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1er décembre 2020.

« La Suisse bientôt à court d’eau ? »

Un dossier du magazine "l’environnement"

Le magazine trimestriel “l’environnement” publié par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) consacre le dossier de son quatrième numéro de l’année 2020 à la thématique très actuelle de l’eau et des changements climatiques.

"Les conséquences de l’évolution du climat sur les ressources en eau de la Suisse de demain doivent être appréhendées de façon très nuancée, écrit dans son éditorial la sous-directrice de l’OFEV, Karin Siegwart. Certes, les pénuries d’eau seront de plus en plus fréquentes à certaines périodes et dans certaines zones. Mais la Suisse – contrairement aux pays du sud de l’Europe par exemple – ne connaîtra pas de pénurie généralisée." Il importe néanmoins de réfléchir sans tarder à la manière de gérer les pénuries et les conflits à venir, "car ces scénarios deviennent de plus en plus plausibles".

De ce dossier d’une trentaine de pages, on retiendra donc principalement qu’en Suisse les ressources hydriques devraient à l’avenir connaître une diminution, mais dans des limites temporaires et locales. Comment alors éviter les pénuries ponctuelles qui pourraient surgir dans les domaines de l’approvisionnement en eau potable et de l’irrigation ? Et comment résoudre les conflits entre usagers que de telles situations ne manqueront pas de générer ? Se pose aussi la question de “l’utilisation réfléchie” et de “la gestion économe” des ressources en eau. Celle aussi de la nécessité non seulement de faire appel à de nouvelles technologies (par exemple des systèmes d’irrigation performants ou des cultures mieux adaptées au climat) mais aussi d’innover en matière d’organisation des usages de l’eau. L’évolution du climat va également être source de dilemmes sans précédent du genre : qui à l’avenir aura droit à quelle quantité d’eau, quelles espèces aquatiques faut-il sauver et au détriment de quelles autres ?

Le dossier de l’OFEV met aussi en évidence une série de cinq questions concernant “notre futur quotidien” reprises intégralement ci-dessous avec les réponses succinctes apportées par le magazine “l’environnement”. [1]

Faut-il interdire les piscines privées ?

Non.
Des restrictions s’imposent toutefois quand les services des eaux l’exigent. Si tout le monde remplit sa piscine le même jour de printemps, certains services d’approvisionnement pourront en effet manquer d’eau. Mais une information ciblée permet d’éviter ces situations.
Par ailleurs :
1. Réduire sa consommation d’eau chaude car chauffer l’eau consomme beaucoup d’énergie.
2. Consommer moins, notamment des marchandises provenant de l’étranger. Par exemple, 1 kg de riz représente 2500 litres d’eau et 1 kg de coton 10 000 litres. La culture des fraises en Andalousie, par exemple, exige beaucoup d’eau et conduit de plus en plus souvent à des situations d’urgence hydrique.

Quel est l’usage de l’eau consommée par Monsieur et Madame Tout le monde ?

Dans les ménages, la chasse d’eau consomme 40 litres d’eau par personne et par jour. Suivent le bain et la douche (35 l), puis le robinet de la cuisine (22 l). Nous utilisons 300 litres d’eau par personne chaque jour, industrie et agriculture comprises. La Suisse consomme presque l’équivalent d’un lac de Bienne par an. Depuis les années 1980, la consommation d’eau par personne et par jour a diminué de près de 200 litres grâce à des techniques de rationalisation. Mais cela s’est fait en partie au détriment de l’étranger : si l’on tient compte des biens importés, la Suisse affiche aujourd’hui une consommation « virtuelle » de plus de 4000 litres par personne et par jour, ce qui représente le volume d’un petit étang.

Pourrons-nous encore boire de l’eau du robinet dans 50 ans ?

Oui.
La Suisse dispose de suffisamment de réserves souterraines et lacustres à long terme. Il convient toutefois de prendre les mesures de précaution nécessaires :
1. Les services des eaux doivent se préparer à des étés extrêmement secs : ils doivent donc pouvoir par exemple s’approvisionner à différentes sources et se mettre en réseau afin d’éviter les situations d’urgence.
2. La bonne qualité de l’eau doit être assurée. Il s’agit par conséquent de veiller à ce qu’aucun polluant (nitrates et produits phytosanitaires, notamment) ne parvienne dans les sols situés dans l’aire d’alimentation des captages (d’où provient la majeure partie de l’eau souterraine prélevée).

Comment protéger nos caves des dégâts d’eau ?

Les fortes précipitations se multiplient en raison du changement climatique et les bâtiments sont de plus en plus menacés par les inondations et le ruissellement de surface. Il est important de se renseigner sur les risques encourus, par exemple par le biais de la carte en ligne de l’aléa ruissellement. Les communes et les établissements cantonaux d’assurances proposent des conseils et parfois des aides financières pour mieux se protéger. Il est aussi possible de prévenir les risques en tenant compte des dangers dès la conception du bâtiment et en évitant par exemple que les fenêtres des caves ne se trouvent au ras du sol. S’équiper de matériel de protection tel que des sacs de sable ou une pompe permet également d’éviter des dégâts.

À qui appartient l’eau en Suisse ?

À nous tous.
L’approvisionnement en eau relève des pouvoirs publics : 98 % des 2500 services des eaux appartiennent aux communes. La souveraineté en matière d’utilisation de l’eau revient, quant à elle, aux cantons : en cas de nécessité, ils peuvent déclarer publique la source d’un propriétaire privé.

- Voir ce dossier sur le site de l’OFEV | ou le télécharger




Notes

[1N.B. Merci à la rédaction du magazine “l’environnement” de nous avoir donné l’autorisation de reproduire ces extraits de sa publication.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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