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11 juillet 2011.

La fonte des glaciers alpins a des impacts sur toute l’Europe

Dans une étude publiée dans le journal scientifique Water Resources (...)

Dans une étude publiée dans le journal scientifique Water Resources Research, Matthias Huss, maître-assistant au Département de géosciences de l’Université de Fribourg, démontre que la fonte des glaciers suisses aura des conséquences importantes et à long terme non seulement pour les vallées alpines, mais aussi pour toute l’Europe.

Matthias Huss s’est appuyé sur des données détaillées, déjà disponibles pour 50 glaciers suisses, basées sur des mesures sur le terrain et sur un modèle informatique. Ces données ont été comparées à des mesures de débit le long de quatre fleuves - Rhin, Rhône, Danube, Pô - de leur source à leur embouchure. Il était ainsi possible de quantifier la part du débit se composant d’eau de fonte des glaciers durant les mois d’été.

Les résultats sont étonnants : plus d’un quart de l’eau du Rhône qui s’écoule dans la Méditerranée au mois d’août résulte de la fonte des glaces. Même aux Pays-Bas, 7% environ de l’eau du Rhin provient des glaciers alpins, bien qu’ils ne couvrent qu’une infime partie – moins de 2 pour mille – du bassin versant. Autrement dit, si l’apport des glaciers à l’écoulement du Rhin, du Rhône, du Danube et du Pô se tarissait, il en résulterait un recul significatif de leur débit pendant la période estivale. Cet effet serait particulièrement prononcé lors des vagues de chaleur comme ce fut le cas, par exemple, lors de l’été 2003.

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Lac d’eau de fonte du glacier du Gorner en Valais
(photo M.Huss - unifr.ch)

Le château d’eau de l’Europe bientôt à sec ?

Le futur recul des glaciers a été simulé à l’aide de scénarios climatiques et leur apport à l’écoulement des fleuves a été calculé jusqu’en 2100. Selon ces scénarios, les glaciers alpins perdront d’ici la fin du siècle jusqu’à quelque 90% de leur taille actuelle. Ils ne pourront donc presque plus alimenter les fleuves européens. Un fléchissement du débit aurait corrélativement des conséquences à long terme pour toute l’Europe, pouvant se traduire notamment par une restriction du trafic fluvial, une diminution de l’approvisionnement en eau potable ou des pertes dans la production des barrages hydroélectriques. (Source : Université de Fribourg)

- Matthias Huss, « Present and future contribution of glacier storage change to runoff from macroscale drainage basins in Europe.” Water Resources Research, Vol. 47 (2011)




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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