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31 janvier 2013.

"Forel et le Léman"

« Mes chers petits enfants, Si vous me demandez à quoi j’ai occupé (...)

« Mes chers petits enfants,
Si vous me demandez à quoi j’ai occupé ma vie, j’essaierai de me justifier devant vous … »

Ainsi commence un étonnant manuscrit rédigé en automne 1909 par François Alphonse Forel, père de la limnologie, cette discipline principalement dédiée à l’étude des lacs et des eaux superficielles. Comme expliqué en avant-propos de sa présentation, ces 216 feuillets, « serrés entre deux cartons grisâtres reliés par une chevillière » sont pendant plus d’un siècle restés en sommeil dans le grenier de la maison familiale et n’ont été finalement découverts que tout récemment par l’un de ses arrière-petits-fils qui les a déchiffrés et retranscrits.

C’est donc à la fois une autobiographie (et un précieux document historique) que nous livrent les Presses polytechniques et universitaires romandes, dans laquelle F.A.Forel – dont on a célébré en 2012 le centenaire de la disparition – nous fait partager ses théories prospectives et dresse de son point de vue l’état des connaissances de l’époque.

« Au lieu de devenir médecin, confesse-t-il, je me suis voué à l’histoire naturelle. Cela étant, j’aurais dû entrer dans l’une des catégories dans lesquelles se partagent les naturalistes (…) Hélas : emporté par une curiosité mal réglée, je n’ai jamais pu résister à l’appel d’une étude, même en dehors de mes moyens ; chaque fois que j’ai rencontré à côté de mon chemin un fait intéressant, je n’ai pas hésité à le poursuivre et à chercher à le comprendre. »

C’est ainsi que dans son ‘testament’, F.A.Forel consacre de nombreux feuillets à des questions de limnologie – « la branche des sciences qui m’a le plus occupé » - mais aussi à d’autres disciplines telles que la géologie, la glaciologie, la sismologie, sans oublier les barques du Léman, sa collecte de sables ou encore le phylloxéra.

L’éditeur a eu la très bonne idée de compléter ce document par une dizaine de commentaires et de contributions de spécialistes actuels sur des thèmes chers à F.A.Forel, comme autant de clés pour la compréhension de l’héritage du savant vaudois et de l’évolution des disciplines qui lui tenaient à cœur. Warwick F.Vincent et Carinne Bertola notent, par exemple, qu’il serait temps « de se rappeler ce que Forel nous a légué : la mise en œuvre d’une approche globale où chaque discipline informe les autres dans un but de synthèse générale où l’homme est toujours présent, synthèse nécessaire aux décisions politiques et environnementales ». (bw)




Infos complémentaires

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François Alphonse Forel
« Forel et le Léman »

Presses polytechniques et universitaires romandes,
Collection Focus Science
Lausanne 2012, 320 pages

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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