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2 mars 2012.

La Suisse définit sa stratégie d’adaptation aux changements climatiques

Le gouvernement suisse vient de faire connaître une partie de la (...)

Le gouvernement suisse vient de faire connaître une partie de la stratégie qu’il compte appliquer pour faire face aux effets des changements climatiques. Une chose est certaine : des mesures d’adaptation doivent d’ores et déjà être prises et leur importance ne cessera de croître. Dans un premier rapport (le second devrait paraître fin 2012), le Conseil fédéral définit les objectifs, les défis et les champs d’action prioritaires. Bref aperçu de quelques-unes des priorités et mesures envisagées dans la gestion des ressources en eau.

Tout d’abord, un constat de carence et un impératif : “Jusqu’à présent, on pouvait déplorer l’absence de coordination de la gestion des eaux à un échelon supérieur. L’adaptation aux changements climatiques est un défi qui nécessite de nouvelles logiques à caractère transversal.”

Cela implique notamment de :
- appréhender globalement la gestion des eaux, c’est-à-dire s’intéresser simultanément à tous les impacts des activités humaines sur les ressources hydriques et aux infrastructures qui leur sont liées, aux différents usages de l’eau et à tout ce qui est entrepris à la fois pour la protéger et pour s’en protéger.
- changer de paradigme, c’est-à-dire passer d’une gestion de l’eau principalement guidée par le besoin et la demande à une gestion des eaux axée sur l’offre et sur la ressource effectivement disponible : il ne suffit plus d’utiliser l’eau, il faut aussi désormais la gérer de façon durable.
- créer les conditions institutionnelles qui permettent et favorisent une gestion intégrée des eaux (des idées directrices pour la gestion par bassin versant ont déjà été formulées en 2011).
- mieux chiffrer les impacts des changements climatiques sur le régime des eaux et l’évolution des débits : il est indispensable pour cela de pérenniser et de consolider les réseaux de mesure et la modélisation du climat dans le domaine de l’eau.

Dans le domaine de la gestion des ressources hydriques, la stratégie gouvernementale vise huit objectifs prioritaires :

  1. Assurer la sécurité des grands ouvrages d’accumulation
  2. Concevoir le stockage et la distribution de l’eau pour compenser les modifications des régimes hydrologiques et répondre aux différents besoins de l’économie, de la société et de l’environnement
  3. Assurer un espace suffisant aux cours d’eau pour leur revitalisation, la protection contre les crues et l’amélioration de leur état écologique
  4. Régionaliser et mettre en réseau l’approvisionnement en eau potable et l’épuration des eaux
  5. Trouver de nouvelles techniques de refroidissement pour compenser la baisse de la capacité de refroidissement des cours d’eau
  6. Vérifier et adapter au besoin les bases légales concernant l’évolution des conditions hydrologiques naturelles
  7. Optimiser la capacité de transport en période de basses eaux grâce à des mesures sur les voies navigables, à des innovations techniques dans la construction navale et à l’amélioration des prévisions des niveaux d’eau
  8. Identifier et désamorcer les conflits d’intérêts dans la gestion transfrontalière des eaux grâce à une meilleure collaboration.

- Le rapport “Adaptation aux changements climatiques en Suisse - objectifs, défis et champs d’action” est disponible sur le site de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV)




Infos complémentaires

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Le lit de l’Aire (Genève)
à sec durant l’été 2003
(aqueduc.info)

:: De quelques scénarios probables

Sécheresses estivales
La Suisse dispose de très grandes réserves d’eau, mais on observe d’ores et déjà des insuffisances régionales, saisonnières et sectorielles. Les modèles climatiques prévoient une diminution marquée des précipitations estivales et des périodes de sécheresse persistantes de plus en plus fréquentes. S’adapter signifie qu’il faudra réduire les besoins en eau des secteurs vulnérables et utiliser au mieux les réserves disponibles. Autrement dit : passer clairement d’une gestion de l’eau axée sur la consommation à une gestion orientée vers l’offre. Ce qui pourrait entraîner une concurrence croissante entre les différents utilisateurs de l’eau.

Crues hivernales
En hiver, les modèles climatiques mettent en évidence la probabilité de crues de plus en plus fréquentes. Même si l’incertitude entourant ces projections reste relativement grande, les menaces doivent être prises au sérieux car elles visent des zones urbanisées, des infrastructures essentielles et des terres agricoles utiles. S’adapter à ce risque accru oblige à remettre à jour constamment les cartes de dangers naturels, à élaborer des schémas adéquats de protection des populations et des biens et à réserver aux cours d’eau des espaces qui tiennent compte des cas de surcharge.

Chutes de neige
Il faut s’attendre à une élévation de la limite moyenne des chutes de neige. À basse et moyenne altitudes, la neige cèdera de plus en plus souvent la place à la pluie. Ce ne sera pas sans conséquences pour les cours d’eau qui connaîtront des débits plus grands en hiver et plus faibles en été, pour les producteurs d’électricité qui devront trouver des parades à ces variations saisonnières et adapter leur gestion des lacs de barrage, et pour les stations de tourisme de basse altitude qui se verront confrontées à d’incertaines conditions d’enneigement et qui devront sans doute diversifier leur offre.

Température de l’eau
Avec le réchauffement climatique, il est à prévoir une dégradation de la qualité de l’eau (de l’air et des sols). La hausse de température des eaux de surface entraînera non seulement des conséquences néfastes pour les populations piscicoles, mais aussi une diminution pour la ressource de sa teneur en oxygène et, en période d’étiage, une probable augmentation de la concentration des substances polluantes, avec un risque accru de contamination des eaux souterraines, ce qui obligera peut-être, par sécurité, à diversifier les sources d’approvisionnement en eau potable.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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