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L’eau du robinet a la cote auprès des riverains du Léman

En novembre 2009, la CIPEL – Commission internationale pour la protection des eaux du Léman – avait lancé une consultation publique auprès des riverains suisses et français du Lac Léman pour savoir, entre autres, s’ils buvaient de l’eau du robinet, s’ils étaient préoccupés par l’avenir du lac et s’ils en mangeaient des poissons. Plus de 2’600 personnes ont répondu au questionnaire avec, pour une très grande majorité d’entre elles, un large oui à ces trois questions. Des avis dont la CIPEL devrait tenir compte pour finaliser sa stratégie de la prochaine décennie.
19 mars 2010

En plus des 2’300 personnes qui ont répondu à ce sondage sur le site internet de la CIPEL, 300 autres ont été interrogées dans la région lémanique, en Suisse comme en France, à bord des bateaux de la Compagnie générale de navigation sur le Léman (CGN) ou dans des marchés et des gares. De leurs réponses, on peut, en résumé, tirer quelques enseignements relativement clairs et plutôt encourageants :

- Une très grande majorité des personnes qui se sont exprimées (3 sur 4) se disent plutôt préoccupées par l’avenir de l’eau et en particulier par la qualité de l’eau de boisson (4 sur 5).

- Près de 9 personnes sur 10 boivent de l’eau du robinet. Elles le font d’abord parce qu’elles la trouvent généralement bonne, parce qu’elle est moins chère que l’eau en bouteilles et parce que cela correspond à leur souci écologique. Mais, nuance, pas forcément parce qu’elles lui feraient davantage confiance.

- À la question de savoir si elles consomment des poissons du lac ou des rivières, 8 personnes sur 10 répondent par l’affirmative, mais près de la moitié d’entre elles reconnaissent ne pas savoir si ces poissons-là sont moins contaminés que ceux qui viennent d’ailleurs. Ce qui semble indiquer un manque de connaissances et d’informations disponibles sur ce sujet.

- Le problème des pollutions chimiques, des micropolluants et de leurs risques pour la santé et l’environnement arrive au premier rang des priorités de l’échantillon (68% des sondés internet). Avec une approche assez différente selon que l’on vit sur une rive ou l’autre du Léman : côté français, ce sujet est considéré comme prioritaire par plus de la moitié des réponses, alors que du côté suisse, l’accent est davantage mis sur les risques liés au réchauffement climatique.

- Les personnes interrogées disent participer activement à la préservation de la qualité de l’eau par des gestes écologiques. Quant à savoir comment elle le font, 90% répondent qu’elles évitent de jeter des produits dangereux dans les lavabos et les toilettes et qu’il convient (sans toutefois s’y résoudre forcément) de choisir un détergent sans phosphate pour le lave-vaisselle ; près de la moitié dit également acheter des produits issus de l’agriculture biologique et choisir des produits cosmétiques et ménagers aussi naturels possible.

- Quant au test de connaissances sur l’eau qui accompagnait le sondage, il révèle que les personnes qui s’y sont soumises ont en général fourni des réponses exactes. Sauf à la question de savoir si l’eau est potable à la sortie des stations d’épuration. Un tiers des réponses affichaient un ‘oui’, ce qui n’est évidemment pas le cas. Et ce qui trahit une probable confusion entre les stations de traitement de l’eau potable et les stations d’épuration des eaux usées, et donc un déficit d’information en la matière. (bw)

- Les résultats de ce sondage sont disponibles sur le site de la CIPEL

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