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17 novembre 2003.

La Suisse n’est pas si bonne élève que ça ! dit le WWF.

La deuxième phase de l’étude réalisée dans 20 pays européens sur la (...)

La deuxième phase de l’étude réalisée dans 20 pays européens sur la protection des eaux met la Suisse sur le podium, voire même à la première place s’agissant des zones humides. Mais gare aux illusions ! clame le WWF. Ce n’est pas parce qu’on dispose d’une législation progressiste que leur application suit automatiquement. Entre le dire et le faire… refrain connu.

Avec son indice des eaux douces et des zones humides, le WWF (Fonds mondial pour la nature) cherche à dresser un bilan de santé des écosystèmes aquatiques européens. A plus long terme, son objectif est de promouvoir une politique globale de gestion de l’eau qui permette de répondre aux besoins des populations et de la nature.

Commentant les données européennes, Walter Wagner, responsable du service Eau du WWF-Suisse, met le doigt sur "d’immenses lacunes dans la mise en œuvre". Il souligne le fait que les aspects de la protection des eaux ne sont que trop peu intégrés dans d’autres domaines d’importance comme l’aménagement du territoire ou l’agriculture.

"Il n’existe guère de règlements, dit-il encore, qui permettent de diminuer les effets néfastes des corrections et des endiguements des cours d’eau sur l’environnement. Là où ils existent, leur mise en oeuvre n’est pas suffisante. De plus, la participation du public à la prise de décision est largement insuffisante dans de nombreux pays".

La loi du "hâte-toi lentement"

S’agissant des résultats obtenus par la Suisse (3eme pour la gestion des eaux, première pour la protection des zones humides), Andreas Knutti, chef du projet "Eaux vivantes" auprès du WWF Suisse fait remarquer que ce pays dispose certes d’une législation permettant de valoriser et de revitaliser les eaux. "Par contre, dit-il aussitôt, la Suisse mérite des mauvaises notes pour la mise en oeuvre de ces prescriptions."

Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne fait rien. Au WWF, on cite volontiers en exemple la revitalisation tout à fait remarquable de la zone alluviale de Strada, en Engadine, où l’on a vu réapparaître le chevalier guignette, un oiseau pourtant devenu rare.

La Suisse a beau être le seul pays européen à s’être donné, il y a une décennie déjà, un inventaire des zones alluviales. Cela ne suffit pas à garantir leur protection effective. Pas plus que ne sont suivies les directives sur les débits minimaux lorsqu’un cours d’eau est exploité pour la production d’électricité.

"Dans tout le pays, écrit Andreas Knutti dans la dernière édition du WWF magazine, c’est l’adage ’hâte-toi lentement’ qui prévaut dans la mise en œuvre des prescriptions sur les débits résiduels. Six ans après l’échéance du délai légal, seuls quatre cantons (ndlr : sur 23) ont présenté leur rapport d’assainissement aux autorités fédérales."

Le WWF attend donc des autorités suisses que la protection des eaux trouve davantage de poids sur l’agenda politique. "L’exploitation des eaux, précise Andreas Knutti, doit s’effectuer au niveau de leurs bassins versants, ce qui implique qu’en Suisse, nous devons de plus en plus coopérer au-delà des limites communales et cantonales."


WWF Suisse : thème eau




Infos complémentaires

EAUX VIVANTES

L’indice des eaux et rivières européennes du WWF se présente comme une méthode d’évaluation et de comparaison entre pays.

En 2001, une première phase du projet décrivait l’état initial des cours d’eau et des zones humides.

La deuxième phase (2003) compare les bases légales en vigueur et évalue les mises en oeuvre.

L’indice prend notamment en compte les possibilités d’intervention du public, la gestion des eaux, la protection des zones humides, l’aménagement des cours d’eau et l’impact de l’agriculture.

PODIUMS 2003

Gestion des eaux

1.Finlande
2.Suède
3.Suisse

Protection des zones humides

1.Suisse
2.Belgique (Flandre)
3.Estonie

Ce que demande le WWF

  • la préservation des cours d’eau et des zones humides encore (ou presque) à l’état naturel
  • la revitalisation des cours d’eau dégradés
  • la préservation de la diversité des espèces végétales et animales indigènes
  • des débits résiduels suffisants et une dynamique des cours d’eau aussi naturelle que possible
  • l’amélioration de la qualité de l’eau par la diminution de l’apport de matières polluantes
  • de larges bandes riveraines vivantes le long des cours d’eau

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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