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14 mai 2007.

L’obsession du flacon et son impact écologique

« La boisson qui connaît la plus forte croissance de consommation (...)

« La boisson qui connaît la plus forte croissance de consommation au monde est une aubaine pour l’industrie, mais une désolation pour l’environnement ». Ce constat, qui a des allures d’avertissement alors que plus d’un milliard de gens de par le monde n’ont pas accès à une eau sûre et potable, porte la signature de l’organisation américaine Worldwatch Institute.

Un gain pour l’industrie, une perte pour l’environnement, commente Sing Li, chercheur chinois auteur du nouveau rapport de cet institut américain spécialisé dans les questions de développement durable : « L’industrie de la boisson est la première bénéficiaire de notre obsession de l’eau en bouteille. Mais cela n’est d’aucun secours pour le nombre incroyable de laissés-pour-compte qui, de par le monde, considèrent l’eau potable au mieux comme un luxe, au pire comme un but inaccessible. »

Si les consommateurs des pays industrialisés préfèrent l’eau en bouteilles, c’est par goût et par convenance. Mais dans les pays en développement, cette préférence s’explique d’abord par le fait que l’eau distribuée par les services publics n’est pas jugée de qualité suffisante et que la boire représenterait un risque pour la santé. On sait aussi que la toute grande majorité des populations pauvres ne peut se permettre d’acheter de l’eau en bouteilles qui peut coûter entre 240 et 10’000 fois plus cher que l’eau du réseau.

Pourtant, dans les pays industrialisés où la distribution de l’eau est fortement régulée, il a été prouvé que l’eau du robinet est autant, voire plus sûre que son équivalent commercial. Ainsi, il est noté qu’aux Etats-Unis les règlements concernant l’eau embouteillée, s’ils sont généralement les mêmes que pour l’eau du robinet, sont moins exigeants concernant quelques polluants microbiens. L’organisme américain de certification des aliments et des médicaments qui règlemente l’eau embouteillée au niveau fédéral autorise en effet un certain niveau de pollution fécale, tandis que le Ministère de l’environnement n’autorise aucun déchet humain dans l’eau du réseau urbain.

Déficit pour l’environnement

D’un point de vue environnemental, constate le rapport du Worldwatch Institute, l’exploitation excessive des eaux minérales naturelles et des sources pour la production d’eau en bouteilles constitue une menace pour les cours d’eau et les eaux souterraines. De plus, cette production consomme d’importantes quantités d’énergie pour des opérations telles que le pompage, le conditionnement, le transport et le stockage.

À quoi s’ajoute le non recyclage de millions de tonnes de plastiques dérivés du pétrole. Chaque année aux Etats-Unis, quelque 2 millions de tonnes de bouteilles PET finissent leur parcours dans les poubelles. Le taux de recyclage national de ces bouteilles est même à la baisse : en une décennie, il est passé de 39 à 23 %.

Un mot encore sur la consommation globale d’eau en bouteilles : d’après les chiffres fourni par le Worldwatch Institute, elle a plus que doublé entre 1997 et 2005, ce qui en fait la boisson commerciale enregistrant la croissance la plus rapide au monde. Les Etats-Unis – où les ventes ont généré plus de 10 milliards de dollars de revenus en 2005 - restent globalement le plus grand consommateur d’eau embouteillée. Mais parmi les dix premiers pays, la consommation entre 2000 et 2005 a presque triplé en Inde et plus que doublé en Chine. Au compteur de la consommation par habitant, les Italiens font toujours figure de leaders incontestés avec plus de 190 litres par personne et par année. (bw)


Site du Worldwatch Institute




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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