Important rapport français sur la géopolitique de l’eau
Cette initiative a été prise en automne 2010 suite au constat qu’il était conclu de par le monde un nombre toujours plus grand d’accords portant sur le partage des eaux, alors que, parallèlement, on assiste à une multiplication des discours sur d’éventuelles guerres de l’eau. Cette mission parlementaire s’est principalement penchée sur les tensions qui pèsent sur l’avenir de l’eau, de l’homme et des écosystèmes. Elle a pour cela auditionné des experts de tous horizons, diplomates, analystes, géographes, ONG, représentants institutionnels, juristes, chefs d’entreprise, etc. Des délégations de députés se sont également rendues dans plusieurs régions du monde directement concernées par ces problématiques de partage des eaux.
La géopolitique de l’eau, telle que l’entendait cette mission, est définie comme "l’étude des rivalités de pouvoirs s’exerçant sur des eaux ou sur un ou des territoires disposant de ressources en eau, qu’il s’agisse de conflits ou de coopérations entre États, entre pouvoirs locaux, entre forces économiques et sociales, entre usages, entre fonctions de la ressource, l’ensemble de ces éléments entrant en interaction simultanément, selon des modalités singulières et dans une géographie donnée".
Le rapport s’ouvre sur un état des lieux de l’eau dans le monde pour mieux en comprendre les enjeux et les risques. Il analyse ensuite dans quelle mesure l’eau peut devenir un motif de conflit mais aussi en quoi une "hydrodiplomatie" pourrait servir de base à l’établissement de relations constructives par le biais des coopérations sur l’eau.
La clef d’une bonne gestion des ressources en eau se trouve en priorité au niveau local ou régional, et à l’échelle pertinente des bassins hydrographiques, mais cela réclame une gouvernance mondiale de l’eau efficiente et capable d’apporter des solutions - politiques, institutionnelles, techniques et financières - et de limiter les tensions.
Dans leurs conclusions, les parlementaires de cette mission d’information se disent persuadés que l’on mesure insuffisamment "les risques d’une aggravation de la situation, d’un point de vue humanitaire, environnemental, ainsi que pour la paix et la stabilité du monde" et que "les solutions à la crise de l’eau sont nécessairement plurielles et reposent sur trois piliers : diversité, progressivité et solidarité (…) Aux risques des guerres de l’eau, doivent se substituer des guerres contre la misère, l’insalubrité et l’absurdité." (Source : Assemblée nationale française - Rapport d’information sur "La géopolitique de l’eau")
Ce rapport est disponible dans son intégralité
et en document pdf sur
le site de l’Assemblée nationale française
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:: 20 orientations
et propositions
Ce rapport d’information sur "La géopolitique de l’eau" avance 20 orientations et propositions que l’on peut résumer brièvement comme suit :1. Promouvoir une bonne gestion locale et transnationale de l’eau
2. Conforter l’intervention des acteurs (français) dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Cela suppose de rééquilibrer l’aide publique au développement, de veiller à la prise en compte de l’entretien des ouvrages financés, d’intégrer l’assainissement dans les projets de développement, de développer le transfert de compétences et la formation des populations locales, de soutenir des solutions innovantes de paiement du service de l’eau pour garantir l’accès de tous et de renforcer la part des actions consacrées à l’eau dans les différents secteurs de la coopération internationale.
3. Renforcer la gouvernance internationale de l’eau, ce qui implique de reformuler l’objectif mondial relatif à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, d’inciter les États à ratifier divers instruments internationaux parmi lesquels la convention de New York de 1997 sur l’utilisation des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation, de créer une agence mondiale de l’eau regroupant l’ensemble des programmes et acteurs concernés des différentes organisations internationales et de doter cette nouvelle institution d’un organe de conciliation et de règlement des différends.