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26 septembre 2011.

“Il y a assez d’eau dans le monde pour doubler la production alimentaire”

Une étude menée durant cinq ans dans 30 pays d’Asie, d’Afrique et (...)

Une étude menée durant cinq ans dans 30 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine est arrivée à la conclusion qu’il y a de toute évidence suffisamment d’eau sur la planète pour satisfaire tout au long du 21e siècle les besoins alimentaires, énergétiques, industriels et environnementaux. Le principal problème auquel il faut faire face aujourd’hui n’est pas celui de la rareté de l’eau, mais de l’utilisation inefficiente et de la distribution inéquitable des énormes volumes d’eau qui coulent dans les grands bassins fluviaux. Il faut savoir, par exemple, que les agriculteurs africains n’utilisent qu’à peine 4 % de l’eau disponible sur le continent.

C’est à Porto Galinhas, dans le nord-est du Brésil, où s’est ouvert le 14e Congrès mondial de l’eau, qu’a été rendu public un nouveau rapport du ‘Challenge Program on Water & Food’ (CPWF), une unité de recherche patronnée par le Groupe consultatif pour la Recherche agricole internationale (CGIAR). L’objectif de cette étude était d’évaluer le plus complètement possible la manière dont les sociétés humaines dans de vastes régions du monde répondent aujourd’hui au besoin croissant d’eau pour les cultures et les pâturages, la production d’électricité, l’alimentation en eau potable des centres urbains en pleine croissance, et l’environnement.

Les résultats de cette recherche donnent une idée du rôle de plus en plus politique joué par la gestion de l’eau dans la réponse à ces besoins concurrents, en particulier en ce qui concerne le problème le plus pressant auquel l’humanité est confrontée, à savoir le doublement de la production alimentaire dans les pays en développement pour nourrir une population croissante.

Un défi politique davantage qu’un problème de ressources

Selon Alain Vidal, directeur du CPWF, “le manque d’eau n’affecte pas notre capacité à produire suffisamment de nourriture. Il est vrai qu’il existe dans certaines régions, mais nos recherches montrent que dans l’ensemble, le problème réside surtout dans une incapacité à utiliser de manière efficiente et équitable les ressources en eau disponibles dans ces bassins. Il s’agit donc, en fin de compte, d’un défi politique plutôt que d’un problème de ressources (…) D’énormes volumes d’eau de pluie sont perdus ou jamais exploités, en particulier dans les régions non irriguées de l’Afrique subsaharienne. Avec de modestes améliorations, nous pourrions doubler, voire tripler notre production alimentaire actuelle.”

L’étude met ainsi le doigt sur le rôle de la politique et de la gouvernance dans la gestion des ressources en eau : si les bailleurs de fonds et les pouvoirs publics mettaient davantage l’accent sur le soutien à l’agriculture pluviale, la production alimentaire pourrait augmenter de manière substantielle et rapide. De plus, et au-delà des seules pratiques culturales, ses auteurs notent qu’il faudrait également envisager des usages plus efficients de l’eau dans les secteurs de l’élevage et de la pêche trop souvent ignorés des politiques de l’eau. (Source : CPW/CGIAR)




Infos complémentaires

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Approvisionnement en eau du fleuve au Burkina Faso
(© JC Braun - Fotolia.com)

:: En bref

- Le Challenge Program Water & Food (CPWF), lancé en 2002, vise à accroître la capacité d’adaptation des systèmes écologiques et sociaux grâce à une meilleure gestion de l’eau en faveur de la production alimentaire (agriculture, pêche et élevage).

- Les chercheurs ont pris en compte dix bassins fluviaux particulièrement représentatifs selon eux des défis liés à l’eau dans le monde en développement, à savoir : ceux des Andes et du São Francisco en Amérique du Sud, du Limpopo, du Niger, du Nil et de la Volta en Afrique, et du Gange/Indus, du Karkheh, du Mékong et du Fleuve Jaune en Asie. Soit, au total, une superficie de 13,5 millions de kilomètres carrés sur lesquels vit environ un milliard et demi de personnes.

- C’est en Afrique - où environ 4 % seulement de l’eau disponible serait utilisée pour les cultures et l’élevage - que le potentiel d’accroissement de la production alimentaire est le plus élevé. Mais il existe aussi en Asie et en Amérique latine de vastes zones agricoles où la production est d’au moins 10 % inférieure à son potentiel. Dans les bassins de l’Indus et du Gange par exemple, 23 % des systèmes rizicoles ne produisent qu’environ la moitié de ce qu’ils pourraient récolter de manière durable.

:: Liens utiles

- Site du CPWF
- Site du CGIAR

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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