en amont
d’Orsières
(Photos © ASL-D.Gilliéron)

Les résultats concernant le bassin des Dranses ont été présentés lors d’une séance organisée à la mi-janvier au siège des Services industriels de Bagnes, l’une des neuf communes concernées. L’étude note d’une part que des différences relativement importantes dans la gestion de l’eau existent entre ces diverses entités communales, notamment en matière de données disponibles et de scores obtenus pour les indicateurs qui servent de base au diagnostic. D’autre part, et d’une façon générale, ces communes font preuve de dynamisme et ont entrepris nombre de travaux dans les domaines de la distribution d’eau potable, d’assainissement des eaux usées et de valorisation énergétique de la ressource.

D’un point écologique, l’étude met en évidence l’impact significatif de l’industrie hydroélectrique sur les cours d’eau qui se traduit par exemple par des baisses très importantes des débits, une forte artificialisation des rivières et la disparition d’espèces piscicoles normalement observées en région alpine. Au final, l’état global du capital environnemental est considéré comme moyen (score de 63%), grâce principalement à la bonne qualité des eaux.

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La Dranse en amont
de Bovernier

Le capital économique est jugé globalement bon (score de 75%). Seuls deux paramètres présentent des résultats insuffisants, à savoir : le taux de raccordement aux infrastructures d’assainissement collectif et la qualité des effluents des stations d’épuration. Certains villages et hameaux ne sont pas raccordés aux réseaux de collecteurs et les concentrations d’ammonium dans les rejets sont généralement trop élevées.

Le résultat obtenu pour le capital social (score de 61%) est fortement pénalisé par trois facteurs : la population du bassin des Dranses n’est pas suffisamment informée de la qualité de l’eau potable distribuée, sa sensibilisation au respect de l’eau est jugée insuffisante et la collaboration entre acteurs de l’eau reste très sectorielle, ce qui empêche une véritable gestion intégrée à l’échelle du bassin versant.

L’évaluation LEMANO révèle cependant des marges d’amélioration possibles, ce qui devrait motiver les responsables à poursuivre leurs efforts, notamment dans les domaines de la valorisation des cours d’eau et de la collaboration intercommunale. (Source : informations ASL et Université de Genève)

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Modélisation du
bassin des Dranses
(extraite de
l’étude LEMANO)

:: Les Dranses
du Valais, en bref

- La Dranse, affluent de la rive gauche du Rhône dans son coude de Martigny, résulte de la confluence de trois rivières : la Dranse de Ferret, la Dranse d’Entremont et la Dranse de Bagnes.
- Les Dranses, qui ont leurs sources entre 2’300 et 2’700 mètres d’altitude, drainent un territoire de 679 km carrés.
- En 2008, la population vivant dans les limites du bassin des Dranses a été estimée à un peu plus de 19’000 habitants.
- L’industrie du tourisme induit une forte variation saisonnière de la population. Exemple : à Verbier, le nombre de nuitées passe de quelque 516’000 en hiver à 113’000 en été.
- L’étude a recensé près de 1’200 entreprises installées sur le bassin des Dranses et générant plus de 5’000 emplois
- Le bassin versant compte de nombreux captages et retenues pour la production d’hydroélectricité, en particulier le lac des Toules (Dranse d’Entremont) et le lac de Mauvoisin (Dranse de Bagnes).
- Les installations hydroélectriques du bassin des Dranses fournissent 2,2 % de l’énergie totale produite en Suisse et 4 % de l’énergie hydraulique.

(Données extraites de l’étude LEMANO disponible sur le site de l’ASL)

:: En savoir plus sur
les études LEMANO

- sur le site de l’Association pour la Sauvegarde du Léman
- sur aqueduc.info

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