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2005.

L’eau de coco, boisson vitale

Le cocotier Cocos nucifera Linné, répandu dans toute la ceinture (...)

Le cocotier Cocos nucifera Linné, répandu dans toute la ceinture tropicale du globe, est probablement le végétal le plus utile des îles d’Océanie. Une jeune noix verte peut selon l’espèce contenir jusqu’à plus de 800 ml d’une eau dotée de multiples qualités : rafraîchissante, douce, biologiquement pure et isotonique. Bref, comme l’écrit l’ethnologue Marie-Claire Bataille-Benguigui, « une eau bienfaisante aux multiples effets, véritable cadeau de la nature à l’homme ».

« En Océanie, l’eau de coco est la boisson quotidienne et de survie des hommes. Sur un atoll polynésien, fragile anneau de terre au milieu de l’océan, doté d’une maigre végétation et fréquemment exposé à la sécheresse, dépourvu de nappe phréatique, le manque d’eau douce peut conduire à la mort sans la présence des cocotiers et de cette eau de nature. Dans le passé,on allait jusqu’à ramasser la rosée du petit matin sur les plantes pour étancher la soif. Dans ces contextes extrêmes, l’eau de coco est symbole de vie. Sur les îles surélevées, aujourd’hui, quand s’installe une période de sécheresse et que le niveau des citernes qui récupèrent l’eau des toitures baisse, les visages ne traduisent pas d’inquiétude (…) »

Boisson des dieux…

(…) En Inde, la noix de coco, narikela, a surtout une forte valeur symbolique. Elle fait partie des fruits et légumes que le dieu Ganesa à tête d’éléphant (également appelé Ganapati ou Vinayaka, « celui qui enlève les obstacles » ou bien encore Vighnesvara, « le maître des obstacles »), fils de Shiva et Parvati, tient dans la main pour signifier qu’il est le maître de toutes les plantes et le créateur des plantes médicinales. Elle fait partie des emblèmes du dieu et représente le fruit par excellence, le karmaphala.

Chaque élément constitutif de la noix correspond à une image : la coque représente l’illusion du monde, sa chair blanche toutes nos actions accumulées et son eau à l’intérieur, notre égoïsme. En la brisant, on offre son cœur à Ganesa. Chaque année au mois de septembre à Paris, la communauté indienne rend hommage à son dieu Ganesa, l’un des plus populaires, au cours d’une gigantesque procession. Musiciens, danseuses et danseurs torses nus célèbrent Ganesa et brisent à grand bruit des centaines de noix de coco sur le sol. L’eau éclabousse et inonde la chaussée, tel un bain sacré offert à la divinité, un rite de purification ou une manière de faire revenir la pureté dans l’ordre du cosmos et chez les hommes. Sacrifice ou offrande, les hommes avec l’eau de ces noix éclatées lui offrent leur ego et Ganesa leur garantit en échange un avenir sans nuage. »

… et des sportifs

« On sait depuis longtemps qu’un homme soumis à un effort physique important et continu dans une épreuve sportive ou dans certaines circonstances de la vie quotidienne perd en une heure une grande partie de l’eau contenue dans son corps avec la transpiration ; cette eau draine également des sucres et des minéraux et peut le conduire à un état de fatigue irréversible si ces éléments ne sont pas renouvelés d’une manière ou d’une autre.

Jusqu’à une époque récente, ces manques étaient compensés par des boissons énergétiques de synthèse dites « boissons de l’effort » qui constituent un secteur important des boissons non alcoolisées ou tout simplement par l’absorption d’eau. La FAO ayant constaté les effets de la consommation d’eau de coco dans les pays qui cultivent les cocotiers et les qualités intrinsèques de cette boisson naturelle, l’eau de coco est devenue récemment un sérieux concurrent sur le marché de ce type de boissons, à condition de trouver un moyen de ne pas détruire sa saveur et ses nutriments par des procédés thermiques (…) »

Marie-Claire Bataille-Benguigui,
ethnologue, chargée pendant de nombreuses années des collections d’Océanie du Musée de l’Homme à Paris.

Extraits de « l’eau de coco, boisson des hommes, des dieux et des sportifs », dans « l’eau à la bouche »,
Fondation Alimentarium, Vevey, 2005, pp.89-94.




Infos complémentaires

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Photo FAO

A-t-on soif dans l’eau ?

À cette question, on aurait - comme le nutritionniste Jacques Décombaz - envie de répondre non. Mais, dit-il aussitôt, ce serait oublier que "l’immersion n’empêche pas la sudation, qui est induite par l’élévation de la température corporelle mais est insensible au milieu extérieur. Seulement, l’évaporation est empêchée. Si l’eau du bain est fraîche, la chaleur est efficacement dissipée par conduction et la sudation est nulle, mais il y a stimulation de la production d’urine. Si l’eau du bain est chaude et l’exercice vif, on observe une perte significative d’eau par transpiration qui doit être prise en compte dans la gestion stratégique de la prise d’eau pour la compétition."

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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